Pêche à Koulikoro : Quand les aléas climatiques et des activités humaines font fuir les poissons.
Une visite de terrain sur la berge du fleuve Koulikoro nous permet de constater la détérioration du fleuve Niger qui traverse Koulikoro. De nombreuses pirogues occupent la berge, des groupes sont formés et occupés à l’extraction du sable qui est ensuite acheminé sur Bamako, la capitale. De jeunes saisonniers venus de part le pays participent à cette activité qui semble dorénavant remplacée la pêche.
Sur le fleuve, on voit également quelques petits bateaux qu’on nous explique être là pour, soit recherché l’or ou extraire du sable du fleuve.
Selon Ousmane Fofana, un chef ‘Somono’ ( pêcheur) de Koulikoro, depuis une décennie, la pêche s’est détériorée, et elle n’est plus rentable.
“ Il y a de cela une dizaine d’années, on faisait de grosse prise dans le fleuve. Nous pouvons avoir 30 à 40 gros poissons par jour dans nos filets et de très gros poissons. Malheureusement, avec la présence des teinturiers qui déversent des produits toxiques dans le fleuve, et l’extraction de sable à outrance, les poissons n’ont plus le temps de pondre, c’est à peine si nous parvenons à avoir 5 à 6 poissons par prise”, déplore-t-il.
Ses propos sont corroborés par ceux de Kadiatou Fofana, revendeuse de poissons. Elle soutient également que la pêche est désormais menacée à cause de la pollution et que le poisson se fait rare et cher sur le marché.
La pêche occupe près de 7% de la population active au Mali,et représente 2,4% de son PIB.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net