Société minière de Loulo (SOMILO) : De l’exploitation de l’or à l’abus de pouvoir

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La Société minière de Loulo (Somilo) appartenant au géant Randgold Resources, en plus de l’exploitation de l’or, semble être passée maître dans le brigandage. Nous révélions dans notre parution n°170 du vendredi 4 décembre 2015, le refus de la direction de la Somilo à se plier à une décision de justice rendue contre elle dans l’affaire qui l’oppose à la société Dial BTP. Cette décision qui a été rendue suite à un abus de pouvoir contre la société Dial BTP, n’est donc pas le seul cas d’abus. En effet, une autre victime de la Somilo nous raconte sa mésaventure. Il s’agit de  l’Entreprise Amagono Dougnon (EAD) appartenant à Amagono Dougnon.

 

En 2008, la Somilo à travers son prestataire de l’époque «AFRILOG», spécialisé dans l’achat, la logistique et le transport, lance un appel d’offres pour la livraison de sable. Après avoir postulé, l’EAD remporte le marché. Par le bon de commande N°ACR 08563 du 21 mars 2008, «AFRILOG» autorise monsieur Dougnon à livrer  6500 m3 (mètre cube) de sable à la Somilo. Pour exécuter le marché,  en plus de ses 3 camions Benz, Dougnon loue 3 autres camions. Il convient avec le propriétaire des 3 camions Benz et la cinquantaine d’ouvriers de les payer après le règlement de sa facture par la Somilo.

Après plusieurs semaines de boulot, l’entreprise «EAD» livre les 6500m3. Comme convenu, le sieur Amagono Dougnon dépose la facture de la prestation N°088 le 20 mai 2008, qui s’élève à 53,600 millions toutes taxes comprises.  À sa grande surprise, la Somilo refuse de lui payer son argent, sans raison apparente. Toutes ses démarches auprès de la direction de l’époque sont restées infructueuses. Au même moment, la pression des ouvriers et du propriétaire des 3 camions loués devenait  très grande sur les épaules de Dougnon. La patience ayant des limites, ceux-ci le convoquent devant les autorités judicaires de Kéniéba. Malgré  un délai de grâce qui lui a avait été accordé par la justice, il n’arrivera pas à payer les ouvriers. Ces 3 camions ont alors été saisis et vendus pour payer  les ouvriers et le propriétaire des camions loués. Le comble dans cette affaire, c’est que l’argent issu de la vente des camions de Dougnon n’a suffi qu’à payer une partie de sa dette. Il était encore obligé de vendre sa maison pour faire face à ses créanciers. Aujourd’hui, il est sans domicile et court toujours derrière son argent.

À la question : pourquoi n’a-t-il pas porté plainte contre Somilo ? «Il déclare n’avoir pu le faire pour la simple raison que, ruiné, il ne pouvait faire face financièrement à un procès. Après plus de 7 ans, Dougnon court toujours après son argent.  Il lance un cri de cœur aux autorités et à la nouvelle direction pour qu’il puisse être remis dans ses droits».

Ce énième scandale vient prouver combien de fois la Société minière de Loulo (Somilo), à travers ses dirigeants, piétine les droits d’autrui. Question : Somilo doit-elle défier les lois de la République ?

Fombus

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