Zone franc : Comprendre comment une zone qui ne développe pas appauvrit

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La vraie problématique au sein de la zone franc : quand la réalité s’oppose à la fiction

 

Si on en croit aux déclarations de satisfecit venant des officiels de ces pays de l’Uémoa, comme le Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, il apparait que « le Franc CFA est une monnaie saine, et elle est entre de bonnes mains. La dette extérieure est bien gérée avec une monnaie saine », ou encore le président sénégalais, Macky Sall, qui renchérit, alors « le franc CFA est une bonne monnaie à garder et il ne faut pas la déstabiliser. Le franc CFA est une monnaie stable ».

Cependant, contrairement à ces déclarations de satisfecit, et sur la base de statistiques internationales, les pays de la zone franc, après plus de 60 ans d’expérience, donnent la preuve qu’aucun de ces pays utilisateurs du FCFA n’est présent parmi les dix premières puissances économiques africaines, alors que majoritairement, ils se trouvent classés parmi les 25 derniers pays du monde en termes d’IDH, soit 8 pays sur les 15 pays traditionnels de la zone franc.

Ces dix pays les plus riches d’Afrique en 2021, selon la Banque mondiale sont : 1.Nigeria, *2.Afrique du Sud*, *3.Egypte*, *4.Algérie*, *5. Maroc*, *6. Ethiopie*, *7. Kenya, *8. Angola, *9. Ghana, *10. Tanzanie.*

Ces huit pays traditionnels de la zone franc classés parmi les 25 derniers pays du monde selon l’IDH en 2019 sont : la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Mali, le Bénin, la Burkina Faso, le Togo, le Niger, la Centrafrique

N’y a-t-il vraiment pas lieu de s’interroger sérieusement sur la réalité économique et sociale de cette zone ?

 

1.    Zone franc : zone de développement ou zone d’appauvrissement ?

La réalité présentée à partir de ces deux statistiques crédibilise beaucoup plus les critiques portées contre le franc CFA que ces déclarations de satisfecit des officiels de ces pays africains.

De plus, cette réalité devrait amener chacun à se demander si les chefs d’Etat des pays de l’Uémoa ne comprennent vraiment pas le régime monétaire fondé sur le F CFA, que la France a conçu et mis à leur disposition, ou bien ils le comprennent mais jouent pour leurs propres intérêts personnels, tout en ayant décidé de sacrifier volontairement et à jamais le bien-être des générations de populations africaines.

En effet, à quoi bon de se vanter l’efficacité d’un mécanisme du Franc CFA, alors qu’il est historiquement identifié comme ayant toujours existé depuis le moyen-âge pour assurer au Roi une troisième voie de financement du Trésor royal, mise à la discrétion du Roi, et qui est venue ainsi s’ajouter aux deux voies traditionnelles de financement que sont le prélèvement de l’impôt, et l’endettement.

Il est donc clair que si le mérite d’un système est principalement de prélever sur ses utilisateurs des ressources pour enrichir le Roi ou toute autre entité, il doit être évident qu’un tel système de transfert négatif rend malheureusement plus pauvre la population victime que la veille.

Ainsi, dans la présentation qui va suivre, nous allons montrer avec toutes les preuves vérifiables à partir de sources indépendantes, que le système du franc CFA ne constitue qu’une simple reproduction d’un mécanisme du moyen-âge français, que la République française a supprimé en 1795 après la Révolution française, avant de le remettre sur orbite en 1945, par la création du franc CFA, rattaché au franc, exactement comme l’écu l’était avec la Livre Tournois, celle à laquelle le franc a été substitué en 1795.

Il s’est donc agi par calcul pour les dirigeants français en 1945, de mettre en service le vieux mécanisme du troisième financement du Trésor Royal exclusivement dans les colonies, lorsqu’ils ont décidé de remplacer le totalitarisme du moyen-âge par l’exploitation coloniale en Afrique. En effet, la France affaiblie et exsangue en sortant de la grande guerre avait besoin de financement, d’où son réflexe raciste de recourir à cette recette ancestrale de financement, qu’elle s’est interdite d’appliquer chez elle, tout en s’autorisant à l’appliquer aux populations des colonies et des pays africains qui en seront sortis.

