Nord du Mali : option militaire et dialogue politique menés de front

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La présidente de la Commission de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma et François Hollande, le 14 novembre 2012 à l’Elysée.

Au Tchad, après une audience avec le président Idriss Déby, ce mercredi 14 novembre, le général Sékouba Konaté, Haut représentant militaire de l’Union Africaine (UA) au Mali, a annoncé que les autorités de Ndjamena étaient prêtes à envoyer des troupes, en cas d’intervention militaire africaine dans le nord du Mali. Parallèlement, la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, et le président français, François Hollande, ont appelé à la poursuite du dialogue politique, même si les préparatifs militaires se poursuivent.

 Au dernier sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Abuja, le 11 novembre, consacré au Mali, les Tchadiens n’avaient pas dit s’ils allaient contribuer à la force africaine. Mais la rencontre de ce mercredi matin du général Sékouba Konaté avec le président tchadien, Idriss Déby, indique que le Tchad se dit prêt à envoyer des troupes dans le nord du Mali. L’information a été révélée par le Haut représentant militaire de l’Union africaine (UA) au Mali.
Sékouba Konaté

Haut représentant militaire de l’Union africaine (UA) au Mali

Le président tchadien dit qu’il est à la disposition de la Cédéao et de l’UA, en cas de demande.

Une déclaration que le ministre tchadien de l’Information a tenu toutefois à nuancer. Joint par RFI, Hassan Sylla rappelle que personne n’a demandé au Tchad de participer à cette opération et que les autorités n’ont donc pas donné d’accord formel.

Hassan Sylla

Ministre tchadien de l’Information

Même au cas où nous recevions une demande, on se réserve le droit de l’examiner.

Participation de l’armé tchadienne : un « renfort précieux »

Pour la coalition africaine qui se met en place, au Mali, la présence tchadienne est un avantage indéniable. L’armée d’Idriss Déby est réputée solide, « composée d’hommes aguerris à la guerre, au désert », comme l’a souligné le général Konaté.

Elle compte environ 30 000 hommes équipés d’armes modernes et de moyens aériens. On y trouve aussi huit hélicoptères de combat, Mi-17 et Mi-8 ainsi que deux avions de chasse Sukhoï et des avions de reconnaissance aérienne. L’armée tchadienne possède surtout une expérience du désert et une maîtrise de la guerre mobile, celle des colonnes de pick-up embarquant des combattants.

Selon un diplomate tchadien, l’engagement au nord du Mali doit servir de mise en garde aux groupes jihadistes – tels que Boko Haram qui sévit au Nigeria – qui menacent la tranquillité du Tchad.

Reste à savoir si ce signal produira des effets positifs ou négatifs. A mots couverts, certains Tchadiens redoutent que Boko Haram ne cherche à punir leur pays si celui-ci intervient contre les jihadistes qui occupent le nord du Mali. Et, plus généralement, certains officiers tchadiens doutent, à voix basses, de la pertinence d’une opération au-delà des frontières. Loin de ses bases, l’armée tchadienne sera-t-elle aussi efficace contre les rebelles de l’Est ?

Une chose semble certaine, le président Déby ne part pas la fleur au fusil. Selon certaines sources, il aurait demandé l’assurance que toute opération terrestre soit précédée d’une opération aérienne contre les groupes armés.

Pour le représentant spécial de l’UA pour le Mali, Pierre Buyoya – invité de Christophe Boisbouvier, sur RFI, jeudi 15 novembre – la participation du Tchad sera certainement « un renfort précieux » car « le Tchad est d’abord, d’une certaine manière, concerné parce qu’il est aussi un pays du Sahel et parce qu’il dispose d’une armée qui a une expérience de la guerre dans le désert », a-t-il argumenté.

