Lutte contre le changement climatique : L’Afrique, le dindon de la farce

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C’est sur le site du Bourget à Paris que la Conférence la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP 21) a officiellement ouvert ses portes hier 29 novembre. Prennent part à cette grand-messe planétaire les représentants de 150  pays dont de nombreux chefs d’Etat. Elle devra être sanctionnée par  un Accord  aux termes duquel les Etats  doivent s’engager  à limiter leur émission de gaz à effet de serre. Parmi cette catégorie de gaz figurent, en bonne place, la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone (CO2) le protoxyde d’azote et le méthane. Ces gaz à effet de serre sont, pour la petite histoire, des gaz qui interceptent les infrarouges émis par la surface terrestre. L’augmentation de leur concentration dans l’atmosphère terrestre est à l’origine du changement climatique. Cette appellation est plutôt un euphémisme au regard des effets catastrophiques du phénomène sur la vie sur terre. Il se traduit par un désordre climatique indescriptible à travers le monde avec à la clé des épisodes sévères de sécheresse et d’inondation et un lourd tribut à payer au plan économique et social.

Le continent africain, qui contribue à moins de 5% de l’émission mondiale des gaz à effet de serre, est cependant le continent le plus vulnérable sur le plan économique face à ses conséquences.  On l’a vu récemment à Ménaka, chez nous au Mali, avec des inondations qui ont, malheureusement, provoqué la mort de cinq personnes et d’importants dégâts sur 400 habitats et fait  750 personnes sinistrées. Ce cas est loin d’être une exception, car la vie de la planète bleue est rythmée par des drames de ce genre. On parle même maintenant de réfugiés climatiques. Les 5% de l’Afrique datent de 2010. De nos jours, on pourrait même réviser ce chiffre à la baisse. Autant dire que, dans le marché de dupes en cours, l’Afrique apparait comme le dindon de la farce. Le méthane dégagé par le pet de ses bovins pèse peu devant les millions de tonnes CO2 émises par les hauts fourneaux des pays industrialisés depuis la révolution industrielle. Les pays  émergeants, eux de leur côté, font preuve de peu d’empressement arguant qu’ils ont un retard sur le plan de l’industrialisation à rattraper.  L’on est fondé à se demander que, dans ce contexte de guerre d’intérêts larvée, l’Accord recherché ne sera pas respecté. Malgré l’épée de Damoclès qui plane sur l’existence même de l’humain du fait du changement climatique.

Dans cette COP 21, les Africains devront mettre l’accent sur les financements pour contraindre moralement les pays industrialisés, en l’occurrence ceux du G20, à réparer les dégâts par eux commis. Dans cette lutte contre le changement climatique des solutions alternatives existent à  travers la promotion des énergies vertes, autrement dit des énergies renouvelables, à l’image de l’énergie solaire, de l’éolienne, de la biomasse  et de l’énergie géothermique.

Malheureusement, dans ce domaine l’Afrique, qui a le plus grand potentiel, fait très peu de chose. A titre d’exemple,  dans le domaine de l’énergie solaire l’Allemagne, qui a un potentiel de 3kwh/m2 a déjà réalisé…5000 MW. Alors que le Mali, avec un potentiel de 7kwh/m2 et 300 jours d’ensoleillement sur les 360 que compte l’année, en est toujours au stade des balbutiements.

Autre exemple pour finir, cela fait deux ans voire plus que votre fidèle serviteur  a déposé  auprès de l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable (AEDD) un questionnaire en vue d’une interview. Le but recherché était d’éclairer la lanterne de notre lectorat sur les enjeux du changement climatique, l’édifier sur les notions telles que le Crédit Carbone, le Fonds Climat et autres notions ésotériques  pour que le maximum de Maliens puissent profiter des opportunités offertes. Mais à ce jour, aucune réaction de la part de la structure en question, comme si la transparence la dérangeait quelque part. Le Directeur de la Communication peut honnêtement  en témoigner. De guerre lasse, nous avons fait notre deuil de cette interview. On ne sait par quel masochisme l’Afrique se pose en dindon de la farce qui adore se faire farcir.

Yaya Sidibé

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