 

2.    Zone franc : un mécanisme médiéval de financement du Trésor royal

Cette troisième voie reposait sur deux monnaies du Roi, la Livre Tournois, définie comme une quantité de métal précieux, et l’écu, défini comme une quantité de Livre Tournois. Le mécanisme de gain consistait en une diminution de l’écu, suivie automatiquement de la récupération de la différence de valeur avec le précédent écu. La récupération de cette différence de valeur sur tous les écus existants permettait de constituer les droits seigneuriaux, destinés à alimenter le Trésor Royal.

Cependant, à la suite du prélèvement de ces droits seigneuriaux, s’ensuivaient des bouleversements des prix et des manifestations populaires, qui étaient violemment réprimées ainsi que chacun peut encore le vérifier dans les livres d’histoire de cette époque.

Il faudrait également se rappeler, que malgré ces violences, ce système de financement aura été maintenu contre vents et marées, pendant plus de quatre cents ans de 1360 jusqu’à la révolution française, et n’aura été abandonné qu’à la faveur du décret du 18 Germinal An III (7 avril 1795), disponible et vérifiable sur internet.

A cette époque l’analyse économique était loin d’être un besoin,  la seule réalité qui prévalait étant de chercher à faire gagner au Roi le maximum d’argent possible et inimaginable dans une Europe, alors, en pleine barbarie.

En revanche, aujourd’hui, avec les instruments d’analyse dont nous sommes dotés, nous pouvons apprécier les différentes conséquences au plan macroéconomique d’un tel transfert de ressources monétaires en faveur du Responsable du système et d’expliquer la nature des manifestations sociales qui se trouvaient déclenchées.

 

3.    Un financement dangereux, aboli en 1795 par le décret du 18 germinal An III

Le constat historique, le plus important, est que la collecte des droits seigneuriaux repose sur la diminution de l’écu, que le décret du 18 Germinal An III (7 avril 1795) a banni, faisant disparaitre ainsi cette troisième voie de financement, et laissant en place la seule monnaie du franc, doté du décime et du centime, en substitution à la Livre Tournois qui était une monnaie non matérialisée.

Le fait scientifique que nous avons apporté à l’analyse économique à travers notre concept d’Economie scientifique aura été de montrer que l’écu est une unité de mesure qui pouvait être utilisée en même temps que la nouvelle définition de l’écu, qui est également une unité de mesure plus petite que le précédent écu. Ainsi, nous avons confirmé la pertinence de ce décret, qui permet d’interdire la diminution des mesures et du poids, la source frauduleuse du mode de financement des droits seigneuriaux.

Il est vrai que cette pratique de fraude, dénommée la diminution des mesures et du poids en économie, nous est familière dans les activités économiques quotidiennes traditionnelles sur les marchés lors des pesées de masse ou des mesures de volumes.

En revanche, en économie, sans y avoir mis en place la théorie de la mesure, cette notion de diminution des mesures et du poids ne pouvait y avoir une place au centre des concepts en économie. D’où l’intérêt, pour celui qui veut comprendre, de se référer à nos ouvrages publiés dans le cadre de l’Economie scientifique, c’est-à-dire l’économie dotée de la mesure.

 

4.    Un décret pertinent, abolissant un mécanisme de fraude

Par conséquent, nous avons relevé en même temps la pertinence et l’importance du décret du 18 Germinal An III (7 avril 1795) qui aura eu le mérite de protéger la population française des excès du Roi, dont le troisième mode de financement à sa discrétion ne constituait qu’une fraude extrêmement dangereuse et contre-productive.