Le représentant spécial de l’UA pour le Mali a également évoqué d’autres pays – qui ne font pas partie de la Cédéao – et qui pourraient également apporter un concours précieux. Il cite notamment l’Afrique du Sud, « où des contacts ont été établis avec les autorités de ce pays », qui pourrait contribuer de plusieurs manières : « soutien logistique, appui aérien, soutien financier ». Pierre Buyoya a tenu aussi à rappeler que « l’Afrique du Sud est le pays qui a une des armées les plus fortes et les mieux équipées sur le continent africain ».

La Mauritanie et l’Algérie – deux pays voisins du Mali – pourraient, quant à eux, fermer leurs immenses frontières pour éviter un repli, sur leurs territoires, des islamistes armés installés dans le nord et visés par l’opération militaire africaine. L’Algérie a déjà fait des déclarations allant dans ce sens. La Mauritanie y songe, selon une source militaire dans le pays.

Option militaire et efforts pour une solution négociée

Le président français, François Hollande, a reçu, ce mercredi 14 novembre, la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, au lendemain de la décision de l’UA de donner son aval à l’envoi d’une force militaire de 3 300 soldats au Mali. Pour le moment, l’opération militaire soulève toujours des questions auxquelles les organisateurs n’ont pas donné de réponse et qui portent notamment sur son financement ou encore sur la composition de la force en question. Mais le plan militaire doit être transmis, avant le 27 novembre, à l’ONU qui devra alors donner sa réponse concernant l’intervention.

Même si l’option militaire se prépare activement, la France – pays européen le plus en pointe sur le dossier malien – ainsi que l’Afrique et la communauté internationale continuent néanmoins de pousser à une solution négociée. Devant la presse, lors d’une brève intervention, Nkosazana Dlamini-Zuma et François Hollande ont montré qu’ils partageaient le même point de vue, à savoir que la poursuite des préparatifs militaires et la poursuite du dialogue politique doivent être menées de front.

Nkosazana Dlamini-Zuma

Présidente de la Commission de l’Union africaine

Pour le Mali, nous continuons à explorer les deux options.

 

RFI / 15/11/2012

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3 COMMENTAIRES

  1. lES combats aeriens
    Je suis parfaitement d’accord avec le President Deby du role capital que doivent jouer les frappes aeriennes et les poursuites des colonnes ennemies par les helicopteres armes dans les montagnes du Sahara.Les bombardements aeriens peuvent mettre en echec la mobilite des troupes des rebelles saheliens et leurs attaques par surprise.Les bombardements aeriens peuvent detruire en quelques minutes les 4X4 utilises par les terroristes.les bombardements permettent d’atteindre l’ennemi camoufles dans les grottes et les helicopteres permettent de poursuivre ces habitues du desrt quand ils sortent de leur cache a la recherche de l’eau.Cette guerre ne peut pas etre entreprise sans l’action des bombardiers et des helicopteres de combat.Le Mali pourrait approcher les gouvernements Ethiopien, Sud-Africain et Tchadien pour leur participation dans ce domaine crucial.De meme ,l’Ukraine , la Russie et la Chine pourraient prendre part a cette guerre en fournissant des bombardiers et des helicopteres de combat ainsi que des pilotes.

  2. DANS CE MONDE ET CE MALI DU 21è SIÈCLE PLUS RIEN NE PEUT ETRE NÉGOCIE ET OBTENU SUR UNE BASE PUREMENT ETHNIQUE OU RACIALE ET C’EST CELA TOUTE LA BÊTISE ET LA STUPIDITÉ DU mnla.
    PEUPLE TOUAREGS, ARRÊTONS L’ESCALADE DES MAINTENANT, NE SOYONS PAS LES AUTEURS DE NOTRE PROPRE GÉNOCIDE.
    JE VEUX DIRE LES TOURISTES EUROPÉENS ENLEVÉ POUR LES VENDRE A AQMI EST BIEN LE TRAVAIL DES CERTAINS TOUAREG.
    CERTAINS TOUAREG = PRENEURS ET VENDEURS D’OCCIDENTAUX AUX ISLAMISTES QUI SONT EUX-MÊME CERTAINS TOUAREG. IL Y’A DONC TROIS TYPES DE TOUAREG :
    1/ LES TOUAREG RÉPUBLICAINS
    2/ LES TOUAREG VOLEURS D’OCCIDENTAUX QUI VENDENT LEUR BUTIN AUX TERRORISTES
    3/ LES TOUAREG TERRORISTES
    4/ LES TOUAREG ISLAMISTES
    5/ LES TOUAREG INDÉPENDANTISTES
    6/ LES TOUAREG ……………
    ………………………………………..COMPLÉTEZ LA LISTES……………

