Fonds de Bruxelles pour la relance du développement économique durable du Mali : CAD-Mali déplore les conditionnalités imposées par le FMI et la Banque Mondiale

1

CAD-maliLe directeur exécutif de la Coalition des alternatives africaines dettes et développement -Mali (CAD-Mali), Souleymane Dembélé a animé le jeudi 26 juin une conférence de presse, au musée national, sur l’analyse des fonds de Bruxelles et les agissements du Fonds Monétaire International (FMI). Au cours de ladite rencontre les responsables de CAD-Mali ont exigé aux partenaires techniques et financiers (PTF) d’annuler les conditions liées des promesses de Bruxelles.

 

La conférence internationale des donateurs “ Ensemble pour le renouveau du Mali ” qui s’est tenue à Bruxelles le 15 mai 2013 a abouti à une promesse de 3,25 milliards d’euros par 80 pays et 28 organisations internationales pour la relance du développement économique durable (PRED) du Mali.

 

Pour le conférencier, à ce jour, sur les 2 155 milliards de Fcfa promis en mai 2013, 1 474 milliards Fcfa ont fait l’objet d’engagement à travers des accords et conventions de financement. Les fonds décaissés s’élèvent à 965 milliards Fcfa.

 

Selon le directeur exécutif, le FMI est l’un des principaux donateurs dont l’engagement est constitué à 100% de prêts. A l’en croire, il ressort des analyses que cette aide est composée de nombreux prêts qui vont alourdir la dette malienne. En effet, sur les 3,36 milliards d’euros d’aide promise, presque les 70% ont déjà été engagés sur lesquels 43% ont été décaissés. Il ressort également que les 2/3 du financement mobilisé sont exécutés hors budget de l’Etat. Aussi les conditions attachées à ces prêts violent la souveraineté et le droits au développement du peuple malien. Souleymane Dembélé a souligné que les prêts camouflés sous le manteau de dons ne sont pas de nature à contribuer au développement réel de notre pays mais plutôt à l’enfoncer dans l’extrême pauvreté et le maintenir dans la dépendance aux pays donateurs. C’est pourquoi, CAD-Mali exige des PTF l’annulation des conditionnalités liées aux promesses de Bruxelles, la transformation des prêts accordés au Mali dans le cadre du PRED, en dons pour permettre au pays de relancer efficacement son économie conformément au Plan Marshall.

 

Il a aussi demandé l’annulation de toutes les dettes illégitimes du Mali notamment, celles contractées pendant la période de transition.

 

CAD-Mali invite le gouvernement du Mali à suspendre le paiement de la dette extérieure, de se retirer du programme de Facilité élargie de crédits (FEC) conclu avec le FMI. Enfin, il a sollicité l’implication réelle des acteurs de la société civile malienne dans la planification et le suivi des Fonds de Bruxelles.

 

Falé Coulibaly

PARTAGER

1 commentaire

  1. Il était une fois l’idiot IBK qui ne comprenait pas ce que veut dire Institutions de Bretton Woods!

    Il faut que les maliens sachent qu’il y a les ACCORDS DE FINANCEMENTS et il y’a les DÉCAISSEMENTS (versements effectifs des fonds dont le financement est accordé).

    Il y a bien SUSPENSION des DÉCAISSEMENTS au profit du MALI jusqu’en septembre 2014 dans l’attente des résultats de l’audit promis par les autorités maliennes au FMI et dans l’attente d’une visite des experts du FMI en septembre 2014 au Mali pour évaluer l’audit promis par le Mali.

    Il est clair que le FMI est la tête de fil de la majorité des bailleurs de fonds, parce qu’il est beaucoup plus réactif que la banque mondiale dans la SURVEILLANCE régulière des finances PUBLIQUES des états membres.

    Le Mali est un état membre du FMI.

    Celui-ci a été créé en même temps que la banque mondiale en juillet 1944 à Bretton Woods une ville américaine de l’état de New Hampshire pour réguler le système monétaire international en mettant le dollar au centre du système qui était la seule monnaie internationale convertible en or (au cours de 33 dollars l’once).

    Toutes les autres monnaies (livre sterling, franc français, Deustch Mark, etc..,) était d’abord convertibles au dollar c’était la période du “Gold exchange standard”: étalon de change or en remplacement de l’étalon or “Gold standard” qui mettant le dollar et la livre sterling au centre du système monétaire international dans la période d’entre deux guerres.