Malheureusement, l’histoire va encore nous apprendre, que ce système de financement dangereux, fondé sur deux  monnaies va être rétabli par le Général De Gaulle le 25 décembre 1945, en créant le FCFA selon le même schéma que l’écu, mais ce franc CFA sera placé exclusivement dans les colonies, puis maintenu dans les pays indépendants issus de ces colonies.

Ainsi, il n’est pas sans intérêt de relever, que la France s’est interdit d’appliquer chez elle un dispositif, tout en s’autorisant à l’appliquer aux populations des colonies et des pays africains qui en seront sortis. Ainsi, il est facile de comprendre, étant donné que le Franc a remplacé la Livre Tournois en 1795, et que le F CFA, lié au FF, a remplacé l’écu en 1945, réhabilitant dans les colonies et les pays qui en seront issus ce système dangereux à deux monnaies qui avait été aboli en 1795, pour y perpétuer le prélèvement des droits seigneuriaux sur les populations.

 

5.    Franc CFA et retour des droits seigneuriaux dans les colonies, puis dans les pays du F CFA

Ainsi, 150 ans après la suppression de l’écu, en 1945, la récupération de ces droits seigneuriaux est revenue à la pratique, par la diminution du F CFA comme l’écu, une diminution suivie automatiquement de la récupération de la différence de valeur avec la valeur précédente du F CFA, ce qui induit un transfert important de ressources de ces pays africains vers le Trésor français, un transfert qui correspond historiquement aux droits seigneuriaux.

Concrètement, cette pratique montre tout simplement que la population aura donné à l’autorité monétaire une grande unité de valeur pour recevoir en retour une petite unité de mesure, l’autorité monétaire empochant simplement la différence de valeur entre ces deux unités.

Sur le plan scientifique, une telle pratique correspond à la diminution des mesures et du poids, qui conduit au transfert d’un montant de ressources au Trésor français, historiquement identifiées sous l’appellation de droits seigneuriaux.

 

6.    Quand les pays utilisateurs du F CFA payent à la France d’immenses droits seigneuriaux pour espérer se développer

Ainsi, sur l’hypothèse d’une masse monétaire des pays de l’Uémoa de 23 000 milliards de F CFA en 1994, la réduction du F CFA à 0,01FF contre de 0,02 FF au départ, induit les droits seigneuriaux qui s’élèvent à :

(0,02FF – 0,01 FF)*23 000 milliards= 0,01 FF *23 000 milliards = 230 milliards de FF = 35 milliards d’euro prélevés sur les pays pauvres et mis gracieusement à la disposition du Trésor français, d’où l’importance de connaitre et de comprendre l’histoire.

Certes, ce gain n’échapperait point aux autorités françaises, car il constitue en réalité la raison directe, mais inavouée de la création du franc CFA, qui n’est que la réplique de la pratique de l’écu qui est hérité des ancêtres gaulois, ainsi que vous avez pu vous rendre compte de l’évidence au cours des présents travaux.

En revanche, les africains seront loin de s’imaginer en train de payer des droits seigneuriaux à un pays qui est supposé les aider à se développer, un pays qui ne manque jamais d’occasion pour vanter les mérites d’un mode opératoire de coopération monétaire, dont il détient seul le secret, à travers son expérience de l’écu, naturellement remplacé par le franc CFA pour servir la même cause.

Il reste important de rappeler que ce régime monétaire, préparé par la France et mis à la disposition des pays africains comme pour leur venir en aide, avait été banni en France par le décret de 18 Germinal An III (7 avril 1795), puis malicieusement remis à l’heure de la colonisation dans les colonies et, plus tard, à l’heure du néo-colonialisme dans les pays issus de ces colonies, afin de perpétuer une pratique d’expropriation héritée des Rois du moyen-âge, un tour bien français, qui aura été joué à plein régime en 1994 dans les pays utilisateurs du F CFA.

Cependant, cette expérience, qui est restée extrêmement douloureuse, sera restée comme coincée dans la gorge des dirigeants africains et même français, ces derniers qui ont essuyé un refus catégorique lorsqu’ils ont voulu renouveler cette pratique en Afrique centrale en 2018.

