Les droits de l’Homme sous les bottes des groupes armés radicaux : Le jour où la vie de dame Assitan Traoré a pris une tournure dramatique

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En quittant son mari et ses deux enfants à Alouwéré, un hameau de la commune rurale de Kolongo, ce dimanche 26 juin 2022, la dame Assitan Traoré était loin d’imaginer que sa vie allait prendre une tournure dramatique. Si elle a pu éviter une amputation, la jeune mère de deux enfants va trainer pour longtemps les séquelles de cette balle qui a perforé son bras droit. 

Alouwéré est un hameau de la commune rurale de Kolongo dans le cercle de Macina (Région de Ségou). A l’image de ce hameau, plusieurs localités de cette zone sont infestées par les groupes armés radicaux qui se rendent coupables de graves violations des droits de l’homme. Ils posent de sérieux entraves à la liberté de mouvement des populations en créant une situation de psychose généralisée. « C’est une zone dominée par des radicaux », souligne un défenseur des droits de l’homme basé dans le cercle de Macina. Selon un responsable de la jeunesse de la commune rurale de Kologo, ces groupes armés radicaux évitent soigneusement les patrouilles effectuées par les Forces armées de défense et de sécurité dans la zone. « Quand les militaires viennent pour des patrouilles, ils disparaissent. Quand les militaires repartent, ils réapparaissent. On ne peut rien contre ces bandits armés qui voulaient mettre en place un système pour empêcher les gens de cultiver ». Le leader de jeune explique que les villages qui ont signé des pactes avec eux travaillent sans entrave tandis que ceux qui refusent de se soumettre à leurs exigences, subissent des exactions.

Parmi les nombreuses victimes de ces groupes armés radicaux, figure la dame Traoré, âgée de 20 ans, mère de deux enfants. Ce 26 juin 2022, elle était dans un champ de riz avec ses camarades en ce début d’hivernage quand surgit un groupe d’hommes armés. Sans hésitation, ils ouvrent le feu. Prises de panique, les femmes courent dans tous les sens. Malheureusement, une balle atterrit dans le bras droit de la dame Traoré. « Nous étions en train de repiquer le riz quand ces gens sont venus. Nous avons toutes couru. C’est en courant que moi j’ai pris une balle au bras », nous confie-t-elle au téléphone. Sa vie venait de prendre une tournure dramatique.

Invalide pour toujours

Immédiatement, elle est transportée au centre de santé de référence de Macina pour une prise en charge rapide. Sur place, elle effectue des radiographies sur recommandation de l’équipe traitante. Aussi, elle reçoit quelques soins. Face à la gravité de la blessure, les médecins de Macina ordonnent son évacuation. Son état de santé, reconnait un responsable de la jeunesse de la commune rurale de Kologo, n’incitait guère à l’optimisme au point que certains soutenaient la thèse d’une amputation.

Évacuée sur Ségou, la jeune dame est admise au service des urgences de l’hôpital Nianankoro Fomba où elle est prise en charge par Dr Kanté et son équipe. Elle a subi une opération chirurgicale pour extraire la balle. Le traumatologue et son équipe effectuent les réparations nécessaires pour lui éviter l’amputation. Au bout d’une semaine d’hospitalisation, elle est autorisée à regagner son domicile. Pendant la période de convalescence, la dame Traoré se rend chaque deux (2) mois à Ségou pour son contrôle médical. « Pendant deux (2) mois, la plaque que l’on avait placée dans mon bras me causait trop de douleur. J’ai trop souffert », soupire-t-elle. La prise en charge médicale, entièrement assurée par sa famille notamment son mari, est salée. « J’ai dépensé plus de 400 000 FCFA », avance l’époux de la patiente.

La plaie est guérie mais le bras n’a pas retrouvé ses fonctionnalités habituelles. « Elle soulève difficilement un objet, au risque d’être frappée par une douleur intense », témoigne son époux. Aujourd’hui, la dame Traoré ne peut plus travailler au champ. « Je n’arrive pas à travailler. J’ai arrêté d’aller au champ », fulmine-t-elle.

Elle trainera pour longtemps les séquelles de cette blessure sans connaitre l’identité de ses bourreaux.

Chiaka Doumbia

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