Compis 15 fustige l’attitude «autocratique» de Me Harouna Toureh

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COMPIS 15
Compis 15 lors de la conférence de presse

Lors d’une conférence de presse animée le samedi 19 décembre 2015  à la Maison de la presse, la Coordination des mouvements signataires de l’accord du 15 mai issu du processus d’Alger (Compis 15) est montée au créneau pour fustiger ce qu’elle appelle «l’attitude autocratique» de Me Harouna Toureh, porte-parole de la Plate-forme. Elle se dit lésée et exclue du Comité de suivi de l’accord d’Alger (CSA) par ce dernier. Du coup, la Compis 15 estime que «le processus de mise en œuvre de l’accord est en panne» et demande au gouvernement de «suspendre sa mise en œuvre» parce qu’il n’est pas «inclusif».

Au présidium  de cette conférence de presse, parmi les représentants de la Compis 15, il y avait, entre autres, le Secrétaire général de la Cpa, Mohamed Ousmane Abdouhamedoun ; Mahamane Maïga de la Cmfpr ; le Secrétaire général du Mpsa, Boubacar Taleb, et  le Secrétaire général du Fpa, le colonel Hassane Ag Médhy.

Selon le principal conférencier, Mohamed Ousmane Abdouhamedoun, cette conférence de presse a pour but d’informer l’opinion nationale et internationale que le Mali est en danger de partition, en danger face à un chaos imminent, le processus de mise en œuvre de l’accord étant en panne, car il échappe aux populations du Mali en général et à celles du Nord en particulier.

«La Plate-forme, censée défendre l’unité nationale et s’opposer à tout projet de partition de notre pays, le Mali, est aujourd’hui devenue un mouvement séparatiste par le fait d’un seul et unique homme, Me Harouna Toureh. Il est prêt à pactiser même avec le diable, au moment où même le Mnla a renoncé à son projet de division du Mali, pour faire mal à notre pays depuis qu’il n’a pas été ministre dans le gouvernement actuel. Au nom de la Cmfpr, nous informons solennellement les médias et l’opinion nationale et internationale que Me Harouna Toureh n’est plus crédible à agir au nom de la Cmfpr et de la Plate-forme républicaine. Et par conséquent, il a été déposé par ses collègues de la Cmfpr. Nous ne nous cantonnerons pas, nous ne nous désarmerons pas, nous n’encourageons pas des patrouilles mixtes dans un processus non inclusif. Par contre, nous patrouillons déjà. Nous suspendons le projet de retour de nos réfugiés dans un processus non inclusif…», a pesté Mohamed Ousmane Abdouhamedoun.

La Compis 15, tout en indexant Me Harouna Toureh, soutient que «le processus de mise en œuvre de l’accord est en panne» et demande au gouvernement de «suspendre sa mise en œuvre», parce qu’elle n’est pas «inclusive». Selon elle, le porte-parole de la Plate-forme, Me Harouna Toureh, a exclu du processus certains mouvements qui représentent des communautés du Mali.

Autant dire qu’avec cette situation délétère entre la Plate-forme et la Compis 15, tous les ingrédients sont réunis pour ramener notre pays à la case-départ : celle d’avant la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation. Le gouvernement malien, la Médiation conduite par l’Algérie et la Communauté internationale doivent être vigilants.

Ousmane DIAKITE/Stagiaire

Comité de suivi de l’accord d’Alger : Compis 15 dénonce une «violation flagrante» de l’article 10 du règlement intérieur

C’est dans un climat assez tendu que les travaux de la 6ème réunion du Comité de suivi de l’accord d’Alger (CSA) se sont tenus le 17 décembre 2015 au Centre international de Bamako. Si du côté du gouvernement, de la Médiation conduite par l’Algérie, la Plate-forme et la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma), on se dit  satisfait, tel n’est pas le cas pour  la Coordination des mouvements signataires de l’accord du 15 mai, la «Compis 15», qui se dit lésée et exclue de la composition du CSA.

 

En effet, les responsables de la Compis 15 dénoncent «une violation flagrante» de l’article 10 du règlement intérieur du CSA. Ils demandent à la Médiation de «trancher définitivement la question de la représentativité au sein du Comité de suivi». Mais, pour Mohamed Attayib Sidibé, porte-parole de la Coordination des mouvements prônant l’exclusivité et signataires de l’accord du 15 mai, «l’article 10 du règlement intérieur précise les parties : c’est-à-dire définit qui est membre du CSA qui n’est pas membre du CSA. Au moment où je vous parle, personne n’est membre du CSA, ni la Plate-forme, ni la Cma, encore moins la Compis 15. Et l’ensemble des mouvements, personne n’est membre officiel du CSA, parce que le bureau du CSA n’est même pas établi. Aujourd’hui, la médiation définira qui fait partie du mécanisme de suivi de la mise en œuvre de l’accord et c’est ce que nous attendons. Cela relève exclusivement de la médiation. C’est clair que l’accord dit : sont membres du CSA les mouvements signataires, ceux qui sont les signataires. L’ensemble des mouvements de la Compis sont signataires, en vertu de l’article 67 de l’accord, où ce sont des mouvements qui ont directement apposé leur signature sur le document de l’accord. En tout cas, on n’est pas exclu par l’accord. Nous faisons confiance à la Médiation, et on attend qu’elle tranche cette question».

 

Les grands points de blocage

 

Selon des participants, les discussions ont parfois été houleuses. Premier point de friction : comment intégrer dans le Comité de suivi les groupes qui ont pris part aux négociations au sein de la Cma, la Coordination des mouvements de l’Azawad, mais en ont été écartés après avoir décidé seuls de signer les accords d’Alger dès le 15 mai, indépendamment de la Cma. Car, selon cet accord, trois parties disposent d’une dizaine de représentants au sein du Comité de suivi : la Coordination des mouvements de l’Azawad, la plateforme des mouvements pro-Mali et le gouvernement. Mais rien n’est prévu pour les mouvements indépendants. Or, du côté de la Cma, pas question d’attribuer aux signataires du 15 mai un seul siège de représentation. «Nous sommes face à un vide juridique, reconnaît une source proche de la médiation. En étant les seuls à signer dès le 15 mai, ces mouvements ont répondu à un besoin politique. Il faudra donc une réponse politique».

 

Des dissensions, il y en a également au sein de la Plate-forme. Certains groupes n’ont pas obtenu de délégués au sein du Comité, comme par exemple le mouvement Ganda Iso à dominante peul, qui dénonce une tentative d’exclusion. Pour la médiation, «ce sont des problèmes internes à la plateforme qui doivent être réglés en son sein».

 

Pour la Plate-forme et la Cma, ces blocages sont en partie levés. Idem pour la Médiation. «Au sortir de ces assisses, on peut retenir que c’était une rencontre importante, mais très difficile. Certains principaux points de blocage ont été définitivement réglés, notamment la composition du CSA. Le gouvernement a réalisé beaucoup d’efforts en faisant des concessions, particulièrement en acceptant de libérer certains prisonniers qui sont libérables et 19 d’entre eux vont recouvrer la liberté à compter de lundi (hier). Également, le gouvernement a accepté de réaliser des sites de cantonnement des combattants des groupes armés et de prendre en charge leur hébergement et leur nourriture. La Médiation est parvenue à l’élargissement du quota des membres devant composer le CSA, tant du côté de la Plate-forme que de celui de la Cma. Nous espérons que tout va maintenant rentrer dans l’ordre en vue de la mise en place du bureau du CSA, après le long processus entamé depuis janvier», a laissé entendre M. Boutach, président du CSA et non moins Médiateur algérien.

Bruno E. LOMA

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