 

7.    Zone franc : une reconstitution des faits auprès des populations

Il nous parait être d’une grande importance que les populations de ces pays africains comprennent, que dans le cadre de la coopération monétaire avec la France, pour assurer leur développement, il leur faut de temps en temps transférer d’immenses ressources en devises au Trésor français, ainsi que cela se faisait à l’époque du Roi au moyen-âge français. Cependant, ces dirigeants africains sont tenus d’accepter ces principes de transfert où d’aller en affrontement avec le partenaire français, dont ils connaissent la capacité de nuisance.

Ainsi, malgré que la Révolution française aura mis fin à cette pratique dangereuse qui donnait lieu au moyen-âge à de violentes manifestations, les autorités françaises veulent faire comprendre aux dirigeants africains que cette pratique de transfert négatif, dont elle a consacré chez elle l’abolition, doit être en vigueur dans les pays africains utilisateurs du F CFA pour y assurer leur développement.

Cependant, il reste clair que ces dirigeants africains, bien que n’étant pas dupes, à défaut de pouvoir faire face à la France, se plieront aux désidératas du partenaire français. Ainsi, la France pourra continuer à promettre aux pays africains un faux résultat à travers un programme, tout en étant sûr d’engager tous les acteurs à en accepter le résultat contraire.

Ainsi, en engageant les pays africains dans un processus de transfert de ressources financières au Trésor français, la France est sûre d’appauvrir la population. Cependant, la France, en utilisant des artifices à travers des faux concepts de stabilité du franc CFA, de solidité de cette monnaie garantie par un grand pays ou la monnaie de grands pays, fera valider ce principe de ce transfert négatif comme étant bénéfique à ces pays dont elle déclare appuyer le développement.

 

8.    La population africaine doit venir au secours des dirigeants africains face à la France

Il convient donc de comprendre que le F CFA a été créé en 1945 en substitution à l’écu, quand le franc avait déjà été substitué à la Livre Tournois en 1795. Ce faisant, le F CFA et le franc, sont la reconduction parfaite du système monétaire médiéval dans les possessions françaises en Afrique et plus tard dans les pays issus de ces colonies.

Ainsi, ce mécanisme médiéval esclavagiste, gardé en attente assez longtemps pour porter le plus grand coup au moment opportun, va jouer pleinement ses effets en 1994 lors de l’opération d’expropriation décidée lors de la fameuse dévaluation du F CFA.

Comme résultat, ce mécanisme aura permis de maquiller le transfert de 35 milliards d’euros de ressources en devises des pauvres populations des pays africains de l’Uémoa vers le Trésor français, et de laisser passer inaperçu ce transfert jusqu’à nos travaux, laissant dans l’ignorance totale les populations de ces pays africains et leurs chefs d’Etat, le tout étant enveloppé dans le grand silence accusateur d’une France profondément colonialiste et raciste.

Ainsi, ne pouvant tromper en permanence et avec perfection tout le temps, la France se fera rattrapée dans ses incohérences érigées en politiques publiques, quand ces pays africains découvriront que le développement qui leur est promis ne s’est jamais présenté à eux, et, quand de surcroit, ils se voient, par la preuve la plus éclatante, classés majoritairement parmi les 25 derniers pays du monde en termes d’Indicateur de Développement humain.

Le pot aux roses va également arriver, tôt ou tard, quand ces pays africains comprendront qu’en réalité, lorsque les populations françaises ont crié pour chasser le Roi avec son écu, l’instrument monétaire de servitude, que les nouveaux dirigeants français l’auront repris, 150 ans plus tard, pour l’appliquer dans toute sa rigueur aux populations africaines qui en seront désormais seules utilisatrices, qu’il s’agissent des africains dans les colonies ou dans les pays qui seront issus de ces colonies.

