Inondation : La mairie du district prend le problème à bras le corps

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La mairie du district de Bamako a tenu une session extraordinaire hier lundi. Cette première session extraordinaire de l’année a été consacrée à l’inondation survenue le jeudi  16 mai, dans certains quartiers de la capitale. Présidée par le maire du district, Adama Sangaré, la cérémonie a également réuni les maires des 6 Communes, les conseillers du district ainsi que le directeur régional de la Protection Civile du district de Bamako, qui se sont penchés sur cette situation “catastrophique” ayant causé des pertes en vies ainsi que d’importants dégâts matériels pour un triste bilan de 368  ménages  sinistrés, 15 décès.

Très tôt dans la matinée du jeudi 16 mai (aux environs de 3h20), Bamako enregistrait l’une de ses plus fortes pluviométries. Alors que la plus forte récente pluie ayant arrosé la capitale remontait à 2013 avec 78 mm, celle du jeudi passé tournait autour du double avec 138 mm enregistrés dans certains quartiers de la capitale. Cette situation a entrainé des crues exceptionnelles des cours d’eau, le débordement des rivières et ouvrages de drainage provoquant des inondations dans les localités riveraines. Les Communes les plus touchées ont été les Communes II, V et VI du district de Bamako.

Alertées par une quarantaine  d’appels de détresse, la direction régionale de la Protection Civile a aussitôt dépêché 24 équipes de sauveteurs pour 112 sapeurs-pompiers. “Ces actions ont porté sur le sauvetage des individus sur des toits des maisons et leur mise en sécurité, le sauvetage des animaux domestiques, la protection des biens et la recherche des victimes sous les décombres”, a expliqué le lieutenant Colonel sapeur-pompier Bakary Dao.

Néanmoins, 15 cas de décès, dont un nouveau-né de 5 jours,  ont été enregistrés par la Protection Civile pour 368  ménages  sinistrés dont 155 dans la Commune VI et 80  dans le seul quartier de  Niamakoro suite à l’effondrement des maisons et autres dégâts avec des matériels et biens endommagés ou emportés.

Aux dires du lieutenant Colonel sapeur-pompier, ce sinistre a eu de l’ampleur pour 3 raisons fondamentales à savoir, le changement climatique qui n’épargne aucune portion de la terre universelle, l’effet de surprise de l’arrivée d’une pluie à grande amplitude de 138 mm pendant la période de saison sèche et l’occupation anarchique  des lits majeurs des marigots et du fleuve.

Les actions menées par la mairie du district

Dans le cadre de sa politique d’assainissement, la mairie du district de Bamako procède chaque année au curage des caniveaux, des collecteurs, des traversées sous chaussées et à l’entretien courant, explique une Note Technique de la Cellule Technique d’Appui aux Collectivités Territoriales (CTAC) ajoutant qu’a la faveur de la signature de la convention pour la gestion intégrée de la propreté de la ville de Bamako, ces activités ont été transférées à Ozone-Mal et qu’en raison de l’insuffisance de curage de caniveaux et traversées sous chaussées constatées durant les années 2015 et 2016 et les menaces de pluies abondantes, la mairie du district à procédé à de vastes opérations de curage de caniveaux et de traversées sous chaussées en 2017 (  de caniveaux, collecteurs et traversées sous chaussées) et 2018 (377 934 m linéaire) pour pallier cette insuffisance.

L’objectif de ces actions étaient de réduire les risques d’inondation en perspectives dans la ville de Bamako, assurer un meilleur cadre de vie aux populations et assurer également l’entretien régulier de certains points spécifiques à travers le district de Bamako.

Au regard de certains cas déjà vécus par le passé, deux phases ont été déterminées en fonction des risques d’inondation pour la mise en œuvre du programme 2019.

Sans traîner le pas, la Cellule Technique d’Appui aux Collectivités Territoriales (CTAC) a déjà transmis le dossier,  dont le coût est estimé à  1 904 115 062 F CFA pour un linéaire de 371 767 mètres soit environ 372 km à la mairie du district pour avis.

Dans ces recommandations et en vue de réduire les risques d’inondations, la CTAC estime qu’il est indispensable d’assurer un fonctionnement normal des ouvrages de drainage par un écoulement correcte des eaux de ruissellement, empêcher le déversement des déchets solides dans les caniveaux et collecteurs, aménager les marigots naturels en améliorant les conditions d’écoulement des eaux pluviales, procéder au siphonage des réseaux des concessionnaires (Somagep, EDM, Agetic, Orange-Mali, Malitel et autres) qui traversent les ouvrages de drainage et les obstruent.

Alassane Cissouma

 

 

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