Transition : Une prorogation aux frais de la France

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Par-delà l’intervention ordinaire d’un officiel malien à l’assemblée générale des Nations-Unies, c’était le destin de la Transition qui se jouait dans les mains de Choguel Maiga. La question n’était pas au cœur du propos du Premier ministre – ou du moins ne l’était qu’en sourdine -, à la différence du sujet se rapportant au rôle de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme ainsi qu’aux intentions du Mali de diversifier son partenariat dans le domaine. L’exercice s’est effectué aux dépens de la France, locomotive de l’élan de solidarité internationale en faveur du Mali – dont la présence dans notre pays a été jugée quasi contre-productive par le Premier ministre. «La France a abandonné le Mali en plein vol», a-t-il déploré, en prenant à témoin l’assemblée générale des Nations-Unies sur la décision des autorités françaises de réduire unilatéralement les effectifs de l’opération Barkhan au Mali ou d’abandonner tout simplement certaines positions militaires dans le septentrion. Toutes choses qui inclinent, aux yeux de Choguel Maiga, à explorer des solutions alternatives à la problématique sécuritaire qui se pose au Mali. Il n’en fallait pas autant pour déclencher un élan patriotique sur fond de sentiment anti-français que le Chef du Gouvernement a su habilement rentabiliser et ramener à la dimension de ses desseins politiques propres. Il en a notamment tiré un premier dividende en s’offrant un bain de foule sur fond d’empathie populaire tel qu’il n’en avait probablement jamais savouré du haut de sa trentaine d’années de cheminement politique. De Premier ministre contesté par une majeure partie de son camp politique, le M5-RFP, le président du moribond MPR s’est systématiquement hissé au rang d’homme providentiel capable de tenir tête à la puissante France et de résister à ses ardeurs colonialistes. Mais le plus grand dividende que lui a procuré l’épisode c’est sans doute le chemin frayé dans l’organisation des assises et à la portée politique que le Premier ministre tente de leur conférer. La dynamique populaire créée par son passage aux Nations-Unies est ainsi exploitée à grande chevauchée aux fins de légitimation de la prorogation de la Transition qui absorbe toutes les énergies de la Primature, quoique contrariée par les réserves d’une communauté internationale vouée aux gémonies en même temps que la France dans l’opinion nationale.

A KEÏTA

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