C’est ainsi que les populations africaines, prenant le relai aux sujets des Rois du moyen-âge, auront transféré en 1994, à la suite de la mesure de diminution du franc CFA trompeusement appelée dévaluation du franc CFA, plus de 35 milliards d’euro de droits seigneuriaux au Trésor français et cela, dans une ignorance totale de la réalité des faits, sans même mériter de recevoir en retour un seul merci, quand, au même moment ils auront été plutôt invités par cette même France à aller quémander des prêts pour quelques millions d’euros auprès du FMI et de la Banque mondiale, afin de faire face à leurs problèmes de développement.

Il nous apparait donc clairement que ces pays africains et leurs dirigeants sont infiniment perdus dans une profonde confusion, qui les empêche même de penser au développement, à plus forte raison de l’atteindre, mais ils ne s’en rendent pas compte.

En effet, ces populations et leurs dirigeants sont totalement ignorants de la profondeur du piège français, un piège qui les enveloppe totalement en les rendant pratiquement incapables de comprendre  ce qui leur arrive avec ce partenaire, qui les fait travailler en véritables esclaves, pour les dépouiller tranquillement des fruits de leur travail, s’enrichissant gratuitement d’autant, et en enrichissant le FMI et la Banque mondiale auprès de qui, il fait renvoyer ces pays africains pour s’y endetter, faisant ainsi l’affaire, à nouveau, de ces institutions.

Comme quoi, avec ces africains, tout le monde vient se servir de leur naïveté et leur ignorance.

On comprend que l’idée d’atteindre le développement pour ces pays et leurs populations est moins qu’un leurre, et l’on pourrait bien, comme à la suite des acteurs de la récente rencontre Afrique-France de 2021 à Montpellier, se demander : pourquoi ne pas supprimer un mécanisme de développement qui ne développe pas ?

La réponse toute simple à ce questionnement est qu’on ne supprime pas de telles aides pour la simple raison qu’elles font partie de ce jeu entretenu par la France, un jeu qui promet une chose tout en s’attachant à en réaliser concrètement le contraire, et cela avec l’accompagnement exigé des dirigeants des pays aidés, qui se trouvent en permanence soumis à une pression inouïe de la part de la France, à l’abri de tous regards indiscrets.

Par manque de courage et de stratégie, ces dirigeants africains se seront toujours sentis obligés, pour sauver leur peau, de jouer la carte de la France contre leur propre pays.

Contrairement à cette pratique attendue de la France, le nouveau Premier ministre malien, qu’on ne présente plus, a pu expliquer, par son courage, à sa population et à la tribune des Nations-Unies les restrictions imposées au Mali par son partenaire français, qui empêche que les avions militaires maliens puissent voler au Mali,  que l’armée malienne mette le pied à Kidal, quand il s’autorise lui-même à former, équiper et orienter les rebelles séparatistes, un drôle de comportement pour un ami appelé au secours, d’où le surnom tout trouvé par le public de l’ami voilé qu’hérite la France au Mali.

Il est donc clair, que cette France sait, mieux que quiconque, le caractère mensonger de ses montages financiers, que représentent ces mécanismes monétaires dits d’aides, qu’elle a fait supprimer de chez elle par le décret du 18 Germinal An III (7 avril 1795) et dont elle a rétabli, en prévision des initiatives colonialistes en Afrique, le mécanisme en 1945 en restreignant l’usage de ce F CFA exclusivement à ces populations africaines ciblées pour être dépouillées.

Bref, la France n’aura entouré ce régime monétaire médiéval que de fausses bonnes intentions volontairement trompeuses, qu’elle aura mises à la disposition de ces pays, qui ont eu le malheur de la rencontrer, ainsi que le prophétisait Aimé Césaire.

 

9.    Au moyen-âge, de quelle dévaluation pourrait-on parler avec les monnaies du Roi ?

Il reste clair, qu’au moyen-âge, le Roi ne faisait nullement allusion à une quelconque notion moderne de dévaluation, ainsi que nous l’apprenons de nos jours à l’école, une notion théorique d’économie moderne, qui concerne les monnaies de deux pays étrangers et non pas les monnaies de l’époque préscientifique relevant de la même autorité du Roi ou plus tard du Trésor français.

