Chérif Ousmane Madane Haïdara
Cherif Madani haidara

Pour la première fois au Mali, la célébration du Maouloud a cohabité avec l’état d’urgence décrété près de 48 heures avant le début des festivités. Comment le Guide spirituel de Ançar-Dine international, un fervent participant de la célébration du Maouloud, a vécu ces évènements inédits ? Sur la question, il a organisé une conférence de presse à son domicile, le samedi 2 janvier 2016, en présence de plusieurs membres du Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali. Selon le Chérif, les Ançars ont fêté le Maouloud 2015 non pas pour s’en sortir saints et saufs. « Nous étions guidés par notre seule conviction et par l’amour pour notre religion », a dit Ousmane Chérif Madani Haïdara pour bien noter sa détermination à célébrer l’évènement religieux. Selon le Chérif, contrairement à certains pays de la sous région comme le Sénégal où le chef de l’Etat, accompagné de certains de ses ministres, a visité quelques sites de prêches à l’occasion des festivités du Maouloud, les autorités maliennes ont simplement boudé les sites de prêche.

En commençant cette conférence de presse à laquelle ont pris part une trentaine de journalistes locaux, le Chérif a d’abord rendu grâce à Dieu le Tout puissant. « La célébration du Maouloud s’est déroulée en toute sérénité. Les festivités se sont déroulées du début jusqu’à la fin sans incident », a noté avec satisfaction Ousmane Chérif Madane Haïdara. Selon le conférencier, cela a été rendu possible grâce à Dieu et au soutien de 3000 gardes et agents de sécurité qui sont venus gratuitement assurer la sécurité sur le site du prêche.      

Le Chérif n’a jamais désobéi aux autorités du pays  

Selon le Chérif en plus de dire qu’elles ne se  sont jamais opposées à la célébration du Maouloud cette année, les autorités du pays lui ont fait la proposition de remettre la deuxième et la troisième journée du Maouloud dans la journée. «Nous avons accepté leur proposition car le Chérif n’a jamais désobéi aux décisions des autorités du pays tant que celles-ci ne portent pas atteinte à notre religion et nous empêchent de la pratiquer. Contrairement à ce qui a été dit par certains, le Maouloud n’est pas une source de revenus pour notre mouvement. Au contraire, l’argent qu’on amasse sur le lieu du Maouloud ne garantit même pas un repas de soir chez le Chérif. En organisant le Maouloud, nous investissons dans l’économie malienne. Car nous accueillons des participants qui viennent de par tout le monde pour venir séjourner au Mali pendant le Maouloud », a fait savoir le conférencier.

Deux ministres du gouvernement « agacent » Haïdara

En plus de la décision du gouvernement de déclarer l’état d’urgence à quelques 48 heures des festivités du Maouloud, deux ministres du gouvernement Modibo Kéïta ont « agacé » le chef des Ançars. En effet, selon le chérif, les deux ministres de la République ont boudés les festivités organisées sur le plan national et se sont fait la belle avec l’argent public. « Ils se sont emparés de l’argent public pour aller fêter au Sénégal », a-t-il déclaré.

A la question de savoir si la reculade du gouvernement face à l’interdiction de la célébration du Maouloud est synonyme  d’une peur, le Chérif a d’abord tenu à préciser que les autorités disent ne jamais s’être opposées à la célébration du Maouloud cette année. « L’Etat n’a pas peur de moi. Et aucun Etat conscient ne doit avoir peur de moi. Je suis un Malien comme tous les autres. Mais nous ne devons pas être empêchés dans l’exercice de notre religion. Au contraire, l’Etat malien nous cause du tort. Heureusement que les choses se sont arrangées après. Car si on prenait la rue cette fois-ci, on ne serait pas rentré de sitôt parce que la chèvre excédée est capable de mordre », a martelé Ousmane Chérif Madane Haïdara.

Le leader religieux voit au contraire son mouvement comme étant un partenaire sûr de l’Etat.  « Ançar-Dine a été le premier le mouvement à voler au secours de l’armée malienne. Quand nous avons donné 10 millions pour aider les forces armées et de sécurité.  Nous avons ensuite souhaité que le Haut conseil islamique face la même chose. Il nous a été signifié que le Haut conseil islamique ne va jamais aider les athées pour aller combattre les musulmans. C’est donc dire que ce n’est pas de nous que le pouvoir a peur. Mais il a peur de ceux qui visent leur fauteuil et ceux avec qui ils partagent le gâteau », a expliqué le conférencier en disant qu’aucun dirigeant ne peut interdire le Maouloud au risque de perdre le pouvoir. « Seuls les dirigeants en déclin sont tentés de le faire. Et même là ils échoueront car le Maouloud appartient à Dieu et est protégé par lui », a averti le guide spirituel des Ançars

Et l’absence d’IBK aurait marqué Haïdara

Au cours de cette conférence de presse, Ousmane Chérif Madane Haïdara a aussi étalé sa déception face à l’attitude du Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta. Selon le Chérif contrairement à certains pays de la sous région comme le Sénégal où le chef de l’Etat, accompagné de certains de ses ministres, a visité quelques sites de prêches à l’occasion des festivités du Maouloud, les autorités maliennes ont simplement boudé les sites.

A l’en croire si le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta lui a fait l’honneur de lui envoyer quatre bœufs, il a abandonné les bonnes habitudes qu’il avait avant son élection à la tête du pays. « Avant son élection à la magistrature suprême, on s’étonnait même souvent de le voir à nos côtés durant nos prêches. On se demandait comment il a pu nous dénicher. Mais depuis qu’il est tombé sur la colline du pouvoir on ne le voit plus lors de nos prêches »,  a aussi rappelé le conférencier.

Youssouf Z KEITA  

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3 COMMENTAIRES

  1. Les guides spirituels doivent se démarquer des politiques . Les guides religieux doivent savoir que l’Etat ne doit pas s’impliquer dans la réligion musulmane au même titre qu’un Etat islamique .

    Jusqu’à preuve du contraire , l’Etat malien est laïc et pas encore islamique
    Les leaders religieux maliens ne doivent pas s’impliquer dans la politique jusqu’à un certain point . Ils doivent garder la neutralité politique s’ils veulent toujours avoir l’estime et le respect des maliens .

  2. Gouvernement, présidence sont différents de la confession. Il faut les dissocier. Ou dio ba aoula.

  3. la securite des malien son plus importante que la faite de musilmane il doi ses tranquiliser inpeu tout les maliene son pas musilma ❓ 8)

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