Abdoulaye Idrissa Maïga : enfin un homme des défis pour sauver le pays

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Cérémonie de passation de services et de pouvoirs à la primature entre Abdoulaye Idrissa MAIGA et Modibo KEITA
Cérémonie de passation de services et de pouvoirs à la primature entre Abdoulaye Idrissa MAIGA et Modibo KEITA

Le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta fait face à une pléiade de revendications des différents syndicats. Bref, il y a problème ! Le choix porté sur Abdoulaye Idrissa Maïga  pour le dernier virage du régime IBK a donc son peson d’or. Et pour cause ! 

Les attributions du Premier ministre sont précisées dans les articles 55 et 56 de la constitution du Mali de 1992. A l’analyse, on comprend aisément qu’au-delà de ces dispositions constitutionnelles, le président IBK puisse donner carte blanche à son Premier ministre pour la gestion de certains dossiers. Surtout si le Premier ministre a de la poigne.  Voilà ce qu’Alpha Oumar Konaré avait compris en 1994, lorsqu’il faisait appel à Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour sauver son régime. Confronté aux mêmes problèmes, le même IBK a choisi Abdoulaye Idrissa Maïga pour sauver, lui aussi, son régime.

L’homme semble être celui de la situation. Si non, comment comprendre que pour l’une des rares fois, l’opinion nationale a une bonne impression sur un choix. Ceux qui l’ont connu dans les années 1977 -1981 à l’IPR de Katibougou disent qu’il a été un brillant étudiant, qui avait de bonnes visions sur presque tous les problèmes qui se posaient, malgré son jeune âge à l’époque. Ses anciens collègues du Cabinet du Ministère de l’Elevage et de la Pêche (dirigé à l’époque par Boacary Tréta)  retiennent de lui un conseiller technique qui avait le sens élevé du traitement des dossiers. Non content de certaines pratiques, Abdoulaye Idrissa Maïga avait claqué la porte. On le retrouvera plus tard directeur de campagne du candidat IBK. Et là encore, on ne cesse de dire qu’il a raté l’opportunité de se faire beaucoup d’argent. Mais sa loyauté et son sérieux sont passés par là. Bref, Abdoulaye Idrissa Maïga est sans nul doute le messie dont IBK a besoin pour relever les  derniers grands défis de son premier quinquennat.

Le passé de l’actuel Premier ministre, à lui seul,  prouve à suffisance qu’il réussira certainement là où ses prédécesseurs ont échoué. Comment ? L’explication est toute simple. Au moment où il prenait fonction, le pays était paralysé par une grève illimitée des agents de la santé, et un dialogue de sourds entre les syndicats et les gouvernants compliquait les choses. L’espoir d’un dénouement heureux s’effritait de jour en jour. Et on ne cessait d’enregistrer des  centaines de morts, conséquence directe de cette  grève illimitée. Mais il a fallu qu’IBK le mette au centre de pilotage du gouvernement pour que la situation soit débloquée.

Dès sa nomination, Abdoulaye Idrissa Maïga visite certains centres hospitaliers. Ensuite, il confie les rênes du ministère de la santé à un pur produit de la boite, Ousmane Samba Sow, et fait porter la parole du gouvernement par un vieux briscard de l’attelage gouvernemental, Abdel Kader Konaté dit Empé. Les deux ministres dopés par les directives de leur mentor, rencontrent le syndicat de la santé et le blocage est levé. Abdoulaye Idrissa Maïga a réussi son premier pari. Mais on aurait dû poser la question de savoir comment les choses se sont si bien accélérées pour aboutir, si tôt, à la fin de la grève ?  En réalité, quand IBK l’a reçu  pour lui proposer la Primature, Abdoulaye Idrissa Maïga n’a pas conditionné son accord au dossier de la santé. Mais il a dit au président de voir comment solutionner un problème qui touche au premier plan la population. Sur le coup, IBK lui donne sa caution et Abdoulaye Idrissa Maïga pose les jalons d’un déblocage.

Pour les autres grèves, son silence est loin d’être un désaveu. Il a confié à certains de ses collaborateurs un travail de fond, pour ensuite rencontrer les différents syndicats des enseignants. Quant au dossier de la crise du football, puisqu’il a qualifié de “civilisée” la marche pacifique organisée par les clubs de première division pour soutenir le bureau fédéral dirigé par Boubacar Baba Diarra (pour avoir laissé passer les manifestants sans problème), le Premier ministre a reçu le président de la Femafoot. Si rien n’a filtré de leur rencontre, l’évidence est là: une solution sera trouvée au haut niveau et la suspension du Mali sera levée. Aux dernières nouvelles, nous avons appris qu’il a mis sur ce dossier du football le ministre de la Jeunesse et de la citoyenneté, Amadou Koïta, et le ministre du Commerce et porte-parole du gouvernement, Abdel Kader Konaté.   Autre grand défi qui attend le nouveau Premier ministre et qui constitue d’ailleurs un goulot d’étranglement du régime IBK (parce que gage de stabilité) c’est l’organisation des prochaines élections présidentielles et législatives. Pour avoir été ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Idrissa Maïga saura trouver les moyens nécessaires pour relever  ce grand défi.  Comme pour dire que l’Etat malien a encore des cadres sur lesquels il peut compter.

La Rédaction

 

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