Ainsi, même si ces notions de dévaluation devaient apparaître dans le langage courant au moyen-âge, elles le seraient pour exprimer des pratiques empiriques préscientifiques, qui ne sauraient être considérées comme des connaissances établies au plan scientifique. Par conséquent, et comme vous pouvez bien le constater, au moyen-âge, les deux monnaies de l’écu et de la Livre Tournois dépendaient du même Roi, et nul ne devrait pouvoir parler sérieusement de dévaluation comme s’il s’agissait des monnaies de deux pays différents.

De même, en 1994, le F CFA et le FF, représentations parfaites de l’écu et de la Livre Tournois, sont des monnaies relevant de la même autorité monétaire française pour des fins qu’elle maitrise, et nul se saurait parler de dévaluation du F CFA par rapport au franc français, ainsi que nous savons établir que le franc est l’étalon permettant de définir le F CFA, mais également beaucoup d’autres unités monétaires, comme le franc malien au Mali qui valait 0,01 FF qui aura circulé en même temps que le F CFA avant de disparaitre et de laisser libre cours à cette seule monnaie ; une expérience ayant son pesant d’or au plan scientifique !!

Ainsi, nous savons, depuis D. Ricardo, qu’il ne faut pas comparer l’or, ou ce qui représente l’étalon d’un pays, avec le numéraire, ou ce qui représente le blé, dans un autre pays. Par conséquent, que dire donc de l’évidence qu’il ne faut pas comparer ces deux notions quand il s’agit d’un même pays, ce que les fameux auteurs de la dévaluation du F CFA en 1994 auront totalement ignoré, se permettant ainsi de dérouler, sans le dire, la troisième voie de financement par les populations africaines des droits seigneuriaux au Trésor français.

Ce faisant, la troisième voie de financement au moyen du F CFA, à l’exemple historique de l’écu, est constituée par la récupération de la différence de valeur entre les deux définitions du F CFA, une différence qui est automatiquement collectée pour tous les F CFA émis et transférée au Trésor français.

Pour se faire une idée du montant de ce transfert automatique, avec l’hypothèse d’une masse monétaire, d’un montant de 23 000 milliards de F CFA en 1994 pour les seuls pays de l’Uémoa, l’expropriation, des pays de l’Uémoa en faveur de la France porte sur un transfert de 35 milliards d’euro, alors que le bénéficiaire n’en aura placé aucun mot depuis cette date jusqu’à nos jours, car devrait-il se dire : circulez, car il n’y a rien à voir !

Au même moment, les pays africains, ignorant tout de ce transfert involontaire et automatique, se trouvent placés en situation d’urgence auprès du FMI et de la Banque mondiale pour tenter d’obtenir avec humiliation quelques millions d’euros en prêts, à comparer avec les 35 milliards d’euros qu’ils ont transférés à Trésor français sans avoir pu en exprimer le moindre doute.

Il est donc clair que cette coopération monétaire des pays africains avec la France est ce montage grossier, embelli de paroles, mais cachant un gros piège bien ourdi, dont la France détient historiquement toute seule le secret, profitant ainsi de l’ignorance des dirigeants africains et de leurs conseillers.

Ainsi, jouissant de la part de ses partenaires africains d’une confiance sans limite, quand celle-ci n’est pas soutenue par la peur de mourir, la France va, avec une constante régularité, violer en permanence le respect de cette confiance, tout en exigeant l’accompagnement obligatoire des dirigeants des pays africains, placés en permanence sous une pression inouïe à l’abri de tous regards indiscrets.

