Goongan Tan : Mali : cascade de décrets et silence des urnes

Au Mali, la Transition en cours prend une nouvelle tournure. En effet, la récente suspension, puis dissolution des partis politiques et des associations à caractère politique par deux décrets présidentiels a provoqué une onde de choc dans le Landerneau politique.

17 Mai 2025 - 01:33
Mis à jour: 1 an
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Goongan Tan : Mali : cascade de décrets et silence des urnes
DICKO Seidina Oumar

Officiellement justifiée par la nécessité de préserver l'ordre public dans un contexte sécuritaire difficile, cette mesure a été largement perçue "comme un coup porté à la vie politique". De plus, elle a été précédée de l'interpellation de figures politiques telles que Alassane Abba de la CODEM, El Bachir Thiam du parti YÉLÉMA et l'enlèvement-libération de Abdrahmane Diarrah de l'URD. Ce qui a ravivé, au sein de l'opinion, les craintes d'une dérive.

Réactions instantanées et mitigées

 Le Collectif des partis politiques pour la défense de la Constitution a d'abord annoncé, puis reporté, un meeting prévu le 9 mai à Bamako. Loin d'être un renoncement, selon ses organisateurs, ce report traduit, pour eux, " une volonté de repositionner le combat politique sur un terrain de légitimité institutionnelle et judiciaire ". En écho, les membres du collectif exigent le respect du multipartisme et la réaffirmation de la primauté constitutionnelle.

 Climat électrique

 Les manifestations de désaccord, même pacifiques, pouvant être perçues comme des actes subversifs, la parole sibylline du procureur Balobo Guindo, livrée à travers une déclaration ouverte à diverses interprétations, a rajouté à la confusion. Certains y ont vu " une mise en garde contre toute tentative de défiance à l'autorité ", d'autres y ont lu " une forme d'appel à la prudence dans un contexte institutionnel fragilisé ". Son flou rédactionnel, au lieu de rassurer, a contribué, à mon avis, à l'instauration d'un climat d'incertitude, où les repères deviennent de plus en plus mouvants. Ceoendant, l'on peut penser que le message du procureur est simplement une mise en garde contre les perturbations de l'ordre public, adressée aux fauteurs de troubles de tous bords.

 Un audit discursif

 Pour ne rien arranger aux rumeurs et aux spéculations, un audit lié à un autre calendrier, entend-on, est en cours à la Primature, couvrant les exercices 2021 à 2024. Il vise à évaluer la sincérité et la régularité des dépenses publiques liées au fonctionnement, aux transferts et aux investissements du Premier ministre sortant. Cette initiative, bien que saluée par les tenants de l'exigence de transparence, hasard ou pas, intervient à un moment délicat, entre renforcement du pouvoir exécutif et mise sous tutelle des voix discordantes.

 Avenir politique verrouillé

 Sur le terrain, les politiques et une partie de la société civile y voient les signes d'un basculement vers une " restriction de l'espace politique, une remise en question du pluralisme, une concentration des pouvoirs et une incertitude prolongée sur le retour à l'ordre constitutionnel ". Ces forces n'en font aucun mystère : elles décèlent les signes avant-coureurs d'une stratégie de " fermeture politique", un pari pourtant qu'elles jugent risqué. Car le besoin de cohésion nationale, d'inclusivité et de légitimité démocratique est plus pressant que jamais. Le souci est que ce remue-ménage institutionnel semble doucement gagner l'esprit de ceux qui croient qu'un ordre politique inédit se prépare méthodiquement. Pour ceux-là, " l'urgence sécuritaire " sert de levier à une recomposition, au détriment du débat public.Je suis de ceux qui pensent que, comme une mayonnaise qui ne prend forme qu'à la fin, ce pays dispose de vieux ressorts. Et que notre peuple est suffisamment outillé pour savoir que ce climat de va-t-en-guerre doit laisser place à la concertation, à l'entente, à la cohésion. Seuls gages permettant de parvenir à une paix durable et à son corollaire : stabilité et développement.

