Comprendre le franc CFA en quatre questions

31 Août 2017 - 06:28
Mis à jour: 9 ans
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Comprendre le franc CFA en quatre questions
franc CFA
En mettant le feu un billet de 5 000 FCFA lors d'un rassemblement il y a dix jours à Dakar, le polémiste Kémi Séba a relancé un débat brûlant. Le Franco-Béninois, très controversé, proche de certains membres de l'extrême droite française, a finalement été relaxé mardi 29 août par la justice sénégalaise. Mais ce geste a suscité une avalanche de réactions sur le CFA, la dernière monnaie coloniale encore utilisée. ■ Comment fonctionne le franc CFA ? Depuis les accords de Bretton Woods de 1945, le franc CFA est la monnaie commune de la zone franc. Cette zone comprend 14 pays répartis au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) auxquels s’ajoutent les Comores. Près de 155 millions de personnes utilisent le franc CFA. Au moment de sa création, l’acronyme signifiait « Franc des Colonies françaises d’Afrique ». Par la suite, il est devenu le franc de la Communauté financière africaine pour les Etats de l’UEMOA et le franc de la coopération financière en Afrique centrale pour les pays de la CEMAC. Dans chacune de ces deux zones, une banque centrale est chargée de régir la politique du franc. Il s’agit de la Banque des Etats d’Afrique de l’Ouest pour l’UEMOA, et de la Banque des Etats d’Afrique centrale pour la CEMAC. Depuis 1945, la Banque de France est le troisième acteur de ce système monétaire. Le franc CFA est arrimé à l’euro selon une parité fixe décidée par la France. En contrepartie, les pays de la zone franc ont l’obligation de déposer 50 % de leurs réserves de change au Trésor français. C’est aussi en France que sont imprimés les billets de francs CFA, à des milliers de kilomètres des banques centrales africaines. ■ Quelles conséquences pour les pays de la zone franc ? Le système garantit aux pays africains concernés la possibilité de convertir le franc dans n’importe quelle autre devise et garantit également la stabilité de la monnaie. Comme le franc CFA est indexé sur l’euro, pas de brusques dévaluations possibles. Toujours à cause de ce lien avec l’euro, le franc CFA est une monnaie plutôt forte, ce qui facilite les importations. En revanche, les pays de la zone franc sont pénalisés pour les exportations. ■ Quelles sont les critiques portées par les opposants à ce système ? En plus de 70 ans, le franc CFA a essuyé de nombreuses critiques. Les opposants à cette monnaie commune estiment qu’elle est la preuve d’une « survivance coloniale ». L’économiste Kako Nubukpo dénonce la « servitude monétaire » issue de l’obligation pour les pays africains de déposer 50 % de leur réserve au Trésor français. « Le mécanisme d’assurance qu’offre le Trésor français à la zone franc est un mécanisme qui permet de s’assurer contre les défaillances de la gouvernance économique et politique en Afrique. Ce n’est pas un mécanisme qui peut permettre à l’Afrique d’enclencher sa transformation structurelle. Donc, cette question de la souveraineté monétaire de l’Afrique est une question cruciale ». Pour l’économiste, trois choses posent problème : le franc français n’existe plus, pourquoi le franc CFA existe donc encore ? Pourquoi les billets de banque CFA – fabriqués uniquement en France – ne peuvent-ils pas être fabriqués en Afrique ? Enfin, la BCEAO, comme la BEAC en Afrique centrale sont désormais indépendantes des Etats et elles vont s’inféoder un ministère d’un pays étranger, le ministère français des Finances pour gérer le franc CFA. « La France, une ancienne puissance coloniale, fait circuler sa monnaie dans 15 pays alors même qu’elle ne l’utilise plus, c’est une situation exceptionnelle », s’insurge l’économiste Martial Ze Belinga. Les deux experts voient également dans cette monnaie un frein au développement des pays de la zone franc. L’arrimage à l’euro, une monnaie forte, empêcherait les Etats de proposer des prix compétitifs au détriment des exportations. L’économiste Carlos Lopes, lorsqu’il était encore secrétaire général adjoint de l’ONU, a fait sensation en remettant en cause le franc CFA de manière publique. Dans un entretien à RFI, il a qualifié les mécanismes du franc CFA de « désuets ». « Il faut que le mécanisme soit dynamique. Il ne faut pas voir la composition et les caractéristiques actuelles, parce qu’elles ne sont pas de nature à répondre à la dynamique des croissances et à la dynamique internationale économique », expliquait-il alors. Pour lui, la stabilité des taux de change a eu ses avantages, mais « la consommation interne est devenue la plus importante des composantes de la croissance » dans les régions de la zone franc, rendant cette politique des taux fixes handicapante. Il reste cependant persuadé qu'« une zone monétaire est un atout », mais qu’il faut se pencher sur les caractéristiques de cette zone monétaire : « Quelle politique est associée à cette zone monétaire ? Comment on utilise les réserves ? Comment on fait en sorte qu’il y ait un peu plus de contribution des politiques monétaires à la transformation structurelle ? » Pour Carlos Lopes, « le débat doit être un débat de fond et pas un débat idéologique ». Dans des pays où les secteurs agricoles sont fragiles et le secteur industriel souvent embryonnaire, les économies des pays de la zone franc sont engagées dans des transformations structurelles importantes. « Il faut que la monnaie accompagne ces politiques avec des mesures spécifiques. Actuellement, les mesures ne sont pas d’accompagnement, mais plutôt immuables, où l’on essaie de protéger les pays de la zone », jugeait Carlos Lopes en octobre dernier. Quels avantages pour la France ? Le système permet de garantir un cadre sûr dans une zone où la France a beaucoup d’intérêts économiques et de liens commerciaux. D’ailleurs, l’indexation du franc CFA sur l’euro et le fait qu'il soit une monnaie forte facilitent les investissements d’entreprises françaises en Afrique. Plusieurs économistes précisent en revanche que Paris ne gagne pas d’argent avec les fameux 50 % des réserves obligatoirement déposés en France. Cette somme se trouve à la Banque de France. Tous les ans, l’institution reverse les intérêts aux pays africains. Et il existe un taux minimum fixé en 2013 : 0,75 %. Concrètement, cela signifie que les pays africains ne peuvent pas toucher moins, même si le taux d’intérêt officiel est plus bas. C’est le cas en ce moment, le taux se situe autour de 0,25 %.

