Adama Traoré, Président d’Acte Sept : « La 16e édition du festival de théâtre des réalités connaîtra des innovations majeures »

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Du 5 au 11 décembre 2022, l’Association culturelle Acte Sept, organisera la 16e édition du festival de Théâtre des Réalités à Sikasso, la ville du Kénédougou. Dans une interview qu’il a bien voulue nous accorder, le Président de Acte Sept, M. Adama Traoré, et non moins Président de la Fédération des Artistes du Mali, a expliqué le festival, ses objectifs et les innovations de la 16e édition qui verra la participation des artistes du Bénin, Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée Conakry.

Qu’est-ce que le festival de Théâtre des Réalités ?

Adama Traoré: C’est une manifestation culturelle organisée chaque année par Acte Sept dont la première édition a eu lieu en 1996 à Bamako. C’est-à-dire, quand Acte Sept a eu son récépissé en 1994, nous avons décidé pour la promotion du théâtre de mettre en place un festival de théâtre. Très vite, nous avons eu un concept éditorialiste et faire en sorte que le festival devienne aussi un festival multidisciplinaire avec au programme des théâtres, de la musique, des danses, des expositions, des conférences, etc. L’objectif de cet évènement culturel est de contribuer à la promotion de la culture et des valeurs qui ont toujours fait la beauté et la fierté de notre société. Le festival du théâtre des réalités, c’est aussi la promotion de la paix et du vivre ensemble à travers des espaces de rencontre et de dialogue. Le festival, c’est aussi la diversité culturelle. Ce qui est très important dans la consolidation de la paix.Cette année, nous organisons la 16e édition qui aura lieu du 5 au 11 décembre prochain à Sikasso. Le thème retenu est ‘’crier nos racines’’ par rapport aux réalités que vit, aujourd’hui, le Mali et l’Afrique par extension.

Que recherchez-vous à travers le thème de la 16è édition ?

Nous pensons que nous avons besoin dans ce contexte dit de mondialisation général, de nous ressourcer. Nous ressourcer c’est comme un arbre et l’arbre pour se ressourcer, a besoin de ses racines. Tout comme l’arbre, l’homme a aussi besoin de se ressourcer en retrouvant ses racines à travers la culture et les valeurs ancestrales pour montrer aux autres qui il est et d’où vient-il. Donc, il faut que nous nous enracinons dans notre culture et développer nos valeurs qui ont toujours été très importantes en termes de vivre ensemble, de paix et de cohésion sociale. Nous ressourcer nous permettra d’avoir tout ce qui nous faut pour aller à la conquête du monde.

Pourquoi le choix de Sikasso ?

À Sikasso, nous sommes en train de travailler pour créer un marché national. En faisant un regard croisé sur sa situation géographique, Sikasso fait frontière avec le nord de la Côde d’Ivoire, le sud du Burkina Faso. D’où l’appellation de la zone « SCOBO » (Sikasso, Coroco, Bobo). En mai 2018, les trois Premiers ministres d’alors, se sont rencontrés à Sikasso pour essayer de faire de cette zone, une zone économique spécifique. Alors, nous avons dit que nous avons besoin d’un marché pour la promotion de la culture aujourd’hui. En nous reposant sur cette zone, nous pouvons développer et montrer la capacité de transcender les frontières qui sont fictives pour essayer de faire un pas dans l’intégration des peuples et aussi mettre en place un marché pour la promotion de la culture. Depuis des années que nous travaillons dans la région et on a des acquis là-bas.

Quelles sont les activités prévues et les innovations majeures de cette 16e édition ?

La 16e édition connaîtra des innovations majeures. Pour la fourchette du 5 au 11 décembre, il y aura trois journées internationales. Le 5 déjà, c’est la journée mondiale des volontaires. Nous pensons qu’aujourd’hui, nous avons besoin d’être des volontaires. Volontaires pour lutter contre le changement climatique. Volontaire pour lutter contre l’extrémisme violent. Volontaires pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants en général. Volontaire pour être dans la mondialisation et être présent à travers le consommer local.

Le 9 décembre, c’est la journée internationale de lutte contre la corruption. Nous connaissons tous, aujourd’hui, toutes les conséquences négatives de la corruption sur notre économie, notre vivre ensemble et même notre culture parce que la corruption nous amène à voler et à être dans le paraître plutôt qu’être. Donc la journée mondiale de la lutte contre la corruption sera célébrée. Il y aura également la journée mondiale des droits de l’homme. Mais nous, nous allons la décliner autour de la femme. C’est-à-dire l’autonomisation de la femme et les violences basées sur le genre. Malgré l’importance de la femme dans notre société, nous avons constaté ces dernières années des cas de « féminicide » au Mali. Et nous allons nous pencher sur ce phénomène qui doit être banni. C’est aussi des conférences qui vont refléter les préoccupations d’aujourd’hui par rapport à des élections libres et apaisées.

Aussi, nous allons réfléchir sur la gestion des conflits. Il y’aura aussi des foires artisanales et autres. Elles permettront à des transformateurs de produits locaux et à des jeunes entrepreneurs d’exposer leur produit et les services qu’ils peuvent rendre au quotidien. S’y ajoutent des spectacles de théâtres, de marionnettes, de danses et des concerts de musiques.

Quel est aujourd’hui votre souhait pour le Mali ?

Mon souhait est que les uns et les autres soient dans la dignité. Et la dignité s’exprime par le « Dambé » qui voudrait que chacun soit en mesure de respecter les limites que ses parents, sa société et son histoire lui imposent. C’est sur cette base que nos parents ont vécu ensemble depuis des siècles et en étant respectueux des droits. Le Dambé, c’est cette valeur ancestrale qui voudrait que quand nous organisons des élections, qu’elles se passent dans la transparence et que les gens acceptent les verdicts. C’est comme un jeu. Si tu y rentre, il faudra accepter les règles. Aussi, je voudrais qu’on comprenne que le terrorisme ne se gagne pas seulement avec les armes. Il se gagne par le dialogue mais aussi en prenant en compte les aspirations de la jeunesse en termes d’emploi. À ce titre, je souhaite voir un pays stable et qui est engagé dans la construction, qui pense à sa jeunesse qui constitue la partie la plus importante de la population.

Adama Coulibaly

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