Ainsi pris dans un isolement complet, ces dirigeants africains auront beaucoup de mal à pouvoir manifester leur opposition à ces violations perpétrées par la France, une opposition qui pourrait être lourde de conséquences, quand on en  juge par le nombre très élevé de victimes de la FrançAfrique en matière monétaire, parmi les chefs d’Etat et intellectuels africains assassinés, par une France qui ne souhaite pas voir découvrir le piège qu’elle considère à présent comme un secret à préserver à tout prix.

Cependant, il revient obligatoirement aux responsables africains de briser cet isolement, dans lequel la France s’ingénie à les y placer y compris au moyen de campagnes médiatiques et même de coups d’état intentés, ne serait-ce qu’en mettant les vraies informations à la disposition des populations concernées, ainsi que le brillant Premier ministre malien l’a récemment illustré avec perfection.

Ainsi, aurait-il réussi à couper toute initiative à la toute puissante France, qui a fini par verser dans toutes sortes d’insultes auxquelles personne n’était habitué dans cette sphère de grande civilité, n’ayant plus de voix pour s’exprimer de manière audible dans le cadre de la sécurisation du Mali, quand elle–même détient toutes les preuves à sa disposition, pour constater la généralisation de l’insécurité sur tout le territoire, ce dont le Premier ministre malien n’a rien dit de plus.

Donc, il est plus que temps de jouer franc jeu avec la France, pour l’amener à rendre conforme le résultat de ses programmes de coopération avec la réalité qui en est attendue. Tout écart entre les résultats attendus et le résultat obtenu devra être expliqué, afin d’entreprendre les correctifs nécessaires pour rendre conforme le résultat attendu avec le résultat réalisé. Ainsi, il n’y a aucune raison que la France soit là à dresser impunément une carte montrant l’extension de l’insécurité au Mali, comme si cela était l’objectif attendu de son intervention, quand sa présence est justement d’aider le Mali ramener la sécurité.

 

10.  Des écarts importants entre les attentes et le résultat de la coopération avec la France

Il convient de rappeler que si cette pratique monétaire du moyen-âge garantissait au Roi des avantages liés à sa position dominante dans ce régime monétaire fondé sur deux monnaies, il est fort à parier que ni les Rois ni les dirigeants français n’auront jamais cherché à identifier les inconvénients éventuels liés à cette pratique, en s’étant toujours contentés de collecter le gain des droits seigneuriaux qui leur revenaient.

Ainsi, nous comprenons que si ce régime monétaire, par ses pratiques, garantissant aux Rois et autorités françaises un financement sûr et rapidement disponible, il reste cependant clair pour ces autorités monétaires, que ce régime ne constituait pas un système théorique, qui a été au départ conceptualisé, puis conçu et mis en œuvre puis enfin évalué.

Par conséquent, nous comprenons, surtout en l’absence d’analyse macroéconomique à cette époque du moyen-âge, que ces Rois n’étaient pas à mesure ni d’imaginer ni de  concevoir une méthode d’évaluation des conséquences du prélèvement de ces droits seigneuriaux, ainsi que nous avons montré notre savoir-faire dans ce domaine à partir de nombreuses analyses que nous avons conduites dans nos publications.

De la même manière, les héritiers colonialistes de ce régime monétaire, uniquement préoccupés comme leurs devanciers pour tirer profit le plus longtemps possible des avantages mécaniques attendus de cette pratique, auront choisi d’en faire une recette- maison, entretenue comme un piège qui reste planifié contre les colonies puis les pays qui en seront issus.

Par conséquent, ces héritiers colonialistes sont encore moins bien placés pour comprendre davantage dans ses diverses manifestations le mécanisme réel d’expropriation qu’ils héritent de leurs ancêtres.

Il est donc compréhensible que la peur de perdre un si grand avantage colonialiste et esclavagiste, de surcroit à leurs yeux caché, les amenait à s’autoriser toute forme de répression et d’excès contre toute personne osant s’aventurer dans le sens de ce qui pourrait leur paraître de nature à leur faire perdre un tel avantage, qui se trouve être criminel parmi des plus injustes et inhumains qui ait existé.

