Entre Nous : Elever au dessus des intérêts personnels

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«Le Mali est à un tournant critique et nous ne pouvons pas le laisser sombrer dans une nouvelle instabilité avec les conséquences dramatiques pour la sous-région et au-delà. Ce serait de faire défaut au peuple malien, qui mérite mieux… Le moment est venu pour les dirigeants maliens de s’élever au-dessus de la politique partisane et des intérêts personnels et de travailler ensemble pour faire face à la crise dans l’intérêt de leur pays et son avenir ». Voici un extrait de la déclaration faite par le chef de la Minusma, El Ghassim Wane devant les membres du Conseil de Sécurité des Nations unies. C’était le 14 juin dernier. Des mots très forts. Le peuple malien mérite mieux. Et l’élite dirigeante doit de s’élever au dessus des querelles de clochers.

Ceux ou celles qui dénonçaient des violations hier ont bandé leurs yeux, bouché leurs oreilles et fermé leurs bouches pour ne pas voir ni entendre ni porter leurs cris de détresse d’un peuple meurtri qui affiche une quasi-indifférence à ce qui se passe au sommet de l’Etat. Les combinaisons et les jeux d’alliances en cours ne visent pas à sauver le Mali mais plutôt à sauvegarder les privilèges d’un petit cercle qui pense que c’est l’occasion de prendre sa part du gâteau national. Une course effrénée de ramassage de fortunes sur le dos du pauvre contribuable est engagée. C’est maintenant à chacun pour soi et personne pour le Mali, un pays trahi, humilié, traîné dans la boue et abandonné par ses propres enfants.

Les adversités extérieures arrivent facilement à triompher sur les intérieurs supérieurs du peuple malien à cause de ses divergences internes, lesquelles trouvent leur origine dans la défense des intérêts égoïstes d’un détenteur de parcelle de pouvoir et son clan.

Il n’est nullement interdit d’avoir des idées contradictoires mais quand l’essentiel est mis en cause comme c’est le cas actuellement au Mali, il faut mettre à côté les oppositions internes pour aller dans la même direction.

Des obscurantistes, des trafiquants de drogues, d’êtres humains sont à l’affût pour anéantir la République,  détruire les liens séculaires établis depuis des millénaires entre les communautés. Cela ne dit absolument rien à ceux ou celles qui se barricadent dans les bureaux à Bamako pour jeter aux oubliettes les réalités de l’intérieur où l’Etat perd chaque jour des parties du territoire administrées par des obscurantistes sans foi ni loi. Qu’assiste-t-on à Bamako au sommet d’un Etat qui n’existe que de nom ? La fuite en avant ! Le bricolage ! La course pour remplir les poches !

Pour masquer notre platitude, notre lâcheté collective à faire face à notre responsabilité, on jette la faute aux autres qui sont présentés à l’opinion comme étant la source de nos malheurs. Il faut qu’on arrête de manipuler l’opinion. Le problème du Mali n’est ni la France ni la Minusma encore moins la Cedeao. La solution à la situation au Mali n’est ni entre les mains de la France ni de la Minusma ni de la Cedeao. Le problème du Mali, ce sont les Maliens. Et la solution est entre les mains des Maliens, pris en otage par une élite dirigeante. Si les Maliens refusent de se mettre d’accord sur le strict minimum, les autres feront ce qu’ils veulent. Car, ils n’accepteront pas que les désordres sécuritaire et institutionnel au Mali infectent et infestent de façon dramatique la sous-région et au-delà.

Par Chiaka Doumbia

 

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