Sahel : Les ONG installées au Mali exigent la réouverture de l’aéroport de Kidal

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Les accords de paix ont été signés il y a cinq mois, et toujours pas moyen de faire poser le moindre avion sur le tarmac de Kidal, en travaux depuis neuf mois, alors que les besoins des populations dans l’extrême nord sont criants.

Profitant de la visite d’Etat du président malien, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) mercredi et jeudi, et du tapis rouge déroulé par son hôte à l’Elysée, le forum des ONG internationales au Mali s’émeut, dans une lettre ouverte, des «lenteurs» dans l’ouverture de la piste de l’aéroport de Kidal.

Les ONG sur place n’en peuvent plus de la mauvaise volonté de la Minusma (Mission des actions Unies pour la stabilisation du Mali). La lettre parle même «d’échec» dans la remise en état de la piste principale et demande qu’une piste secondaire soit ouverte, tant les besoins des populations sur zone sont criants.

A travers les lignes, il apparaît que la Minusma fait traîner en longueur des travaux d’ailleurs impossibles à quantifier. Or, dans les accords été signés il y a cinq mois à Alger, les priorités étaient identifiées : accès à l’eau, à la santé, à l’éducation. «Aujourd’hui, c’est toute la région de Kidal qui ne peut se rendre compte des effets de cet accord», souligne une source jointe à Bamako. Les travaux ont été entamés il y a neuf mois et c’est à se demander si les gars de la Minusma les ont bien commencés.

  «Incompréhension»

La Minusma évoque une ouverture… l’année prochaine et se défend en assurant que les «abords» ne sont pas sécurisés. Pour Yannick Deville, responsable du Groupe technique assistance humanitaire (GTAH), et par ailleurs chef de délégation à Bamako de Terre des hommes, cette lettre est adressée aussi «en priorité aux chancelleries à Bamako pour qu’elles utilisent “leur pouvoir” auprès de l’ONU afin d’accélérer l’ouverture de l’aéroport de Kidal, sachant que le mandat de l’ONU est aussi “d’assurer la sécurité alimentaire” aux populations».

Or, aujourd’hui les convois routiers partent principalement de Gao pour désenclaver cette région de l’extrême nord où vivent près de 90 000 personnes, avec toujours les risques de routes coupées et d’enlèvements par des groupes radicaux, relève la lettre ouverte. Un responsable d’une ONG  à Bamako a fait part à Libération de son «incompréhension», dit-il, «sachant que tant les représentants de la CMA [Coordination des mouvements de l’Azawad] que ceux du pouvoir malien, demandent plus d’aide pour les populations qui se sentent abandonnées».

Jean-Louis Le Touzet

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