Edito : La médaille, un mérite ou une récompense politique ?

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Qui n’était  pas fier de  voir défilés nos vaillants médaillés de l’indépendance, qu’ils soient militaires ou civils, arborant leurs précieuses décorations  comme des trophées de guerre lors des fêtes  nationales ? Qui ne s’est pas senti  honoré quand les braves   anciens combattants, reconnus à travers leurs médailles, nous racontaient leur  périlleuse aventure qui a permis  de libérer la France de la domination Nazie  et dont ils sont les rarissimes survivants ? Jusqu’à une période récente la médaille symbolisait la bravoure. Elle était la récompense du mérite et n’était décernée qu’aux citoyens qui se sont distingués dans leurs domaines de compétence par leur assiduité, leur sérieux  au travail et leur sens de la patrie. Elle était attribuée aux quelques commis  qui ont servi l’Etat avec abnégation,  patriotisme, intégrité morale et désintérêt. Au sein de l’armée, elle n’était donnée qu’à ceux qui ont défendu la patrie  et l’intégrité du territoire souvent au prix de leur vie.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Elle est tout simplement vidée de son contenu et est  tout sauf ce qu’elle fut quand le Mali accéda à l’indépendance. Sous nos régimes dits démocratiques, la médaille  est loin de ce qu’elle a été sous la deuxième République du Général Moussa Traoré. Au regard de ce que nous observons aujourd’hui, elle a été préservée pour l’essentiel sous Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, mais  vidée de sa substance sous IBK.  Sinon comment comprendre qu’on puisse  décerner la médaille  à ceux qui se  ne sont fait remarquer que dans la délation, le dénigrement,  la versatilité et les injures ? Qui ne se rappelle pas  des vidéos virulentes et à la limite indécente, d’un  leader religieux contre le régime  IBK, le qualifiant de tous les noms d’oiseaux de mauvais augure,  avant de faire un virage à 180 degré pour le soutenir ? Que dire de ces activistes et autres artistes  auxquels on a décerné des médailles et dont le seul mérite a été la diffamation, le dénigrement des leaders de l’opposition et le soutien sans faille au régime IBK. Et ces autres cadres de l’administration qui sont  récompensés par des médailles pour avoir  mouillé le maillot pour le prince du jour  en sacrifiant très souvent  l’intérêt public au profit de celui d’un homme et de son clan.

Le mérite  de la plupart de ces médaillés   serait certainement  d’avoir soutenu la candidature du Président IBK.  Sinon ils sont très rares  parmi les récipiendaires, ceux qui se sont  distingués  par des hauts faits, ou d’actes de bravoure.

Par cette manière de récompenser,  l’on est en train de sacrifier l’excellence sur l’autel de la médiocrité et du copinage. En décernant la médaille aux moins méritants, les autorités tuent l’engouement au travail, le dévouement, l’intégrité, la loyauté et le  don de soi.  Elles encouragent aussi  la fainéantise, l’opportunisme et le gain facile.

En somme, si certains méritent leurs médailles, d’autres n’ont même pas droit à une simple reconnaissance de la patrie tant on ne retient pas d’eux aucun haut fait, ni acte de bravoure. Il est donc  grand temps de revoir les critères d’attribution des médailles pour que les héros ne soient pas relégués  au second plan  au profit des opportunistes sans vergogne.

Youssouf Sissoko  

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1 commentaire

  1. Merci Mr Coulibaly, sincèrement je suis du même avis que toi. Cette reconnaissance a perdu sa valeur sous IBK, on distribue les médailles comme des cartes d’électeurs. Les récipiendaires sous IBK, même 20% ne mérite pas la reconnaissance de l’État. En quoi ils ont servi la nation?
    Vraiment c’est du n’importe quoi.

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