Crise malienne : Pourquoi notre pays doit refuser la médiation CEDEAO ?

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Nous sommes 22 mars 2012, date du putsch de la junte contre le général Amadou Toumani Touré (ATT). La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) fourre son nez dans les affaires intérieures du Mali et depuis, c’est la scission de tous les fondements  de la nation. Lisez ces actes posés par la CEDEAO à Bamako.

Malgré une prise de pouvoir sous le regard contemplateur des observateurs, le capitaine Amadou Haya Sanogo s’était d’abord montré attentif aux injonctions venues de toutes parts, et notamment de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’est réunie en urgence au niveau des chefs d’État et de gouvernement, le 27 mars, à Abidjan. Du coup, la junte fut menacée de sanctions de la part de l’organisation sous-régionale qui décida de lancer un ultimatum de 72 heures, si les putschistes ne rendaient pas le pouvoir aux civils, c’est-à-dire, le retour à l’ordre constitutionnel.

Pour cela, elle a donné mandat au président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, pour conduire une médiation. L’effet immédiat de cette décision a été l’envoi à Bamako d’une délégation composée de six (06) chefs d’État pour porter le message de l’organisation aux nouvelles autorités de fait et discuter des modalités concrètes d’une normalisation constitutionnelle. Cette délégation n’a pu atterrir dans la capitale, le tarmac de l’aéroport avait été envahi par une foule de manifestants favorables à la junte (CNRDRE).

Dans la foulée de l’accord du 6 avril 2012, le président déchu, Amadou Toumani Touré (ATT), est réapparu à Bamako pour officialiser sa démission, afin d’ouvrir la voie à Dioncounda Traoré (président de l’Assemblée nationale). Celui-ci a prêté serment, le 12 avril, en présence du capitaine Sanogo. L’intérim constitutionnel s’est terminé, le 22 mai et l’incertitude a persisté sur la poursuite ou non de cet intérim au-delà de cette date, et sur la répartition des rôles entre le président intérimaire et le Premier ministre de transition (chef du gouvernement), selon l’Accord-cadre. Ce dernier disposait de pleins pouvoirs, et pour mission de conduire la transition, de gérer la crise dans le Nord du Mali et d’organiser les élections libres, transparentes et démocratiques.

Dioncounda Traoré n’a eu que quatre (04) jours de pouvoir, entre le 12 et le 16 avril, soit au lendemain de sa prestation de serment. Il a commencé à perdre le pouvoir, le soir du 16 avril, lorsque les militaires répondant aux instructions de la junte ont procédé à une nouvelle vague d’arrestations sommaires d’hommes politiques et d’officiers, proches du président intérimaire. Ce dernier venait pourtant d’accepter la nomination de Cheick Modibo Diarra comme Premier ministre de la transition. C’est Blaise Compaoré qui avait porté son choix sur Cheick Modibo Diarra pour le poste de Premier ministre-pleins pouvoirs.

Un nouveau sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le 26 avril 2012, a porté la transition à douze (12) mois et étendu pour cette période le mandat des organes de transition, le président par intérim, le Premier ministre et le gouvernement.

Le sommet a aussi instruit  à la Commission de l’organisation sous-régionale de commencer avec effet immédiat, le déploiement de la Force en attente. Ces deux décisions ont suscité une réaction à Bamako de la junte et de ses soutiens civils. L’annonce a été une occasion pour la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM)  de pouvoir mobiliser sur le thème de la défense du Mali contre le diktat de la CEDEAO et la violation de l’accord-cadre.

Brin COULIBALY

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