Ainsi, l’histoire continue à présent dans son décompte macabre des victimes de la France officielle, qui déclare ne pas avoir d’amis mais rien que des intérêts.

Il est donc important de se référer à l’histoire de la France, afin d’en dévoiler les parties cachées officiellement et d’établir la réalité des excès que la France aura administrés aux pauvres citoyens du tiers monde en Afrique, soit par ignorance, soit par cupidité et avidité du gain. A défaut de réparer ces excès, elle pourrait au moins s’amender, quand elle n’estimera pas que cela n’est pas conforme à son rang dans la chaine de valeur des grandes puissances prédatrices du monde.

 

11.  Les pays de la zone franc : comment se ramener à l’évidence d’un système qui appauvrit ?

Nous venons de comprendre, qu’en toute objectivité, les chefs d’état des pays de la zone franc ne sauraient être crédités d’une connaissance particulière d’une zone monétaire qui leur est imposée et dont ils sont utilisateurs des instruments, qu’ils y ont découverts pour la première fois dans leur usage quotidien.

A leur décharge, ils rejoignent leurs devanciers français également utilisateurs d’un régime monétaire, qui aura été également hérité des pratiques durant plus de quatre siècles aux mains des Rois dans le Royaume de France, au moyen-âge, de 1360 à 1795, avant d’être aboli par le décret du 18 Germinal An III (7 avril 1795), puis réhabilité en 1945 par le Général De Gaulle selon les intérêts liés aux circonstances que nous avons déjà expliquées relativement à la colonisation. Ces devanciers, ainsi que nous l’avons établi plus haut, auront chacun gardé de cette pratique monétaire les avantages qu’elle lui procure en tant que troisième voie de financement du Trésor Royal au moyen d’importants droits de seigneuriage.

Cependant, il reste clair pour ces autorités monétaires, que ce régime qui n’aura jamais constitué un système théorique, qui serait dès le départ conceptualisé, puis conçu et mis en œuvre pour ensuite être évalué, aura été plutôt retenu comme une recette- maison issue d’un héritage ancestral, mise en place sous les conseils donnés au Roi par des gens qui étaient recrutés parmi les plus grands manipulateurs, banquiers et orfèvres, dans l’Europe du moyen-âge, et entretenue depuis lors comme un piège, qui reste planifié contre les colonies puis les pays qui en sont issus. Par conséquent, aucun des utilisateurs successifs de ce régime monétaire à deux monnaies n’aura réfléchi aux inconvénients liés à ce type de prélèvement monétaire qu’il permet à travers les droits seigneuriaux.

Malgré cela, la France, comme auteure du dispositif, dans sa suprématie guerrière doublée d’une arrogance condescendante, fera de ce régime monétaire, qu’elle sait dangereux, l’usage qu’elle voudra, dans le sens d’un renforcement des avantages cachés que ce dispositif lui procure, y compris en faisant du sujet du F CFA un sujet tabou, que nul n’oserait aborder sérieusement, au risque de s’exposer à la foudre de Paris comme d’une justice normale.

En conclusion, à l’analyse, jusqu’ici inédite avant nos travaux, le système monétaire médiéval, fondé sur la livre et l’écu et ressuscité en un système fondé sur le franc et le F CFA, constitue une procédure pratique de doter l’économie d’un système de mesure de la valeur, la livre, comme le franc, constituant l’étalon de mesure, et l’écu, comme le F CFA, constituant un unité usuelle de mesure. Ainsi, la pratique du Roi consistait, en réalité, à créer une nouvelle unité de mesure, toujours plus petite que la précédente et qui était remise à la population en échange de la grande unité de mesure. Bien évidemment, le Roi gagnait la différence, la population étant livrée à la diminution évidente des mesures et du poids. Ainsi, en dotant l’économie d’une théorie de la mesure, il apparait que le Roi pratiquant de la fraude.Dr. Lamine KEITA

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