Koutiala : Cotonculteurs et CMDT à couteaux tirés

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La CMDT au creux de la vague : 271 déflatés réclament leurs droits de licenciementRien ne va plus entre les cotonculteurs et la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). La situation a atteint un seuil critique, amenant la Coordination des chefs de village à s’impliquer. Ainsi, le samedi 7 novembre 2015, cette coordination, avec à sa tête Madou Coulibaly, s’est réunie dans l’enceinte de la mairie de Koutiala. Parmi les décisions retenues, à l’issue de cette rencontre, on retient l’engagement des producteurs à se battre pour amener la Direction de la Cmdt à retirer sa plainte. Pour se faire entendre, les cotonculteurs, à l’image de Gaoussou Sanogo, sont prêts à brûler leur coton que de le vendre à la Cmdt, si le PDG Kalifa sanogo ne retire pas sa plainte contre les producteurs, avant le 12 janvier 2016, date du procès.

Incapable d’apporter des réponses idoines à leurs préoccupations, et voulant maintenir les cotonculteurs dans un rapport de dominant-dominés, le PDG de la Cmdt Kalifa Sanogo, a préféré user de sa position pour embrigader et emprisonner ceux sans lesquels, le Mali ne serait pas un géant du coton. Le PDG de la Cmdt a porté plainte le 22 octobre 2015 contre une dizaine de cotonculteurs dans le cercle de Koutiala (région de Sikasso) pour « refus d’évacuation de coton graine », qui du reste, n’est que leur propre production. En signe de protestation, les cotonculteurs ont décidé de ne plus vendre leur coton à la Cmdt, jusqu’à la date du procès prévu pour le 12 janvier 2016. Sauf si la Cmdt accède à leur exigence de retirer illico presto sa plainte indigne de bonne gouvernance du secteur cotonnier du Mali. En outre, les cotonculteurs ont un certains nombres de revendications, entre autres: le paiement des ristournes que la Cmdt leur doit ; le renouvellement des instances de l’UN-SCPC (Union nationale des sociétés coopératives des producteurs de coton) de la base au sommet et la destitution des responsables de l’introduction d’engrais frelaté au Mali.

Ainsi depuis quelques semaines, dans la capitale de l’or blanc (Koutiala), le torchon brûle entre les cotonculteurs et la Cmdt. Tout est parti de l’arrêt de la commercialisation par les cotonculteurs du coton à la Cmdt, indique Gaoussou Sanogo, le président de l’union communale de Sincina. En effet, le 17 octobre dernier, à l’issue de l’Assemblée générale du Collectif des producteurs de coton de la Filiale Nord-Est Cmdt Koutiala, les participants (au moins 2750 cotonculteurs), ont décidé du « paiement dans un délai raisonnable des ristournes dus aux producteurs de coton, la dissolution pure et simple du bureau de l’UN-SCPC et le renouvellement des instances de l’UN-SCPC de la base au sommet, la dissolution de la commission d’appel d’offres des intrants agricoles, la destitution des responsables de l’introduction d’engrais frelaté et le refus de livrer leurs cotons à la Cmdt », avant la marche des producteurs de coton qui était prévue pour le 30 octobre 2015 à Bamako, marche qui fut refusée par le maire de la commune III de Bamako, Abdel Karim Sidibé. Il n’en fallait pas plus, cette décision de refus de commercialisation du coton a provoqué les courroux du PDG Kalifa Sanogo, qui porta plainte contre onze cotonculteurs le 22 octobre 2015 dans le cercle de Koutiala. Conséquemment à cette plainte, suivie d’interpellations de cotonculteurs par la gendarmerie, les paysans ont adressé au PDG de la Cmdt à la même date, une lettre d’avertissement à celui qui les traite désormais en ennemis, comme s’ils étaient de vils bandits de grands chemins.

