Maliens de New York : La visite du ministre Abdrahmane Sylla consacre la division

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La dernière visite aux Etats-Unis, du ministre des Maliens de l’Extérieur, Abdrahmane Sylla, dans un contexte de division au sein des Maliens de New York, n’a pas permis d’instaurer la cohésion.  Pire, le passage du ministre a eu comme effet l’élargissement du fossé entre les Maliens de New York, organisés en associations, selon nos interlocuteurs. Non content de ne rien faire pour réconcilier les membres de l’Association des Maliens de New York (AMANY) scindée en deux, le ministre est accusé de parti-pris pour avoir choisi sa tendance, vouant l’autre aux gémonies. Contacté le département d’Abdrahmane Sylla nie toute ingérence dans la vie associative des Maliens de New York. Mais la réalité est qu’on a aujourd’hui, deux tendances de AMANY : Amany I et Amany II.

 

L’Association des Maliens de New York (AMANY) est un grand regroupement des Maliens avec un bilan élogieux. AMANY dispose d’un site internet, d’une radio libre (Radio des Maliens d’Amérique), pour l’information et la sensibilisation, au-delà des actions de tous les jours pour aider les Maliens de la diaspora. L’association des Maliens de New York, AMANY, qui a vu le jour en en 2012, serait la première organisation de la communauté malienne de New York, regroupant des associations maliennes dans cette ville. Une grande battante, Madoussou Traoré (connu depuis plus de 20 ans  dans la communauté pour son engagement pour la cause de ses compatriotes à travers  des collectes pour prendre en charge  les cautions des Maliens emprisonnés, le rapatriement des corps de nos compatriotes décédés au pays, les mariages et baptêmes) et ses amis Ladji Fofana, Boubacar Bah, Mahamadou Dembélé, et d’autres sont les initiateurs de cette organisation de la diaspora, qui fait couler aujourd’hui, beaucoup d’encre depuis qu’elle est divisée.

C’est au gré des renouvellements de son bureau, que l’Association des Maliens de New York a vu former deux tendances : Amany I et Amany II, dont les membres s’entredéchirent dans un combat de légitimité, chacune voulant avoir les Maliens de New York avec elle. Amany I abrite le siège et entretient le site web et la radio.

Des transfuges de AMANY, revenus après une absence de plus d’une année, pour conquérir le leadership de l’Association n’ont su empêcher son éclatement en deux. Cette tendance devient Amany II, dont les membres n’entendent pas renoncer aux acquis de AMANY historique. Ils menacent de porter devant les tribunaux américains, cette affaire maliano-malienne, au vu et au su des autorités maliennes et du Conseil de base des Maliens de New York.

L’intervention de l’imam d’une des mosquĂ©es appartenant Ă  la communautĂ© malienne, impliquĂ© dans la mĂ©diation par les responsables de Amany I, n’a pu ramener l’unitĂ© de l’association. Selon nos interlocuteurs, l’Imam qui a prĂ´nĂ© l’accalmie a proposĂ© que les transfuges en revenant, acceptent en tant que membres de l’association, de prendre en charge une partie des dĂ©penses liĂ©es au siège (location, eau et Ă©lectricitĂ©, internet…) de 44 000 dollars US, sans prĂ©tendre la diriger pour l’instant. En rejetant cette dĂ©cision ils ont choisi de mettre en place un bureau parallèle, appelĂ© Amany II et de prendre un autre siège. Comment en est on arrivĂ© là ?