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Commentaires (16)

User
isi Debri
isi Debri 9 ans
Maliennes,maliens,avez vous la mêmoire courte? Vous aviez bien votre propre monnaie. Le fameux franc malien.La guinée Conakry aussi. Pourquoi êtes vous revenus au franc CFA? S’il y a des pays qui protestent contre le franc CFA ça ne doit surtout pas être vous.
keefer
keefer 9 ans
Mille mercis Blocus. Nos dirigeants actuels sont des demeurés incapables sans vision pour le bien de leurs peuples figés dans la misère. Vivement la désobéissance civile.
TOURE
TOURE 9 ans
lors monnaie coloniale il qui lui pour nous dis se que ont doit faire il Croyez plus intelligence qui Afrique 5000 f CFA peu nourris en Familles non franchement il rendez pas honte il me dans sa tête quoi moi aussi fait quelque voila se tous mais franchement L'Afrique elle Belle mais foute nous peux tu vie plus Europe il connais d’Afrique rien dis il va la ba vacance, les combat ont d'abord Afrique
TOURE
TOURE 9 ans
pour moi c'est une faut débat Afrique se unis pour une seule moné mais vous revêt ou quoi joue pas a ça pour c'est une black pour organisée ça demande pour L' Afrique se travail qui demande 50 an encore pas sur des' africain se mis d’accord ça se dis travailles a faire
RINZ
RINZ 9 ans
Faire du bruit autour du CFA n'avance pas le problème.. Si les pays qui utilisent cette monnaie se sentent murs , que les spécialistes se retrouvent pour penser au problème et le résoudre Il y a deux banques et des économistes certainement capables il faut rappeler que le CFA de la zône UEMOA est géré par la France il se porte bien Le CFA de la zône CEMAC est géré par la banque BEAC a récemment failli être dévalué ,il a fallu que le FMI intervienne pour redresser la situation... Intéressant aussi de savoir qu'un taux plancher existe fixé à 0.75% alors que taux officiel est de 0.25%..Cela veut dire que la Banque de France ou le trésor français verse 0.75% sur l'argent déposé par les états..cela doit représenter pas mal d'argent ATTENTION GERER UNE MONNAIE TOUCHANT 155 millions de personnes est une lourde responsabilité
wsr
wsr 9 ans
"Si les pays qui utilisent cette monnaie se sentent murs , que les spécialistes se retrouvent pour penser au problème et le résoudre" µLes spécialistes ne font que ça: ils écrivent les livres qui dénoncent le franc des colonies franSSaise d'afrique, ils proposent des solutions, ils démontrent que personne ne se développe avec la monnaie d'un autre, ils font des conférences, des interviews, des documentaires etc... Le problème n'est pas les spécialistes, mais nos fougaridens de sous dirigeants!
RINZ
RINZ 9 ans
Wsr Cette fois tu charges les dirigeants de nos pays c'est vrai qu'ils devraient agir Mais ta ire était plus dirigée contre la France alors que de ce côté je suis sur qu'il n'y aura pas de freins.. J'ai même compris que la France versait 0.50% d’intérêts sorti peut-être de ses caisses !!!
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