Plaidoyer des chefs de villages pour les producteurs

Voyant cette situation qui ne profite à personne, la Coordination des chefs de villages et de quartier, comprenant plus de 200 chefs de villages et un bureau de 25 membres, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle a, en effet, organisé une rencontre le samedi 7 novembre 2015, à la mairie de Koutiala pour se pencher sur la question et trouver une solution idoine. La rencontre a regroupé une centaine de participants. « C’est avec inquiétude que nous tenons cette réunion. Et raison pour laquelle nous sommes dans l’optique d’envoyer un message à la Cmdt pour qu’elle retire sa plainte. Nous (les chefs des villages et des quartiers) avons jugé nécessaire de nous impliquer dans cette affaire pour un dénouement heureux. J’invite la Cmdt à instaurer un dialogue avec les cotonculteurs avant que la situation ne dégénère. Tout le problème  tourne autour des ristournes. Nous invitons également les cotonculteurs à écarter toute sorte de violence. Nous voulons le dialogue et la paix dans cette affaire », a souligné le président des chefs de village et de quartier, Madou Coulibaly. Selon lui, cela n’est pas une pression sur la Cmdt qui a le soutien de l’Etat. Au cours de cette réunion, la Coordination a décidé de poursuivre son plaidoyer pour amener la Direction de la Cmdt à retire sa plainte et à payer les ristournes des producteurs de coton. Pour sa part, Tchanzé Coulibaly, chef de village de Koutiala a souhaité l’implication de tout le monde, du président de la République, du gouvernement, de la Cmdt, de l’Un-Scpc pour le paiement des ristournes. « On fera tout pour avoir nos ristournes », a-t-il dit. La majorité des participants à cette réunion ont déploré la plainte de la Cmdt car, selon eux, jamais dans l’histoire de la Cmdt, aucun cotonculteur n’avait été assigné en justice par la Direction de la Cmdt. C’est une « grande première », ont-ils dit. Selon des cotonculteurs, c’est l’Un-scpc qui est la véritable initiatrice de la plainte et non la Cmdt. Lors de la réunion, les débats ont été quelques fois houleux entre ceux qui sont pour la vente du coton à la CMDT et ceux qui sont contre. L’écrasante majorité des participants à la réunion campe sur la décision de ne pas commercialiser le coton à la Cmdt, tant qu’elle ne retire pas sa plainte contre les contonculteurs.  « J’ai 40 hectares dont 11 en coton. Aujourd’hui je peux vendre 15 tonnes de cotons à la Cmdt, mais je préfère brûler mon coton tant que nos ristournes ne sont pas payées. Qu’elles soient entre les mains de la Cmdt ou de l’Un-Scpc, nous voulons le payement de nos ristournes, faute de quoi, la lutte continuera », a souligné Gaoussou Sanogo. La qualité de l’engrais n’est pas demeurée en reste. Gaoussou Sanogo a fait savoir qu’il y a des preuves palpables que l’engrais n’est pas de bonne qualité. Plusieurs autres personnes sont du même avis que lui, comme Tchanzé Coulibaly de Koutiala, Sékou Dembélé de Medina Coura de Koutiala, Mamadou Sanogo de Sanga 1, Mamadou Coulibaly de Ouolobougou et bien d’autres. « Il faut écarter la politique dans cette affaire et se focaliser sur l’amélioration des revenus des cotonculteurs. Ceux qui sont à la base de l’introduction de l’engrais frelaté au Mali doivent être démis de leurs fonctions », a indiqué Sékou Coulibaly, chef de quartier de Medina Coura de Koutiala. Mamadou  Sanogo de Sanga 1 et Mamadou Coulibaly de Oulobougou ont tous exigé le paiement des ristournes et le retrait de la plainte de la Cmdt. Les plus hautes autorités sont donc interpellées pour trouver une solution à cette affaire, qui est une éminente question de gouvernance du secteur coton.

Aguibou Sogodogo, de retour de Koutiala.

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7 COMMENTAIRES

  1. Bonjour chers tous, je pense que le journaliste fera mieux de donner la bonne information aux lecteurs, demander à Gaoussou, c’est quoi le système de ristourne entre la cmdt et les producteurs de coton?
    Après l’atelier sur la relance de la culture du coton au Mali, il ressort des recommandations de cet atelier de mettre sur place un mécanisme de remboursement de complément de prix au cotonculteurs à la fin de chaque campagne lorsque le prix du coton au marché mondial dépasse le prix fixé avant la campagne, par contre lorsque le prix fixé n’atteint pas, les producteurs doivent rembourser un complément à la cmdt à travers un compte financé par l’Union Européenne qu’on appelle fonds de soutien.
    lors de la campagne 2014-2015, le prix que la cmdt a donné au producteurs de coton, le prix du marché mondial a été inférieur de ça de 6Fcfa, alors le fonds de soutien doit rembourser la cmdt de 3 milliards, comment peut-on parler de ristourne dans ces conditions. Gaoussou confond le ristourne au dividendes. c’est pourquoi je pense que Gaoussou doit être enfermé pour trouble à l’ordre public.
    Je pense qu’avec l’internet de nos jours, le prix du coton est accessible et peut faire l’objet de vérification à tout moment.
    Alors Monsieur le journaleux, le ristourne c’est lorsque y a différence significative positive sur le prix, le dividende c’est quand il y a bénéfice. ne vous hasarder sur un terrain que vous ne connaissez pas.
    vive le Mali au service du peuple

  2. Quel journaliste malhonnete.La CMDT a assigne le groupe dit des 12 parcequ’ils ont menti que la CMDT doit payer la ristourne aux paysans, ce qui est faux. A la fin de la journee vous les journalistes serez tous poursuivi pour diffamation. Wait and See

  3. Kalifa SANOGO n’est plus productif, il doit être remplace a la CMDT. IBK doit arrêter de nommer les retraites dans certains postes de responsabilités. En général, ils constituent des tas de problèmes et non des solutions comme attendu dans les perspectives. Ils sont et restent certes des personnes ressources; personne ne peut nier cela. Mais ils ne doivent plus etre au devant des scènes au risque d’entraver l’élan de développement ce qui est très frequant dans notre pays. Ils s’érigent en indispensable, refusant de transmettre leur expérience aux autres.

