Les agences nationales, des gouffres à milliards inutiles pour la Nation!

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Le chômage d’une jeunesse dans un pays est un véritable désastre social qui l’avilit, la rend, indépendamment de sa volonté, vulnérable et inutile pour son pays. Tandis qu’avec un emploi décent et salaire décent, les jeunes se sentent dignes, fiers de pouvoir contribuer à leur hauteur à l’édification et la construction nationale. Voilà pourquoi l’emploi, dans un pays, constitue une importance capitale prioritaire pour un État responsable au service de son peuple pour son bien-être.

Combien d’agences nationales ont été initiées au Sénégal, de Diouf à Sall, sous le prétexte fallacieux de création d’emplois, mais qui ont toutes échoué en mettant la clé sous le paillasson. Et celles-ci n’ont pu créer que très peu d’emplois de surcroît, temporaires ou réservés à leurs militants et protégés ou à des fins étrangères. Incontestablement l’expérience des agences nationales s’est révélée être un échec lamentable. En général, un projet en expérimentation est toujours évalué à terme par un bilan qui déterminera sur la base du résultat le sens et de la suite réservée. Mais dans le cas présent, aucune évaluation n’a été faite par aucun des présidents pour savoir au moins quelles ont été les véritables causes de ces échecs récurrents. Ainsi, aucun d’eux n’a eu le courage de tenter cet exercice pour savoir leur impact réel sur l’emploi de manière générale.

En effet certainement, les présidents ignorent sans doute, que la création d’emplois stables en grand nombre ne peut provenir que d’une économie solide et florissante qui marche et repose sur des piliers solides la soutenant fermement. Mais cela n’est pas possible avec des agences nationales, aux contours étriqués et objectifs mal définis, confiées en plus à des rêveurs qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter, alors qu’ils n’avaient auparavant rien piloté. En conséquence, c’est la dilapidation des fonds ou leur partage entre eux et voilà au bout du compte, il n’y a eu aucun emploi. Mais en réalité, la vraie mission de ces agences nationales que l’on cache hypocritement aux Sénégalais, c’est une cachette pour pouvoir détourner ensuite les fonds. En effet, des emplois stables en grand nombre ne se décrètent pas. Et ce ne sont pas non plus avec des théories fumeuses sur des agences créées sans perspectives claires surtout avec un taux probable d’échec de 95% que des emplois se créeront. En effet, nos présidents loin d’être des économistes pragmatiques pensent, naïvement, qu’il suffit de théoriser un projet pour qu’il crée des emplois par baguette magique.

Rappelons pour l’histoire que le président Diouf a commis un crime économique très grave aux conséquences désastreuses dont le pays subit jusqu’à présent. Il s’agit de la suppression du réseau des chemins de fer du Sénégal. Un réseau fut pourtant le plus grand pourvoyeur d’emplois directs et indirects du Sénégal de l’époque. Et jusqu’à présent, cette erreur économique très grave et décision insensée, aucune raison valable autre que cette pratique de l’excès de pouvoir propre au régime présidentiel ne peut justifier. Et le comble, jusqu’à présent, ses successeurs sont dans l’incapacité de le réinstaller ou d’en créer un autre.

Le président Wade aussi est venu supprimer volontairement par excès de pouvoir, l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Il privait ainsi la capitale du Sénégal d’aéroport qui était pourtant un autre pourvoyeur de beaucoup d’emplois. Ces erreurs très graves au plan économique montrent le Sénégal décadent à la face du monde avec ses deux exceptions malheureuses et dégradantes. C’est-à-dire un pays indépendant, il y a six décennies, mais sans réseau des chemins de fer national ni aéroport pour sa capitale nationale. Là où d’autres capitales en disposent deux ou trois. Mais ce triste sort du Sénégal est une faute qui incombe entièrement aux présidents Diouf et Wade. Oui, ce sont eux qui l’ont mis dans cette situation inconvenante. Objectivement, cela ne s’explique que par le fait qu’ils nourrissent peu d’ambition pour leur pays. Et en outre leurs courtes vues les empêchent de voir loin pour hisser leur pays à la hauteur des nations modernes et émergentes.

