Sur le préavis de grève du Snesup, le ministre Tall se prononce : «Un indice 3000 pour le supérieur n’est pas raisonnable»

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Prévu pour aujourd’hui Lundi, la rentrée solennelle des universités et des écoles supérieures est ajournée à une date inconnue pour l’heure, à cause du déplacement du président de la République à Conakry  pour l’investiture de son homologue et ami guinéen, Alpha Condé. L’explication a été donnée hier par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, dans le cadre d’un déjeuner avec les journalistes.

Me Mountaga Tall en a profité pour aborder  avec ses invités de la presse une brulante question qui risque d’affecter la rentrée universitaire effective depuis quelques semaines ainsi que l’année académique. Il s’agit de la grève de 48 h envisagée par le Snesup à défaut d’un dénouement de l’écheveau qui s’est enlisé entre les syndicalistes et leur tutelle.

Au fait, après une longue lune de miel, le Sg Mallé et ses camarades ont ravivé leur plateforme revendicative avec un chapelet de 13 points parmi lesquels le rehaussement de la grille indiciaire au niveau 3000. Le préavis de grève a trait à d’autres exigences mais l’indice 3000 constitue le principal point sur lequel achoppent les pourparlers de conciliation apparemment ratés entre Me Tall et le Snesup, au risque même d’affecter la convivialité ayant longtemps caractérisé leurs rapports.

En tout cas, c’est un ministre à bout de patience, qui a pris la presse à témoin sur le respect par son département de tous ses engagements vis-à-vis du monde syndical. Et, Me Tall de faire constater que l’indice 3000 n’a jamais figuré parmi les promesses de la tutelle, quoique la question indiciaire ait fait l’objet d’une mission dans les pays de la sous-région, dont les conclusions se font encore attendre.

Quoi qu’il en soit, le ministre a sans ambages prévenu qu’il ne dispose pas des réponses à la principale revendication du Snesup qu’il juge tout simplement déraisonnable. Non seulement parce que l’indice 3000 n’existe nulle part au Mali, mais aussi parce qu’une augmentation de salaires est au-dessus des compétences d’un ministre, au regard de ses incidences budgétaires.

«Je ne peux ajouter un seul point d’indice», a martelé Me Mountaga Tall qui s’interroge sur l’intransigeance de ses interlocuteurs. Il se dit toutefois optimiste sur le un triomphe du bon sens et compte sur la compréhension des militants du Snesup au nom desquels le syndicat défend des revendications qui s’éloignent de l’acceptable et qui violent les clauses d’un partenariat longtemps fondé sur la primauté du dialogue, la confiance et la responsabilité partagée.

En promettant par ailleurs d’étudier la question dans le but de soumettre des propositions au gouvernement, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique invite d’ores et déjà le Snesup à ne pas s’amuser avec le sort des enfants pour des problèmes parfois personnels. Il fait allusion, en clair, à certaines revendications ayant trait à des litiges déjà pendants à la justice et pour lesquels le syndicat continue de chercher des solutions administratives.

Abdrahmane Kéïta

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2 COMMENTAIRES

  1. DANS LA PLUPART DES PAYS ORGANISES, LES JOURNEES DE GREVE NE SONT PAS PAYES ; IL EST TEMPS
    QUE LE MALI SE METTE AU DIAPASON, AFIN QUE NOUS SORTIONS DE CES ABUS.

  2. Il faut plutôt parler du calcul du salaire sur la base du coût de la vie comme le fait toutes les institutions du monde au lieu de fixer un indice salarial qui justifie rien sur l’évolution du coût de la vie d’un pays. L’indice salarial est comme si l’on donnait un salaire au forfait. Alors que la vie économique évolue de façon inconstant, parfois du simple au double sur une petite période. Qu’Allah le tout puissant aide et protège le Mali.
    Quand vois les intellectuels maliens à l’extérieur du Mali, ils sont les meilleurs partout, mais une fois rentrés au Mali, ils font le médiocre en cherchant à faire avancer leur pays.

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