Nouveau projet de loi électorale : Pour l’opposition, il porte des germes préjudiciables à la démocratie

0
Contre une loi pour des autorités intérimaires au Nord : L’opposition malienne tire la sonnette d’alarme
ci-contre Tiebilé Dramé, Soumaila Sidibé et Modibo Sidibé (photo archives)

En vue de donner leur point de vue sur le nouveau projet de loi électorale qui doit être adopté par les députés très prochainement, les partis politiques de l’opposition ont animé une conférence de presse le samedi 3 septembre dernier à la Maison de la presse. A l’occasion, l’opposition a réclamé le retrait dudit projet de loi, qui selon elle, porte des germes préjudiciables à la démocratie.

Les partis politiques de l’opposition étaient face aux hommes de média le samedi 3 septembre dernier à la Maison de la presse. Avec pour objectif de partager leur position par rapport au nouveau projet de loi électorale, soumis par le gouvernement au vote des députés. Dans leur ensemble, les partis politiques de l’opposition jugent que le nouveau projet de loi électorale porte des germes préjudiciables à la démocratie, dont les méfaits exposeraient le pays à beaucoup d’incertitudes. L’opposition a rejeté le parrainage de 15 députés ou de 10 conseillers nationaux avec une caution de 35 millions FCFA pour les candidats au poste de président de la République.  Selon elle, cette mesure est  antidémocratique et discriminatoire. Tout comme celles relatives à l’introduction du vote par anticipation des forces de défense et de sécurité et la répartition des membres de la CENI entre les partis de la majorité et de l’opposition qui sera basée sur le nombre de députés à l’Assemblée Nationale, selon la nouvelle loi. Toute chose qui, selon l’opposition, compromet la  crédibilité de la CENI qui est une structure de contrôle impartiale.

Pour le président du parti FARE-Anka Wuli, Modibo Sidibé, la majorité et l’opposition doivent toutes avoir le même nombre de sièges à la CENI afin de garantir des élections transparentes, crédibles et acceptables par tous.

Outre ces dispositions, les leaders de l’opposition s’insurgent aussi contre le suffrage universel direct censé donner plus de légitimité aux élus locaux dans le nouveau projet de loi électorale. Qui selon eux,  peut poser à des problèmes au niveau des entités régionales dotées de pouvoirs exorbitants en conférant une légitimité plus forte pouvant déboucher sur le régionalisme.

Quant à la tenue des élections des conseillers des collectivités territoriales à des dates différentes dans une ou plusieurs régions, l’opposition proteste et estime que cela peut entrainer des conseils à mandats différents dans un même pays.

 Soumaïla Cissé s’explique sur les 500 millions FCFA du chef de file de l’opposition

Le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé a profité de l’occasion pour faire la lumière sur les supposés 500 millions FCFA qu’il percevrait, selon un journal de la place. « Contrairement à ce qu’a écrit un de vos confrères, je n’ai encore reçu 1 franc du gouvernement » a déclaré le président de l’URD Soumaila Cissé. Qui précise que  les 500 millions FCFA ne constituent pas le salaire du chef de file de l’opposition mais plutôt le budget qui doit servir à la mise en place et au  fonctionnement  du cabinet du chef de file de l’opposition.

« Il y a un budget de 500 millions de FCFA mis en place dans le budget de l’Etat par le ministre des Finances d’alors, on a découvert cela. Après nous avons essayé de savoir qu’est ce que ça recouvre. D’abord, ce n’est pas un salaire pour Soumaïla Cissé, même si ça aurait été très bien comme salaire. Mais avec les 500 millions FCFA, il faut qu’on prenne un siège, qu’on équipe ce siège en photocopieuses en ordinateurs,… Nous devons acheter aussi quelques voitures pour tourner et  payer nos collaborateurs, selon le calcul que nous avons fait, les 500 millions sont mêmes un peu insuffisants, il nous faut un peu plus », a-t-il dit. Avant d’ajouter que chaque institution de la République a un budget.

Selon lui, la présidence de la République dispose d’un budget de 14 milliards FCFA, la Primature, c’est du même ordre ainsi que l’Assemblée Nationale.  Et à ses dires, le président de l’Assemblée Nationale perçoit un montant de 30 millions FCFA par mois, soit 360 millions FCFA par an. Tandis que le Premier ministre et le président de la République perçoivent, respectivement,  900 millions FCFA par an soit 75 millions par mois et 1 milliard 800 millions FCFA par an.

Mais pour le chef de file de l’opposition, ces sommes sont encore plus élevées dans certains pays.

Lassina NIANGALY

07

Commentaires via Facebook :

PARTAGER