Front social au Mali : 102 préavis de grève enregistrés, 7 000 travailleurs mis au chômage en 2020

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Les revendications relatives à l’amélioration des conditions de vie et de travail sont en constance augmentation au Mali. Une situation aggravée par la pandémie de Covid-19. Pour calmer le front social, des recommandations ont été formulées, ce mercredi 31 mars 2021, à l’issue d’un Atelier national de réflexion sur les conditions de vie et de travail dans les secteurs public et privé.

« Réécrire une nouvelle page de l’histoire du front social au Mali où les préavis de grève, les débrayages ne feront plus légion ». C’est en ces termes que le ministre du Travail et de la Fonction publique, Me Harouna Touréh, a cadré l’atelier dont le thème principal était : « Pour une rémunération juste et équitable en faveur des travailleurs ». A l’ouverture de l’atelier, le ministre a instruit d’établir des « règles claires » de partenariat gagnant-gagnant entre employeur et employés.

Une instruction ministérielle qui intervient dans un contexte où le front social est en ébullition. Selon les statistiques du ministère du Travail, le nombre de préavis de grève augmente d’année en année. De 64 à 2016, 102 préavis de grève ont été enregistrés en 2020, avec un pic de 114 en 2019. La pandémie de Covid-19 a aussi contribué à augmenter la précarité au Mali. Ainsi, entre mars et octobre 2020, près de 7 000 travailleurs ont été mis en chômage technique, et 200 travailleurs licenciés.

En prenant la parole à l’ouverture de l’atelier, le syndicaliste Yacouba Katilé n’a pas mâché ses mots. Le secrétaire général de l’Union national des travailleurs du Mali, parlant au nom des toutes les centrales, a dénoncé la ‘’ surdité ‘’ des gouvernements successifs face aux cris d’alerte lancés par les syndicats. Aux dires de Katilé, les gouvernements doivent bannir trois comportements pour une démocratie prospère :  le refus de ne « jamais écouter » les syndicats ; ne pas violer les accords, et surtout s’interdire d’interférer dans le fonctionnement des organisations syndicales.

Une conférence sociale en vue

 Renforcement de la coopération entre l’inspection du travail et la justice ; l’adoption d’un plan de carrière sur tous les corps… Répartis en trois groupes, les participants à l’Atelier national de réflexion sur les conditions de vie et de travail, dont des anciens ministres du Travail, ont formulés plusieurs recommandations. Des doléances qui devront être définitivement adoptées à la prochaine Conférence sociale recommandée par le Dialogue national Inclusif.

Mamadou TOGOLA/Maliweb.net

 

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