Le président Wade, grand théoricien économiste et farouche partisan de l’informel, a réduit le peu de sociétés commerciales et d’entreprises industrielles qui existaient et employaient beaucoup de travailleurs jusqu’à son avènement, à leur plus simple expression ou à zéro. À ces entreprises et sociétés, il a substitué de l’entreprenariat individuel, des souks et marchands ambulants ne nécessitant aucune qualification et ces derniers ont envahi les villes et encombré les voies publiques. En vérité le président Wade avait fermement décidé de transformer l’économie sénégalaise en informel intégral. Pour soi-disant permettre à tous les Sénégalais de trouver un job, c’est-à-dire s’employer. Alors qu’il va de soi que de tels emplois, peu rémunérateurs, précaires, occasionnels et aléatoires, fragilisent la jeunesse sénégalaise. Il est dangereux de cantonner la jeunesse à de tels emplois qui risquent de la rendre toujours dépendante. Parce que de tels emplois, au bas de l’échelle, limitent les ambitions et horizons de la jeunesse sénégalaise et obstruent son avenir. Ces emplois font partie des raisons qui provoquent l’envie de la jeunesse à emprunter la voie de l’émigration clandestine, Barça ou Barsakh ou d’être en désespoir de cause. Le chômage de manière générale, est un véritable drame qui non seulement crée la pauvreté, mais l’accroît en plus et, pousse certains  de ses victimes vers des activités inciviques ou antivaleurs par faute de moyens de subsistance.

Pourtant, l’emploi est un droit humain et social. Voilà pourquoi il doit nécessairement faire partie des préoccupations principales et priorités pour un État soucieux et préoccupé par le bien-être de ses citoyens. C’est dommage qu’un tel aspect si important ne soit pas pris en considération au Sénégal. Les présidents sénégalais particulièrement libéraux n’en ont pas pris conscience. Et c’est ainsi qu’ils ont même détruit l’embryon de l’État de droit qui était en gestation par, la destruction de ses prémices. Et ce n’est pas tout, puisqu’il en a été de même des bases de l’économie, l’éducation, la santé publique, d’avoir mis sens dessus dessous la Fonction publique et j’en passe. L’on note d’ailleurs que la principale marque caractérisant les régimes passés et le présent, c’est d’avoir supprimé le peu d’emplois qui existaient par la liquidation des entreprises et sociétés qui en créaient.

En effet, à l’observation attentive le Sénégal a effectivement reculé dans bien des domaines, mais c’est précisément au niveau de l’emploi où il a perdu beaucoup de terrain. Oui, parce que la liquidation d’entreprises et de sociétés a créé des pertes d’emplois et occasionné un chômage massif et chronique dans le pays. Là aussi, l’irresponsabilité et l’insouciance des dirigeants, en direction du problème capital de l’emploi en général, ont bien montré qu’ils ne s’en sont pas du tout préoccupés. Et le président, Macky Sall, ne fait que suivre mécaniquement les traces du président Wade, celui qui a le plus liquidé d’emplois au cours de son magistère pour avoir tout bouleversé sur son passage notamment dans la Fonction publique.

En ce XXIe siècle et à l’ère de l’électronique et du numérique, tous les États ambitieux et volontaristes au monde qui aspirent à l’émergence et au développement s’appuient sur les nouvelles technologies et ressources humaines de qualité, mais le Sénégal lui rétrograde en tournant le dos en refusant de s’arrimer au progrès économique, scientifique et social. Oui, puisque pour aller dans vers le progrès, il faut nécessairement se doter des moyens indispensables qui y conduisent et l’emploi d’un grand nombre de mains-d’oeuvre fait partie de ces conditions. Pour un grand nombre d’emplois, il faut nécessairement de grandes entreprises industrielles modernes viables et des sociétés commerciales, grandes surfaces qui répondent à l’ère du temps, c’est-à-dire des super marchés. Mais il ne suffit simplement d’en disposer. Il faut par ailleurs confier tout cela à des gestionnaires compétents intègres, vertueux et dotés d’un sens élevé de civisme et de patriotisme.

