France-Afrique : quand le modèle Rwandais contrarie grandement la France

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A l’aube des indépendances, sous nos tropiques, beaucoup de grands et visionnaires dirigeants africains ont vu leurs rêves d’autonomie et de souveraineté voler en éclats suite à des rébellions irrédentistes et des guerres multiformes instrumentalisées et entretenues par des ex-puissances coloniales. Si le Rwanda, ex colonie Belge, est loin d’être une exception à cause de son dramatique génocide en 1994, il a su, à la différence de beaucoup d’autres, tirer les leçons de ses erreurs en rendant son présent rayonnant et son avenir plus que prometteur. Le Rwanda a manifestement démontré avec maestria que l’Afrique noire ne rime pas qu’avec famine, coups d’Etats et autres guerres en tous genres mais aussi avec émergence, développement et cohésion sociale.

En effet, après la guerre civile soldée par un tragique génocide des Tutsis, le front patriotique Rwandais, sous le leadership d’un certain Paul Kagamé, réussit à évincer le régime génocidaire en 1994 et à insuffler une nouvelle dynamique au pays. Si la complicité notoire du pouvoir français présidé à l’époque par François Mitterrand a éteint les relations entre le Rwanda et une France qui n’admettait pas sa responsabilité, le jeune Kagamé et son régime se sont résolus à ne plus cheminer avec cette France. Ainsi, dans une vision dictatorialement fondée sur une ambition chauvine de refonder la nation Rwandaise, Paul Kagamé, élu en avril 2000 comme président de la république, s’est érigé en vrai visionnaire intrépide, à l’image d’un Thomas Sangara. Sa volonté de moderniser et d’optimiser tous les secteurs vitaux du pays, la promotion des nouvelles technologies, l’émancipation des femmes, l’utilisation à bon escient des grandes compétences Rwandaises et africaines, l’hyper valorisation du tourisme, une intelligente adaptation à l’incontournable réalité que devient la mondialisation avec le basculement de la langue officielle qui était française à la langue du commerce mondial l’anglais, etc. Toutes choses qui ont fait de ce petit pays subsaharien, autrefois au tréfonds de la destruction, un grand exemple de réussite qui inspire beaucoup de pays africains francophones, au grand dam de la France. La future adhésion du Gabon, un des importants pré-carrés français jadis très soumis, au Commonwealth prouve qu’un vent d’Est se prépare et ne tardera pas à faire de la francophonie l’espace des anachroniques vu la stabilité et le dynamisme économique des ex-colonies britanniques. Par ailleurs, le Rwanda de Paul Kagame est sur le point de devenir le symbole de la réussite économique typiquement noir africain, rétive à toute ingérence extérieure surtout française et cela à un moment où le sentiment anti-français frôle le paroxysme sur le continent. Le 27 mai 2021, lors de la visite officielle du président Emmanuel Macron à Kigali, Paul Kagamé, l’icône africaine, a écrit une autre page de sa légende en ne manquant pas une seule occasion pour rabaisser son hôte, suscitant l’extase du nombre exponentiel d’africains anti politique française. En définitive, malgré les tentatives de repositionnement géostratégique de la France au Rwanda depuis des années, les dés sont jetés et la plupart des ex-colonies françaises aspirent au modèle de réussite économique rwandais, qui exclut sans détour le vampirisme néocolonialiste.

Ousmane Tiemoko Diakité

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1 commentaire

  1. C’est un article qui idéalise le Rwanda. Certains points sont exacts, mais :
    – tous les pays sérieux (Japon, Corée, Chine… chacun à son époque) se développent très vite. Le mécanisme de ce rattrapage est décrit dans mon article : https://www.yvesmontenay.fr/2019/01/24/croissance-il-ny-a-pas-de-miracle-chinois/
    – les pays francophones se développent plutôt plus rapidement que les pays anglophones : si le Rwanda et le Kenya se développent honorablement, d’autres sont en chute libre comme le Soudan du Sud, le Zimbabwe et dans une moindre mesure la Tanzanie
    – de toute façon toutes les langues permettent le développement : le Japon s’est développé en japonais, la Corée en coréen, la Chine en mandarin, l’Allemagne en allemand etc.… Et la Suisse, champion du monde, en quatre langues !
    – changer la langue d’enseignement, c’est mettre à la poubelle toutes l’élite. N’oubliez pas qu’au Rwanda le changement de langue d’enseignement date du début des années 2000, donc les adultes n’ont pas encore changé de langue. Et et le problème, au Rwanda, est différent de celui des autres pays africains, puisqu’il y a une seule langue nationale le kirwanda. C’est dans cette langue que le Rwanda se développe

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