    C’était l’architecture mise en place pour éviter des dévaluations compétitives entre les différentes monnaies et stabiliser du coup les paiements internationaux après la deuxième guerre mondiale, afin d’éviter une inflation trop grande comme l’économie mondiale a du connaître pendant la période d’entre deux guerres dans les années 20.

    Le négociateur américain de Bretton Woods était Harry White et John Maynard Keynes était le négociateur anglais de cette conférence qui a consacré le dollar “as good as Gold” (c’est à dire aussi bon que l’or) puisqu’il était devenu la seule monnaie convertible directement à l’or.

    Mais très vite avec la reconstruction rapide de l’Europe et du Japon dans les années 50, la balance des paiements des l’Etats-Unis (l’état émetteur du dollar) va devenir déficitaire et beaucoup de dollars en circulation (appelés des euros dollars) se trouvent un peu partout dans le monde dès les années 60 jusqu’au début des années 70.

    Face à des demandes incessantes des banques centrales des pays développés de convertir leurs “euros dollars” en en or (au cours fixé par Roossevelt en 1934 à 33 dollars l’once), le Fort KNox, l’institution qui gère les stocks d’or aux États-Unis a tiré la sonnette d’alarme depuis 1968 pour signaler qu’elle ne pourrait pas échanger tous les dollars en circulation dans le monde, en or.

    Le président Nixon en 1971 suspendit la convertible or du dollars et mît fin au système de change fixe mis en place à Bretton Woods en juillet 1944.

    Le monde rentra donc dans un système monétaire de flottement généralisé entre les monnaies et le FMI redéfinit complètement son rôle et s’intéresse à l’aide aux économies qui connaissent des problèmes graves de balance de paiements.

    Autrement dit elle devient le conseil et le soutien financier et technique des pays membres qui ont des déficits chroniques de leur balance de paiements et de leurs comptes publics.

    Tous les pays en développement ou presque et la quasi totalité des pays africains sont dans cette situation de problèmes structurels de balance de paiements (c’est à dire qu’il y a plus d’argent qui sort du pays par rapport à l’argent qui rentre dans le pays).

    Donc forcément les États ont des difficultés pour payer les fonctionnaires et tenir leurs engagements financiers à court terme.

    Le FMI depuis les années 1982 avec la crise de la dette mexicaine vient en soutien aux économies “malades” de la planète mais en contrepartie il demande une orthodoxie financière par des mesures drastiques de réduction des déficits budgétaires appellées “ajustements structurels” ou “facilités de caisse”.

    Il s’agit de réduire les dépenses publiques et d’accroître les recettes publiques.

    Quand à la Banque mondiale, elle a 4 institutions dont l’IDA, International Development Association, qui aide les pays pauvres comme le Mali avec des prêts à long terme (30, 40 ou 50 ans) à taux d’intérêt proche de zéro (prêts concessionnels) pour financer des projets de développement dans les secteurs divers (éducation, santé, transport, énergie, agriculture, environnement, mines, etc).

    Donc le FMI finance le court terme et la Banque mondiale, le long terme.

    Mais leur philosophie est la même c’est la bonne gestion des fonds prêtés et un contrôle strict et régulier.

    Le Mali d’IBK en s’adonnant à une délinquance financière qui consiste à acheter avion et motos à coup de dizaines milliards, à offrir des marchés publics de gré à gré à coups de centaines de milliards sans aucun contrôle, va à contre courant des institutions de Bretton Woods alors que le Mali est totalement sous assistance financière internationale.

    Le problème est que, ces institutions ont une longue expérience et expertise dans le financement des économies malades et du financement du développement.

    Cette expertise fait que les autres bailleurs de fonds multilatéraux et mêmes bilatéraux les suivent presque automatiquement dans leurs orientations.

    Si elles larquent le Mali en septembre 2014 faute d’audit crédible et de mesures de transparentes adéquates dans la gestion des finances publiques au Mali, tous les autres suivront!

    Il ne s’agit donc pas de faire de la politique d’autruche en voulant tromper les maliens que la Banque mondiale nous a accordé des financements alors que les décaissements du FMI sont suspendus jusqu’en septembre 2014.

    Il faut plutôt prendre des mesures de transparence budgétaire et mettre un terme à la gabegie des dépenses inutiles dont le mégalomane IBK et son Mara menteur ont le secret et convaincre les partenaires de la bonne gestion des fonds publics, sinon le pays va péricliter “once again”!

    Wa salam!

Comments are closed.