DICKO Seidina Oumar 

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Commentaires (2)

User
Sangare
Sangare 1 an
Le parti politique est une structure au service du peuple. C'EST À TRAVERS CETTE STRUCTURE POLITIQUE QUE LE PEUPLE EXERCE LE POUVOIR. Donc sans parti politique, le peuple est écarté de la gestion du pouvoir Le Mali en a fait l'expérience de 1968 à 1978. Pour permettre au peuple de faire son choix parmi plusieurs projets proposés, il est autorisé plusieurs partis politiques. C'est ça qu'on a appelé le multi-partisme Prendre un décret de dissolution des partis politiques, c'est exprimer un mépris envers le peuple. CE N'EST PAS, COMME ON LE PENSE NAÏVEMENT,EMPÊCHER LES HOMMES POLITIQUES DE GOUVERNER. Un homme politique ne peut exercer le pouvoir sans le soutien du peuple. L'essence de l'homme politique, c'est le peuple. C'est pourquoi on dit chaque pouvoir est à l'image de son peuple. SI NOUS AVONS DES HOMMES POLITIQUES CORROMPUS SUR LA SCÈNE POLITIQUE, ÇA SIGNIFIE QUE C'EST LA SOCIÉTÉ QUI EST PERVERTIE. Naturellement décider la dissolution des partis politiques, c'est se mettre à dos le peuple. LE PEUPLE MALIEN EST ABANDONNÉ PAR LES PUCHISTES. Ils n'en sont pas conscients. C'est pourquoi ils sont toujours surpris par les manifestations populaires. Le régime D'IBK est un exemple de mépris du peuple qui a favorisé les manifestations populaires répétitives. IBK a ignoré sa propre formation politique, le RPM pour se faire entourer par des gens qui n'ont aucune légitimité populaire. UN POUVOIR NEUTRALISE LES MANIFESTATIONS POPULAIRES EN GOUVERNANT AVEC CEUX QUI ONT UNE LÉGITIMITÉ POPULAIRE. AOK et ATT l'ont fait!!! Aucune manifestation populaire gigantesque n'a été observée pendant leurs mandats. IBK a non seulement repoussé SOUMAILA CISSE, son challenger, mais a contribué à éloigner de l'exercice du pouvoir plusieurs hommes politiques et personnalités publiques légitimes. L'exemple, c'est MAHMOUD DICKO qui l'a aidé à accéder au pouvoir. Il a préféré des personnalités fidèles à sa personne, mais non connues de la population. Le phénomène se répète avec les USURPATEURS. Autoriser les manifestations, c'est empêcher la violence. L'interdire, c'est la favoriser. Donc les USURPATEURS sont entrain de favoriser la violence politique. Le peuple français doit impérativement s'exprimer. Si on l'empêche de le faire en toute légalité, il va devoir l'imposer. L'idée selon laquelle permettre les manifestations est farfelue. Elles permettent, au contraire, de jauger la colère du peuple. IBK, à travers les manifestations gigantesques, avait la possibilité de sauver son régime en permettant un gouvernement d'union nationale autour d'une personnalité forte ayant une légitimité populaire. En refusant ce scénario, il a favorisé l'intervention des délinquants. C'est lui IBK qui a favorisé le coup de force,non les manifestants comme c'est dit par ceux qui étaient du côté D'IBK. Les puchistes obligent les maliens à utiliser la violence comme en 1991 Ça va arriver avec une telle violence que des morts vont être comptées. Wait and see.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Adieu la commercialisation de la democratie! Adieu la democratisation de la corruption! Nous n' avons pas besoin d' animaux humains comme Moussa Joseph, Moussa Sinko, Ali Diallo, Mountaga Tall, Kadiatou Sy, Amadou Koita, Yeah Samake, Modibo Sidibe, Tieblen Drame, Treta, etc... dans la rue quand notre pays lutte pour sa souverainite totale qu' il avait perdu sous ces mêmes animaux humains!
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