  4. Vers les années 2000, nos parents sont revenus a la culture du cotton grace au courage et l’abnegation du PDG de la CMDT de l’epoque; son execelllence Mr Tiena COULIBALY actuellement embassadeur du Mali aux USA. A son temps, sans son courage, aujourd’hui on ne serait pas a ce niveau de performance. Tout simplement parce qu’il y’avait une terrible crise de confiance entre les producteurs et les responsables de la CMDT avant Mr COULIBALY. Et il est passe de village en village et de hameau en hameau pour sensibiliser nos parents. J’ai même une fois pris part a une rencontre ou les débats étaient échauffés entre eux.
    Ce même B.TOGOLA demotivait nos parents en son temps et aujourd’hui son clan n’étant pas apprécié en tout cas pour les primaires de l’APCAM dont il est l’actuel mollard par la majorité dans la zone de Koutiala et de Kimparana filiales les plus productrices selon les derniers statistiques; il veut s’afficher autrement et malheureusement cela n’est pas dit dans les débats. Nos parents n’ont pas de celons de droits a recevoir de qui que se soit. Même s’ils ne sont pas a aller a l’école majoritairement; Ils sont civilises, ils sont honnêtes, ils sont disciplines, ils sont gros travailleurs et ils détestent le détournement du dernier public car vivant de leur propre sueur. Ils préfèrent la mort que la honte.

  5. L’état doit prendre ses responsabilités et ce ne pas en enfermant nos parents qu’il pense s’assumer. Pour moi le dialogue social devrait résoudre ce problème. La vertu principale de la justice est le maintien de la stabilité sociale. Malheureusement la loi dans son applicabilité est toujours sur les faibles. Les forts ont toujours les moyens de s’en défaire surtout dans le domaine de la ventrologie politique et de la démagogie. Laisser nos parents en paix. Ils ont beaucoup de travaux champêtres a faire que subir des tortures politiciennes. Expliquez les ce que vous attendez d’eux et prenez en compte leurs propositions dans la mesure du possible pour aller vers l’essentiel qui est le développement du pays et non les soumettre a des traitement inhumains.

  6. Je suppose d’abord que cette situation n’est pas politique. Effectivement je me rappelle du 13e mois des agents de la CMDT suite a la performance naturellement de nos parents avec 14 Milliard de bénéfice. C’est ne pas a ces fils dignes du pays qui gagnent tres honnêtement leur vie que certains demagoges et assoifes de pouvoir veulent enseignes des leçons de bonnes conduites. Pire encore en cette periode tres coincée des récoltes on ose les assignes en justice les empêchant de faire leur travail pour les imposer des tortures électives dans l’obscurité au compte d’un certain Bakary TOGOLA; ce qui n’est jamais ete dit dans les débats devant tout monde. Ce ventrologue de TOGOLA est en train d’opposer nos parents dans les milieux ruraux avec la grace du RPM ou il veut virer recemment pour se maintenir dans son poste pendant qu’il etait tout recemment PDES devant nous tous ici. Ce fameux PDG de la CMDT de K. SANOGO etant bien en retraite apres de longues annees au PNUD (un baron de RPM dans la zone de Sikasso) etait suppose etre un ouf pour nous puisque etant natif de la zone bien entendu est en train de nous decevoir. Helas!

  7. C’est quand même fou d’enfermer un paysan en prison pour sa production sachant bien que c’est sont les mêmes paysans qui chargent les camions de coton.Faut arreter de penser que les paysans vivent sur une autre planète. On dit qu’ on peut obliger quelqu’un de fermer ses yeux mais on ne peut pas l’obliger à dormir.Voila qui est dit.
    Tous les cadres de la CMDT ont reçu leur 13ème mois de salaire à cause des 14 milliards de benefice réalisé sur le dos des paysans qui ne font que demander leurs ristournes.
    Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités pour eviter un precedent des années 2000 où la CMDT a eu les pots cassés après le refus des paysans à cultiver le coton.
    Ce même Bakary TOGOLA était un des instigateurs du soulèvement des paysans. Aujourd’hui, il ya une fronde contre son clan par une majorité de paysans à Koutiala qui est la filiale la plus productrice;
    L’Etat doit prendre ses responsabilités en ne prtegeant personne contre la verité.

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