Bureau parallèle

A la fin du mandat du tout premier prĂ©sident de l’Association, Mahamadou DembĂ©lĂ©, et alors que les tiraillements s’installaient entre les deux tendances, le choix du bureau de AMANY a Ă©tĂ© portĂ© sur Balla Sissoko. Son divorce avec les membres du bureau serait vite parti de sa dĂ©marche exclusive n’impliquant pas ses camarades du bureau dans les dĂ©marches pour le rapprochement des deux tendances. C’était le clash lorsque Balla Sissoko projetait de « signer un protocole de paix entre Amany I et Amany II, sans pour autant informer les membres du bureau, encore moins sa base », selon les explications du bureau de Amany. Et ce clash serait arrivĂ© au cours d’une cĂ©rĂ©monie qui s’est dĂ©roulĂ©e en prĂ©sence du ministre des Maliens de l’extĂ©rieur, Abdrahmane Sylla, alors en dĂ©placement aux Etats-Unis. A la suite d’une dĂ©marche qualifiĂ©e de solitaire par ses camarades du bureau, Balla Sissoko acceptĂ©e de signer un protocole de paix, Ă  la nĂ©gociation de laquelle, personne n’a Ă©tĂ© impliquĂ©, expliquent-ils. Cet accord non inclusif concoctĂ© pour ĂŞtre signĂ© en prĂ©sence du ministre des Maliens de l’ExtĂ©rieur, a mis le feu Ă  la poudre, car ayant provoquĂ© une vive dĂ©nonciation publique devant le ministre. Non content de sa dĂ©marche solitaire, les camarades de Balla Sissoko ont, partant d’une pĂ©tition signĂ©e par les membres du bureau, organisĂ© sa destitution de la prĂ©sidence de l’association dès le lendemain. Cependant  la signature avec Amany II, de cet accord contestĂ© en prĂ©sence du ministre, aura valu Ă  Balla Sissoko de devenir le prĂ©sident de cette tendance.

Le nouveau bureau de 34 membres mis en place par Amany I est présidé par Ladji Fofana. Il est suivi de Boubacar Bah au poste de premier vice-président et de Madoussou Traoré.

Quel rôle le ministère des Maliens de l’Extérieur, l’Ambassade du Mali aux Etats-Unis, et le Conseil de base des Maliens de New York ont-ils joué pour ramener la cohésion entre les Maliens de New York ?

Selon les responsables de Amany I, l’Ambassadeur du Mali aux Etats-Unis Sékou Kassé leur aurait déclaré avoir reçu une lettre du ministre des Maliens de l’Extérieur instruisant l’Ambassade de considérer comme seul interlocuteur la tendance de Amany II, à l’exclusion de Amany I. Ce qui serait étrange de la part de l’Ambassade ou du département, qui n’ont pas à stigmatiser une association dès lors qu’elle ne mène pas d’activité illégale ou subversive. Contactée une source proche du ministère des Maliens de l’Extérieur dément l’envoi par le ministre, d’une lettre à l’Ambassadeur du Mali aux Etats-Unis pour instruire la reconnaissance de telle ou telle tendance de Amany. Selon cette source, la mission du ministre visait une « prise de contact avec les Maliens de l’Extérieur afin d’expliquer la Politique nationale de Migration, et c’est une fois sur place qu’on lui a fait état de cette mésentente ». Le ministre n’y était pas pour une mission de médiation, a ajouté notre source.

Mais, lorsque le clash a eu lieu dans la salle, entre les deux bureaux rivaux de Amany, en prĂ©sence du ministre, celui-ci n’aura rien fait pour rapprocher les deux tendances, ne serait-ce qu’en remettant Ă  plus tard la signature d’un accord imposĂ© et n’ayant pas fait l’objet de mĂ©diation suffisante. Ainsi le 31 dĂ©cembre, pour ne rien arranger Ă  la situation, le premier conseiller de l’Ambassade s’est rendu Ă  la cĂ©rĂ©monie de nouvel an d’une tendance, laissant l’autre comme pour traduire dans les faits la supposĂ©e lettre du ministre, que l’Ambassadeur n’a pu exhiber, Ă  la demande de Amany I. Selon son prĂ©sident Ladji Fofana, « Il n’y a jamais eu de bureau consensuel entre ces deux tendances, et le ministre a tout simplement dĂ©cidé  de faire un parti-pris. On se souvient qu’il avait demandĂ© Ă  Doussou TraorĂ© de se retirer de Amany dont elle fait partie des membres fondateurs ».

La bataille judiciaire que voulait engager Amany II devant les tribunaux américains pour la paternité du récépissé aura-t-elle lieu ? Il est nécessaire que le conseil des Maliens de base de concert avec le département des Maliens de l’Extérieur adoptent une démarche positive pour sortir les Maliens de New York d’une situation qui n’honore pas l’image de notre pays. A défaut de les réconcilier, le département ne peut exclure une tendance de la vie associative.

 

 

 

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