Il est naturellement, très regrettable de voir nos milliardaires préférer thésauriser leur argent « douteux » ou l’investir dans le secteur du bâtiment qui est le refuge le plus sûr pour camoufler ou faire disparaitre définitivement toutes traces de l’argent sale. Effectivement, l’individualisme exacerbé de nos milliardaires et riches en général montre bien leur manque de patriotique surtout économique ce qui les rend réfractaires de se regrouper plusieurs dans un grand ensemble pour créer des sociétés anonymes d’envergure nationale ou internationale. De grands groupes financièrement aptes seront gérés par des managers compétents et intègres sous contrat avec l’obligation de résultat. Une telle démarche peut contribuer progressivement, à la place du discours et des lamentations, à remplacer valablement le capital privé étranger qui domine le marché dans plusieurs domaines. Les agences nationales, de véritables gouffres à milliards, sont inappropriées et incapables de créer des emplois massifs durables. D’ailleurs, si l’on avait évalué leur existence correctement et fidèlement, de Diouf à nos jours, l’on se serait rendu éloquemment compte depuis lors de leur échec et inutilité. Voilà pourquoi le Sénégal doit s’atteler plutôt à la création d’entreprises privées anonymes et sociétés nationales viables confiées à de véritables gestionnaires compétents et intègres. Ceci est la meilleure solution pour se débarrasser de cette farce de mauvais goût des agences nationales qui ne servent à rien si, ce n’est d’être des centres de corruption de haut vol et pour enrichir des individus.

La solution, de l’emploi au Sénégal est possible et même à portée de main du président Macky Sall. Mais à condition que le président Macky Sall ait le courage nécessaire de l’appliquer sans faiblesse coupable ni cruauté inutile.Elle peut se faire en deux temps à court terme et moyen terme. En effet, après le passage du président Wade, l’État du Sénégal a été désorganisé et totalement bouleversé. Il est devenu méconnaissable et dans lequel, personne ne peut plus s’y retrouver parce que tout y est mis à l’envers et sens dessus dessous par Wade et  surtout l’appareil d’État en l’occurrence la fonction publique. C’est un État où l’on ne trouve plus l’ombre d’une rationalité et qui a perdu sa mémoire collective. On le sait, cette fameuse théorie du libéralisme antisocial, qui prône la privatisation de l’État est contraire à la politique de plein emploi. Et les nombreuses suppressions d’emplois avec Me Wade découlent de cette théorie ultra-libérale.

Donc, au regard de ce triste décor, c’est évident que, la solution, à envisager ne peut être que radicale et, exigera des sacrifices et un don de soi du président lui-même en guise d’exemple:

-Remettre des pendules à l’heure pour réparer les injustices criardes par un renivellement des salaires à de justes proportions, de haut en bas  et de bas en haut ;

-Ramener tous les salaires faramineux par entente à leurs justes proportions ;

-Supprimer tous les nombreux et exorbitants privilèges injustifiables des fonctionnaires, ministres, députés, etc.;

-Supprimer les doubles salaires et ceux indus ;

-Supprimer les fonds politiques de non-ayant droit et réglementation des de ceux ayants droit ;

– Supprimer tous les avantages complaisants non prévus par la loi

-Rationaliser l’usage du matériel roulant et les consommations en tout genre dans l’administration ;

-Interdire la circulation des véhicules de l’État les jours fériés et non ouvrables sans autorisation ;

-Limiter l’affectation des voitures de fonction à une par un ayant droit avec un contrôle strict confié à la gendarmerie et police ;

-Réglementer et limiter des exonérations douanières de toutes sortes ainsi que les remises d’impôts frauduleuses parfois ;

Réduire la taille du gouvernement à 25 basée sur de compétence uniquement et rien d’autre ;

Réduire le nombre de députés à 90 ou 100 au maximum ainsi que le Bureau de l’Assemblée; avec suppression des privilèges (comme voiture, terrain, mouton de Tabaski, sukëru koor, passeports diplomatiques à leurs épouses)

-Réduire  par reconstitution des collectivités territoriales (régions, départements et mairies) sur la base de viabilité effective ;

-Réduire toutes les dépenses qui ne sont pas indispensables à la fonction normale de l’État.

