Focus : Présidence du CNT: le président de l’UA dit non à un militaire

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Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamat Faki, s’est rendu à Bamako, du 17 au 18 novembre dernier, pour une visite officielle. Il a été successivement reçu par le président de la transition; du vice-président, colonel Assimi Goïta et du Premier ministre, Moctar Ouane.

Cette visite se déroule au moment où les membres du Mouvement du 5 juin-Rassemblements des forces patriotiques (M5- RFP), tombeur du régime Ibrahim Boubacar Kéita, sont opposés à la transition pour la mise en place du Conseil national de la transition (CNT). Mahamat Faki a laissé entendre qu’il n’était pas question de mettre un militaire en fonction à la tête du CNT parce qu’il joue le rôle d’une Assemblée constituante.

 

Pour affaiblir le M5-RFP: ces jeunes nommés dans les cabinets ministériels

Les jeunes activistes du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), tombeurs du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), sont aujourd’hui devenus des proies faciles pour certains membres du gouvernement. Certains viennent d’être nommés dans les cabinets ministériels comme chargés de mission. Ce débauchage est une stratégie mise en place par les autorités de la transition pour affaiblir le M5-RFP. Seule fausse note: ils sont sans expérience. Alors qu’on a besoin des femmes et hommes expérimentés pour conduire les réformes souhaitées par les Maliens. D’autres débauchés se sont mués en de véritables thuriféraires du Comité national pour le salut du peuple (CNSP).

 

La CEDEAO déboutée par l’Union africaine dans la crise malienne

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) a été mis sur pied pour la prévention, la gestion et la résolution des conflits. Elle a confié la priorité de la gestion de la crise malienne à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’organisation sous-régionale, plus apte à résoudre ce genre de conflits.

Mais hélas ! On sait qu’entre anciens des organisations internationales ou sous-régionales, on se supporte toujours, de peur que le scénario ne se reproduise dans leur pays respectif. Or la nouvelle stratégie de coup d’État de la CEDEAO, c’est de faire démissionner de force le président, ensuite mettre une transition tout en plaçant leur pion.

 

Taoudéni: une région touristique et riche en minerais

Les nouvelles régions de Taoudéni, Ménaka, Tessalit ont des sous-sols riches en minerais. Ainsi, ces régions pourraient devenir de véritables pôles d’attraction, notamment par les signatures des conventions pour l’exploration des énergies fossiles. Le réaménagement du système des lacs (le lac Faguibine), véritable zone agro-pastorale constituerait un levier économique pour la région.

 

Création du CNT: La société malienne trop corrompue pour voir clair

Le comportement d’une partie des populations maliennes évoquées par la presse (corruption, clientélisme, népotisme) y compris les classes moyennes et supérieures citadines et le laxisme de l’État ont atteint un niveau tel que beaucoup se sont réjouis du coup d’État contre le président Ibrahim Boubacar Kéita, le 18 août 2020. Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui a demandé et obtenu la démission du régime IBK s’est vu confisqué sa victoire par les militaires venus «parachever» la lutte. Pour défendre la patrie, il faut une société civile forte et une presse forte. Les Maliens sont divisés sur cette question de politiciens véreux et de militaires corrompus. Entre le politique et le militaire, c’est le patriotisme qui compte.

Le redressement de la démocratie est une nécessité absolue pour le pays et dénonce ainsi le chaos national entraîné par le laxisme et la gabegie du régime IBK issu du système ADEMA-PASJ (Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice). La naissance d’une Assemblée constituante comme organe pour soutenir la transition n’est plus une obligation. Les obligations sont l’audit de la nation et la tenue d’une conférence nationale. Après un putsch, c’est un rassemblement de tous les fils du pays pour un nouveau départ. Le colonel Assimi Goïta et Bah N’Daw doivent se soumettre à ce verdict de la Cour des Maliens.

 

Élections au Mali: les Maliens ne votent pas en réalité (taux de  participation 23%)

Selon Gilles Yabi, directeur de projet Afrique de l’Ouest à International Crisis Group (ICG): «lors de l’élection présidentielle d’avril 1992, la  première nouvelle ère démocratique, le taux de participation n’a été que de 23,59% au premier tour.» La participation aux différents scrutins présidentiels, de 1997, 2002 et 2007 n’a jamais atteint 40%: les coups de force sont toujours possibles dans la région, notamment parce que la constitution d’une démocratie électorale ne garantit pas une consolidation de l’État. Autrement dit, la démocratie consensuelle dont s’enorgueillissait le Mali et que célébraient les médias et les institutions internationales n’était pas solide. Il est indéniable que des collusions s’opèrent entre des franges de la classe politique, de certains médias, du monde des affaires économiques et des militaires; et ceci a de quoi inquiéter les promoteurs d’un véritable État démocratique. Toutefois, si la communauté internationale a vigoureusement condamné le putsch de mars 2012, force est de reconnaître que de nombreux responsables politiques et militaires ont plus ou moins apporté un soutien relatif aux auteurs du coup d’État. Selon leur dire, il a permis de mettre fin au régime de prébendes du président Touré.

Quant à celui du 18 août 2020, l’armée a mis fin à la promotion d’un homme et son clan. Le Mali n’est pas à l’abri d’un autre putsch. Toute la chaîne politique est corruptible (sabordage de partis politiques, nomadisme).

Rassemblées par la Rédaction

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1 commentaire

  1. Vraiment toute la chaîne politique est corruptible : sabordage de partis politiques , c’est le vrai problème des acteurs politiques maliens ! Qui d’autre qu’un régime militaro-civil pour les contraindre à la bonne gouvernance ? On ne doit pas laisser le Mali aux mains des acteurs politiques irresponsables , il faut un garde fou : 29 ans c’est largement suffisant pour connaître les acteurs politiques maliens surtout qu’on les a vu sous Moussa , ils étaient pauvres , aujourd’hui ils sont milliardaires et on généré des partis acolytes ! Ils veulent préserver leurs acquis en empêchant les militaires de mettre en place les fondements de la bonne gouvernance !
    QueDIEU sauve le Mali !

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