Entre nous ! La signature de l’accord du 15 mai, la question sécuritaire, le règne d’IBK…

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Cet entretien a été publié dans nos précédentes éditions et cadre avec les prédilections de l’économiste- chercheur, Dr Abdoulaye Niang sur l’arrivée d’IBK et l’accord d’Alger, entre autres sujets ont été abordés. Le vendredi 15 mai 2015, le gouvernement du Président Ibrahim Boubacar Kéita sous les regards d’une soixantaine de délégations dont trente Chefs d’Etats et de Chefs de gouvernement, a signé l’accord censé apporter une paix définitive au Mali sans certainement la CMA malgré la course effrénée du représentant de l’ONU pour convaincre des irréductibles. C’est fort du danger contenu dans bien d‘articles de cet accord qui devra réécrire l’histoire de notre grand Mali que le Président du réseau « Joko Ni Maaya », Pr Abdoulaye Niang s’est prêté à nos questions. Dans cet entretien exclusif, ce professeur très respecté aux USA et singulièrement au Pentagone pour ses cours très prisés sur la défense et autres questions géostratégiques, met les pieds dans le plat en dénonçant cet accord de ce matin qu’il prédit : va provoquer la « partition » du Mali parce qu’il provoquera plus de problèmes qu’il n’en résoudra. Mieux, cet homme connu pour son franc parlé et son courage, fustige les comportements de la médiation algérienne qu’il accuse d’être sous « influence» de la France. Aussi, le Pr Niang déplore que le gouvernement soustraite la gestion et l’équipement des FAMA, à la France. Lisez cet entretien réalisé par Bokari Dicko.
«Le comportement de la CMA est folklorique car la médiation lui garantit son autonomie … », a mis en garde le Pr Abdoulaye Niang
Mali Demain : Le gouvernement s’apprête à signer le 15 mai prochain l’accord devant permettre semble-t-il la fin de la crise dans le pays. Quand pensez-vous ?
Pr Abdoulaye Niang
: Cet  accord comme il est, va générer d’autres crises par sa conception, par la démarche entreprise parce qu’il bute sur un obstacle pour notre progrès commun qui est la tyrannie du statu quo. En clair, cet accord laisse tous les problèmes dans leur case respective parce qu’il n’est pas fondé sur une analyse des causes profondes de la crise sociale, globale et sécuritaire et des relations sous jacentes.
Des mois de débats pour arriver à un compromis plombé…
En fait, c’est ce qui explique la durée des négociations entre les médiateurs pour arriver à un compromis plombé par les actionnaires de l’accord que sont: la CMA avec une liste additionnelle à ajouter à l’accord et le gouvernement de Bamako avec onze pages de commentaires.
Une convergence de l’ingénierie internationale en pilotage automatique
Donc cet accord est une convergence de vue entre les médiateurs qui sont constitués du gouvernement et de l’ingénierie internationale en pilotage automatique vers la vallée de globalisation de co-entrepreunariat caractérisé par la déviation comportementale notamment financière et par rapport à l’intégrité.
Cet accord ne peut que nous emmener des problèmes
Donc cet accord ne peut que nous emmener d’autres crises dont l’indicateur le plus frappant se trouve dans la mobilisation des communautés de localité par exemple de Kéniéba contre la politique minière du gouvernement de Bamako en refusant toute application du code minier basé sur le principe d’acquisition de titres de propriété sur leur terre selon la doctrine de la découverte chrétienne des ressources naturelles qui dépossèdent de leurs sources de subsistances en violation de l’article 55 du chapitre 9 de la charte des Nations Unies relatif à la coopération économique, sociale et internationale et le pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’aux droits économiques, sociaux et culturels. La communauté de localité de Kéniéba agit au nom des trois régions sud-Ouest aurifère du Mali pour s’extraire de ce code minier qui condamne à perpétuité les ressortissants par la dépossession de leurs terres et à la discrimination économique, cause des deux guerres mondiales.