  3. LES CONCERTATIONS NATIONALES PERMETTRONT DE MIEUX PRÉPARER ET MIEUX FAIRE LA GUERRE PLUS TARD EN CAS DE DÉSACCORD EN AYANT L’ADHÉSION ET LA PARTICIPATION DE TOUS LES MALIENS.

    ELLES PRÉPARENT AUSSI A LA RÉCONCILIATION NATIONALE ET A LA RECONSTRUCTION DE L’UNITÉ NATIONALE.

    ELLES DOIVENT DONC ÊTRE ORGANISÉES AVANT LA LIBÉRATION DU NORD.

    LEUR PROGRAMMATION DU 26 AU 28 NOVEMBRE 2012 EST JUDICIEUSE ET LA PARTICIPATION DE TOUS LES MALIENS MILITANT POUR INTÉGRITÉ TERRITORIALE ET LA LAÏCITÉ EST SOUHAITÉE.

    Bonjour,
    Comme dit le Premier Ministre du Mali, Dr Cheick Modibo Diarra, les concertations nationales constituent une occasion pour regrouper tous les Maliens et non pour les diviser.

    Effectivement, elles doivent concerner et intégrer tous les Maliens.

    Elles ne doivent pas se polariser uniquement sur les préalables (feuille de route, restauration de l’intégrité territoriale, élections, démocratie, décentralisation, sécurité), certes indispensables, mais aussi et surtout sur le futur souhaité par les Maliens.

    Elles doivent avoir des ramifications au niveau régional pour fédérer tous les besoins et les préoccupations des communautés et de tous les Maliens.

    LEUR TENUE N’EST PAS EN CONTRADICTION AVEC LE FAIT DE FAIRE LA GUERRE PLUS TARD CAR EN CAS DE DÉSACCORD PROFOND, LA GUERRE SERAIT INÉLUCTABLE.

    Elles permettent de mieux préparer et mieux faire la guerre plus tard car permettent en cas de désaccord profond de mieux la préparer en ayant l’adhésion de tous les Maliens et leur participation à une guerre informationnelle (guerre stratégique de renseignements) qui sera plus précise et générera moins de dégâts (car les actions seront plus ciblées) qu’une guerre classique.

    En plus, elles généreront un calme relatif car pendant leur tenue les groupes armés qui souhaitent y participer devront déposer les armes, cesser la terreur qu’ils génèrent, s’engager pour la restauration territoriale du Mali et la laïcité.

    La guerre avant les concertations et avant la négociation avec les groupes (MNLA et Ansar Dine) s’ils désirent négocier, en s’engageant à déposer les armes mais aussi en s’engageant pour l’unité et la laïcité, rendra compliqué voire impossible la réconciliation nationale.

    Pour éliminer efficacement le terrorisme au Mali sans les dégâts collatéraux et garantir la réconciliation nationale et la reconstruction de l’unité nationale après la guerre, l’adhésion de tous à travers les CONCERTATIONS NATIONALES est indispensable et la GUERRE DOIT ÊTRE BIEN PRÉPARÉE à travers une guerre stratégique de renseignements et d’intelligence collective à laquelle doivent participer tous les Maliens et tout le monde.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail : [email protected]

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