Éditorial d’Adam Thiam : sale temps pour les Généraux

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Le Conseil de ministres, hier mercredi, a  limogé le Gouverneur de Mopti. Le Général  Sidi Alassane Touré, nommé en 2017, disait alors, peu de temps après sa prise de fonction (cf interview du 13 janvier 2018 au journal Le Canard de la Venise) : « Nous allons sécuriser toutes les localités de la région, permettre le retour de l’administration et faire rouvrir les écoles ». Il n’a pas été entendu. Faute d’avoir essayé ?

L’officier affable trinque, soixante-douze heures après la tragédie de Sobame Da. Est-ce pour le bilan de cette attaque revu à la baisse de son fait mais sur des bases  factuelles  irréfutables ? Est-ce parce que la réévaluation survenait après un premier bilan apocalyptique annoncé par  le gouvernement avant de faire le tour de la planète ? Est-ce parce que sa responsabilité a été supposée dans le couac des premiers chiffres  et la gestion des seconds ? Rien n’arrêtera les supputations.

Les faits sacrés sont cependant que l’insécurité dans la juridiction du Général fraîchement  limogé ne s’est pas atténuée. Au contraire, elle s’est aggravée et étendue. Djihadistes avérés ou autoproclamés, milices ethniques excipant de l’inertie de l’État, coupeurs de route et autres voleurs de bétail : toutes les mafias semblent s’être donné rendez-vous dans l’off-shore de l’impunité qu’est devenue la région de Mopti. Les faits sacrés sont également que tour à  tour et parfois ensemble et Dogons et Peulhs ont réclamé la tête du Général Touré accusé tantôt de rouler pour les hommes de Kouffa tantôt pour Dana Ambassagou.

Dans cette ambiance très polarisée, l’officier ne pouvait que laisser des plumes. Son départ ne veut pas dire forcément que la paix reviendra dans les meilleurs délais. C’est  de soins intensifs que le Centre a besoin. Et cela, tout le monde sait.

Par Adam Thiam le 13 juin 2019

Benbere.prg

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2 COMMENTAIRES

  1. Le Mali a besoin tres vite d’une nouvelle generation de Generaux, ceux qui sont la ne sont que des vrais bureaucrates corrompus jouisseurs qui ont passé toute leur vie a se faire la douce a Bamako ou sinon dans les capitales regionales Tchad, Gabon, Conakry, Dakar, etc.ou internationales: Washington, New York, Paris, Peking, etc.. Depuis Kissima Doukara, Mamadou Cissoko et Tiekoro Bakayogo, le Mali n’a pas eu de vrais militaitres.

  2. Adam. C’est de soins intensifs que le Mali a besoin. Tout le monde le sait mais personne ne veut renoncer à son petit gain indu et au mensonge entretenu depuis 1960. Il faut revenir à la vérité. Cest de vérité que le Mali a besoin.

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