L’échec de la médiation
La médiation en disant que d’autres peuvent signer l’accord après le quinze mai prochain, montre à suffisance son échec mais encore mieux, la compromission ou le poids de la France sur le groupe de la médiation, car un accord supposé être entre deux parties : le gouvernement de Bamako et la CMA est rendu caduque si une des deux parties en signe pas. La notion qu’un mauvais accord vaut mieux qu’un non accord, porte les germes de l’effondrement de l’Etat dans sa formation de 1960 ou comme constitué à l’indépendance.
La médiation veut se sortir de la trapper française…
La Médiation se trouve dans une situation similaire à « Icare » qui s’est brulé les ailes pour avoir volé trop près du soleil. C’est ce qui justifie que huit mois après, la médiation veut se sortir de la trappe française en mettant fin au processus d’Alger pour passer à l’étape de Bamako.
En vérité, la coordination nationale de veille citoyenne veut que l’étape de Bamako soit une conférence des Nations Unies sur la crise sociale, globale et sécuritaire et l’Afrique car, le processus actuel est basé sur du faux dans la mesure où si le problème était entre maliens, le gouvernement de Bamako, n’aurait jamais désigné le Ministre des Affaires Etrangères pour être son représentant à la négociation entre membres de la médiation constituée de gouvernements qui font partie du problèmes notamment l’Algérie, la Mauritanie, le Burkina Faso et la France.
Le gouvernement admet l‘Etat de l’Azawad
En se faisant représenté par le Ministre des Affaires Etrangères, admet implicitement qu’il a en face la CMA qui représente l’Etat de l’Azawad.
Le comportement ou la réaction de la CMA est folklorique car la médiation lui garantie son autonomie puisque l’échec du gouvernement de Bamako par la non tenue de promesses imposées à lui en faveur des communautés de localité des trois régions sahariennes du Mali, est certain. Bamako n’a ni les ressources financières, ni la compétence technique, ni la crédibilité au niveau du système financier mondial international pour mobiliser des ressources financières pour une région où les organisations mobiles d’extrémisme violent et les organisations d’Etat islamique ont pour cible les français qui sont dans une position privilégiée pour se faire rembourser le cout de la guerre à travers l’exécution du projet sur financement international.
Les ressources de Kayes font l’objet de fraude
Si les ressources devaient venir de l’intérieur suite à la déclaration de l’ex Ministre de l’Economie et des Finances, la région de Kayes est dans une situation paradoxale de première contributrice de revenus fiscaux et douaniers avec ses ressortissants sans eau, sans électricité, sans infrastructures routières parce que ses ressources sont objet de fraude comme relevé par le Vérificateur Général dans son rapport de 2013/2014.
Echec de la médiation et forfaiture du gouvernement
Dans ces conditions, la médiation face à l’échec de non tenues de promesses, constatera la forfaiture du gouvernement et accorder l’autonomie en toute l’égalité à l’Azawad. Si les citoyens maliens veulent rester selon l’hymne national du Mali Un Peuple- Un But- Une Foi, ils doivent se préparer dans l’esprit de la table-ronde Bruxelles de mai 2013 à travers une interaction entre la communauté des chercheurs sur la globalisation et les médias pour se mettre en position d’interpellation de toutes les parties prenantes à la crise sociale, globale et sécuritaire et le Mali pour son règlement durable et en capacité de réponse, à la demande du citoyen en 3 R à savoir la dignité Retrouvée ; la grandeur de la société Restaurée et la croissance économique globale Relancée selon la vision de globalisation de co-entrepreunariat axé sur la prospérité partagée dans la stabilité, la paix, la sécurité.
Le Mali a les moyens de sortir de cette situation…
Le Mali en a les moyens, le Mali a les instruments notamment la loi 04-051 du 23 novembre 2004 portant organisation générale de la défense nationale en un système de défense stratégique de la Nation dont l’application selon les résultats de recherches au centre «Sènè» d’études stratégiques sur le co-entrepreunariat permet de faire de l’Afrique, une union d’Etats plus responsables comptables et capables de réponses à la demande du citoyen.
