Mouvement du 05 juin : De la colère à l’épreuve de force

4
Le mouvement M5, né début juin et composé d’une partie de la société civile, de l’opposition politique et de religieux, a organisé sa troisième manifestation ce vendredi 10 juillet pour réclamer la démission du chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta REUTERS/Matthiew Rosier

Le rendez-vous tant redouté du 10 juillet a eu finalement lieu pour confirmer ce que nous savions tous : l’extrême colère et la vive indignation qui habitent le peuple malien qui ne comprend pas qu’un régime qui n’arrive ni à satisfaire sa demande de sécurité ni à combler ses besoins de survie économique puisse le traiter de si haut ! Depuis le meeting mémorable du 05 juin, en signe d’alerte, IBK a eu plus d’un mois pour apporter des réponses satisfaisantes aux situations de déni de démocratie et d’injustices flagrantes venus fermenter un malaise socio-politique bien plus grave. Il a préféré esquiver les problèmes dans une indifférence teintée de mépris, conforté en cela par un petit cercle de courtisans lui disant “contrôler la situation et que rien ne pourrait se passer”.

La fureur populaire a éclaté dans toute sa vigueur après le meeting du 10 juillet pour se répandre dans Bamako telle une lave de volcan. La conséquence en est que ce vendredi 10 juillet consacre la “mort symbolique” du pouvoir IBK. Dans notre Société, tous les autres attributs du pouvoir viennent après les notions de RESPECT de la personne du chef et de l’AUTORITÉ de sa position. IBK a perdu le respect de millions de ses compatriotes au Mali et dans la Diaspora pour toutes les incapacités démontrées à ce jour mais surtout pour la preuve donnée depuis les élections législatives frauduleuses qu’il ne défend plus l’intérêt général. Son autorité est tout aussi par terre. Chaque acte posé par les manifestants ce fameux vendredi est un coup asséné à son autorité qui n’est plus librement consentie. Ses thuriféraires l’ont conduit au pire désaveu.

Dans cette crise, on note bien que IBK à inauguré une série de première : jamais un président malien n’a essuyé un tel Tsunami de contestation en trois vagues successives. Des centaines de milliers de Maliens dans la rue pour défier le chef de l’Etat. Même au plus fort de Mars 91, on était loin de ce compte. Jamais des citoyens aux mains nues n’ont pris possession de l’ORTM des heures entières ; n’importe quel aventurier pouvait s’auto-proclamer sur les ondes et ajouter au chaos ambiant qui régnait.

Tous les médiateurs de la présente crise savent désormais la réalité du rapport de force dans le pays. Tous les garants de l’Accord dit d’Alger peuvent se convaincre que dans cinq ans, pas les trois qui restent de son mandat, ce président n’obtiendra aucun quitus des Maliens pour quelque décision politique majeure. Emmanuel Macron a cédé à des Gilets Jaunes qui n’atteignaient pas en nombre les manifestants maliens. Mais il y a longtemps que nous avons compris que les règles démocratiques qui s’appliquent aux bords de la Seine ne sont pas les mêmes sur les berges du Djoliba. Allons seulement…!

Bakary Diarra

In Refondation du Mali

Post-scriptum : IBK a encore fait perdre une nuit de semaine de sommeil. Au moment où les édifices flambent, les balles crépitent faisant des morts dans Bamako transformée en champ de guerre, il amène la solution minimaliste de l’abrogation du décret de la Cour constitutionnelle. Pas un mot de l’assemblée nationale, le nœud de la crise qui risque d’avoir encore de beaux jours devant elle.

 

Commentaires via Facebook :

4 COMMENTAIRES

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here