Contrairement aux allégations de libéraux, l’État est le principal et gros employeur de la république à travers ses différents services publics et parapublics. Mais en tout état de cause son recrutement doit obéir à des règles strictes définies par la loi et sur des bases légales et par voie de concours dans la transparence et le respect du statut général de la fonction publique ;

Cette énumération n’est pas exhaustive, parce que d’autres mesures de réduction des charges peuvent bien s’y ajouter. À n’en pas douter, cette opération exceptionnelle dégagerait des fonds substantiels qui seraient destinés uniquement à la création de nouveaux emplois pour les jeunes dans un premier temps. Il existe encore sans doute, des idées et créneaux où l’on pourrait tirer encore des ressources additionnelles à verser dans ce fonds spécial pour la création d’emplois.

Dans un deuxième temps, il faut exploiter les opportunités de création d’entreprises et de sociétés moderne et d’envergure, grâce aux potentialités économiques que nous offrent nos nouvelles ressources naturelles, dans les secteurs en jachère actuellement. À savoir des entreprises à l’image de Sonatel, qui auront une grande capacité d’embauche et de besoin de personnel. Mais le président Macky doit, pour l’intérêt supérieur de la nation prendre son courage à deux mains en vue trouver une solution au chômage massif et chronique qui sévit dans son pays. Il doit oser affronter les forces centrifuges et égoïstes qui s’opposeront à l’initiative pour leurs intérêts personnels. Il faut donc agir dans le bon sens pour cette initiative inédite dans l’histoire de notre pays. Une telle initiative vaut bien la peine d’essayer, parce que sa réussite pourrait vous réconcilier avec votre jeunesse et même avec les Sénégalais.

Jeunesse sénégalaise, vous êtes l’espoir de tout un peuple, dès lors vous avez une lourde responsabilité à assumer envers lui. Évidemment, à ce titre vous avez une mission que l’histoire vous assigne en tant que génération. Je vous rappelle, à ce propos ce que Frank Fanon en a dit : « Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Par conséquent, vous devez sauvegarder scrupuleusement, le patrimoine et tous les acquis de votre peuple par les générations précédentes. Il est de votre devoir, voire obligation de les améliorer et les augmenter par votre apport personnel comme plus-value, mais ne jamais les détruire. Votre rôle primordial et fondamental, c’est de bâtir et construire pour vous assurer un meilleur avenir. Puisque vous êtes espoir, vous devez créer l’espérance pour les autres et non le désespoir. Une jeunesse consciente et patriotique a la lourde tâche d’assurer son propre avenir, mais aussi celui des générations à venir. En remettant leur pays sur la bonne voie, c’est-à-dire les rails et tous les plans.

Pour accomplir convenablement et sans failles, une telle mission si hautement citoyenne et patriote, il vous faut incontestablement avoir l’esprit de bâtisseur et constructeur de Nation. Autrement dit, être loin de tout ce qui est destruction du patrimoine national, comme nos dirigeants actuels et leurs semblables de tous bords. En effet, le Sénégal s’est beaucoup appauvri et, a perdu aussi une bonne partie de son patrimoine, parce que les présidents Wade et Sall ont laissé et participé au pillage du patrimoine de notre pays. Au cours de leur mandature, ils se sont accaparé nos terres ou les ont cédées à des amis ou étrangers. La jeunesse sénégalaise doit bien garder à l’esprit cette triste expérience de gestion du patrimoine, mais il faut surtout, qu’elle s’en écarte comme de la peste, en choisissant d’autres modèles intègres et vertueux.

 

Mandiaye Gaye

[email protected]

Dakar, le 22/0402021

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