Mali Demain : Quelle analyse faites-vous de la situation du pays ?
Le Mali est dans une situation paradoxale
Pr Abdoulaye  Niang :
Le Mali est dans une situation paradoxale de pays en voie de  développement de sa capacité de création de croissance économique par des co-entreprises minières et de téléphonie en particulier mais selon une culture d’entreprise à propriétés distinctives », d’emprise des sociétés multinationales étrangères sur les fluxes de crédits d’investissements dans la co-entreprise,  foré avec l’Etat sous le système financier et commercial discriminatoire.
Institutions financières internationales, obstacles contre notre progrès…
Donc, le Mali est noté très bon élève en création de richesses et d’emplois à la Nation mais très mauvais élève, en rétention de richesses et d‘emplois de la Nation. La correction de cette situation, butte à l’obstacle contre notre progrès commun entretenu par la coalition notamment de fonctionnaires contre les institutions de la République et l’application de la loi 04-051 qui permet de soumettre à répartition les capacités rétention de richesses et d’emplois de la Nation pour s’éviter l’insécurité humaine et sociale et l’insécurité économique.
Notre sécurité est sous-traitée à la France
L’application de cette loi 04-51 permet aujourd’hui de multiplier par quatre les salaires de ces fonctionnaires civils et militaires pour les sortir de cette coalition contre les institutions de la République et de l’humiliation dans la quelle se trouve notre armée de voir sous traiter notre sécurité à la France.
Mali Demain : Que comprendre des pressions de la France et de la MINUSMA sur le régime afin qu’il pousse le groupe d’autodéfense « GATIA » à quitter Ménaka ?
L’attitude de la MINUSMA est de trop
Pr Abdoulaye Niang :
En fait, trop, c’est trop. La demande de la MINUSMA pour remettre un territoire conquis par les armes à l’autre partie belligérante au nom d’un accord de cessez le feu, ne tient pas au niveau international. Cette attitude aurait dû être appliquée au mois de mai 2014 pour le retour de l’administration à Kidal qui est conforme à la charte des Nations Unies.
L’action ou la pression de la MINUSMA est contraire à la résolution 2100
L’action ou la pression de la MINUSMA sous emprise de l’opération « Barkhane » est contraire à l’esprit de la résolution 2100 de 2013 qui prône la prééminence de l’action nationale et régionale sur l’action internationale. Si le Mali recouvre la stabilité et son intégrité sur Ménaka,  ce serait inamical de la part de la MINUSMA de soumettre les populations de Ménaka à la vindicte d’un groupe de rebelles de Kidal.
Cohésion entre le gouvernement et les partis de la majorité présidentielle
La déclaration du gouvernement sur la situation de Ménaka et la marche organisée par un député de la majorité, montre le niveau de cohésion au sein des parties politiques majoritaires à l’AN. Le fait que la reconquête de Ménaka a été fait par un groupe armé qui n’est pas les FAMA, montre le système de mauvaise gouvernance dans le quel nous nous retrouvons. Et le danger de voir ce groupe armé réclamé leur dividende de guerre. Aujourd’hui, seule l’union sacrée selon une mutualisation des connaissances dans la persévérance et la droiture peuvent sauver le Mali.
Mali Demain : Un appel ?

A partir du 15 mai 2015, l’or brillera pour les maliens…
Pr. Abdoulaye Niang
: Il faut garder espoir pour le Mali. La crise sociale, globale et sécuritaire reste une opportunité pour faire de la globalisation, ce qu’elle devrait être la clé pour la prospérité partagée dans la stabilité, la paix et la sécurité. L’or brillera pour les maliens à partir du quinze mai.
Propos recueillis par Bokari Dicko

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