ORTM : Grève illimitée en vue !

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Grève de l’ORTM : L’IMPOSSIBLE ACCORD ?

Rien ne va plus entre le Comité syndical de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali et le ministère de l’Economie Numérique, de l’Information et de la Communication. Conséquence, les travailleurs de l’ORTM ont observé mercredi dernier une grève de 72 heures (qui a pris fin le 29 janvier à minuit) et promettent d’aller prochainement vers une autre grève, cette fois illimitée, si des réponses satisfaisantes ne sont pas données à leurs revendications.

 Les revendications des travailleurs de l’ORTM sont au nombre de huit dont  exige l’abrogation des lois portant sur la restructuration de l’ORTM, la ratification d’une loi portant sur la redevance audiovisuelle, le retour de la régie publicitaire à l’ORTM et l’harmonisation du statut des entités à créer dans le cadre de la restructuration de l’ORTM. A ceux-ci s’ajoutent  la relecture de la loi 82-102 et son adoption, le démarrage des travaux des grands projets comme la tour de l’ORTM, l’indemnisation des agents de l’ORTM pour le préjudice subi lors du coup d’Etat du 22 mars 2012. Le comité Syndical exige aussi que la communication soit  parmi les priorités de l’Etat comme la Défense, l’Education, la Santé, l’Agriculture et la Sécurité.  Le comité syndical de l’ORTM  demande enfin à l’Etat,  de remettre la subvention et le budget spécial d’investigation à leurs niveaux anciens.

Afin de trouver une solution avant l’expiration du préavis, une commission de conciliation s’est réunie les 21, 22, 25 et 26 janvier. Elle a été mise en place par le ministère en charge du travail. Aux termes de ces rencontres, les parties n’ont pu s’entendre. Pire, selon Abdrahamane Touré le patron du Syndicat des travailleurs de l’ORTM,  des points qui avaient fait l’objet d’accords (les 1 et 4) font encore l’objet de désaccord.

Concernant la restructuration de l’ORTM, les deux parties sont tombées d’accord pour que cette reforme telle qu’adoptée puisse être mise en œuvre sur une période de deux ans, à l’issu duquel elles procèderont à l’évaluation de la réforme. Un compromis a été trouvé sur l’harmonisation du statut des entités à créer dans le cadre de la restructuration.

Les parties se sont aussi entendues sur la relecture de la loi 82-102 et son adoption et le démarrage des travaux de la tour de l’ORTM. Sur ce dernier point, des négociations seront engagées avec la partie chinoise chargée de sa réalisation. Et le syndicat sera impliqué à tous les niveaux de ce processus, aurait promis le gouvernement.

Toutefois, des désaccords sont constatés sur les points 2, 3, 7 et 8.

Concernant le point 2, la partie gouvernementale a proposé la création d’une commission de travail élargie au syndicat. Cette commission élabore les projets de textes relatifs à la redevance. Ses travaux doivent débuter à partir du 15 février 2016. Les projets de textes devraient être sur la table de l’Assemblée nationale au plus tard le 3 décembre 2016.

ET là, le syndicat a refusé cette proposition et demande l’application de la redevance au plus tard à compter du 1er janvier 2017.

A propos du retour de la régie publicitaire, la commission de relecture de la loi portant création de l’AMAP devrait commencer ses travaux le 1er février 2016 et  le projet de loi sera sur la table de l’Assemblée au plus tard le 3 décembre 2016. Sur ce point également, le comité syndical de l’ORTM a rejeté cette proposition du gouvernement et demande le retour effectif de la régie publicitaire au plus tard le 1er janvier 2017.

Le décret d’application de loi portant indemnisation des victimes de la crise a été, adopté par le conseil des ministres.

Concernant le dernier point de désaccord, si le gouvernement dit avoir à hiérarchiser ses priorités,  le syndicat des travailleurs de l’ORTM pour sa part demande tout simplement à l’Etat de remettre la Communication parmi ses priorités  en rétablissant la subvention et le budget spécial d’investigation.

En somme, entre le Syndicat des travailleurs de l’ORTM et leur département, c’est un véritable dialogue de sourds. C’est pourquoi, le secrétaire général du comité syndical promet, que si des réponses idoines ne sont pas trouvées aux revendications, d’observer prochainement une autre grève et cette fois… illimitée.

Djibril Kayentao

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