Fin de mission de la Médiation de la CEDEAO : Pas de prorogation de la Transition

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Dans le cadre de la mise en application des recommandations issues de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest tenue le 19 juin 2021 à Accra au Ghana, une mission de haut niveau conduite par son Goodluck Ebelé Jonathan, ancien président de la République fédérale du Nigeria, envoyé spécial et médiateur de la CEDEAO au Mali, a séjournée du 5 au 7 septembre 2021 à Bamako.

Cette mission avait pour but d’évaluer le processus de transition et particulièrement les progrès dans la préparation des élections prévues se tenir en février 2022 conformément au délai accordé par la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO en sa session extraordinaire du 15 septembre 2020. La mission visait également à apporter le soutien de la CEDEAO dans la mise en œuvre effective des actions prioritaires inscrites dans le plan d’action du gouvernement.

La mission de la CEDEAO a rendu une visite de courtoisie au président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, et à tenu une session de travail avec Choguel Maïga, Premier ministre de la Transition, entouré de plusieurs membres du gouvernement. La mission a également eu des contacts avec les membres du Comité local de suivi et les membres du corps diplomatique accrédité au Mali.

La délégation a eu des entretiens avec les forces vives de la nation, à savoir les acteurs politiques, les signataires de l’accord d’Alger les organisations de la société civile et de les chefs religieux.

La mission à félicité le gouvernement pour le calme relatif observé dans les pays depuis la mise en place du deuxième gouvernement de la Transition et a pris note de l’arrivée des mesures de restriction concernant l’ancien président de la transition son Excellence Bah N’Daw et l’ancien premier ministre Moctar Ouane. La mission dit aussi apprécié l’expression renouvelée des autorités de la transition à respecter la période convenue de la Transition devant la communauté internationale.

Toutefois, la mission reste préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral. Aussi a-t-elle rappelé l’importance du respect du délai de la Transition afin de montrer la crédibilité du processus de transition. Elle a ainsi encouragé le gouvernement de transition à présenter rapidement un chronogramme détaillant le programme du calendrier des reformes et actions prioritaires qu’il urge d’entreprendre pour la tenue des élections présidentielles et législatives.

Il s’agit notamment du processus sur le cadre légal devant servir aux élections. La préparation de la liste électorale ou des organes devant conduire les élections. Elle a aussi invité les acteurs sociaux politiques à travailler ensemble dans cette période de transition afin de garantir la réussite du processus, tout en réitérant l’engagement de la CEDEAO à accompagner la République du Mali pour une transition réussie. D’où son appel aux partenaires multilatéraux et bilatéraux à continuer de soutenir de processus de transition, notamment le cadre de la préparation des élections.

Sur la question des élections, des divergences existent cependant. En effet, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga avait auparavant exprimé devant le médiateur de la CEDEAO son inquiétude quant à l’organisation des élections générales au Mali sans des réformes nécessaires. En effet, si la CEDEAO souhaite que la transition organise les élections générales sans les réformes politiques et institutionnelles envisagées par le gouvernement, Choguel Kokalla Maïga trouve l’idée très dangereuse pour le Mali.

« Les autorités de la Transition entendent tirer les enseignements des précédentes crises qu’a connu le Mali en engageant les réformes nécessaires, en engageant la lutte contre la corruption et l’impunité et en œuvrant pour améliorer la sécurité sur l’ensemble du Territoire sans oublier le front social à apaiser au prix d’importants efforts », a indiqué le Premier ministre, non pas sans rappeler la soif des Maliens pour un Mali refondé. La CEDEAO, quant à elle, tient plutôt au respect de la durée de la transition et propose que les reformes envisagées soient faites par un pouvoir légitime sorti des urnes.

Il faut souligner que la délégation du Médiateur de la CEDEAO était composée de son Excellence Shirley Ayorkor Botchwey, ministre des Affaires étrangères et de l’intégration régionale de la République du Ghana, président en exercice du Conseil des ministres de la CEDEAO, de son Excellence Monsieur Jean Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO, du Général Francis Béhanzin, Commissaire aux Affaires politiques paix et sécurité de la CEDEAO, et du Professeur Hamidou Bolly, Représentant résident du président de la Commission de la CEDEAO au Mali.

Ont également assisté à toutes rencontres initiées par la Médiation, des parties prenantes dont, entre autres, son Excellence El-Ghassim WANE, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, chef de la Mission Multidimensionnelle pour la Stabilisation du Mali (MINUSMA), de Monsieur Maman Sambo Sidikou, chef de la Mission de l’Union Africaine au Sahel (MISAHEL), de SEM Chikezie NWACHUKWU, Ambassadeur de la République fédérale du Nigeria au Mali ; et de son Excellence SEM Napoléon ABDULAI, Ambassadeur de la République du Ghana au Mali.

 

Flani SORA

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