Paris appelle la junte malienne à "clarifier" ses engagements politiques et antiterroristes"

29 Sept 2021 - 10:28
Mis à jour: 5 ans
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Paris appelle la junte malienne à "clarifier" ses engagements politiques et antiterroristes"
PARIS: La France souhaite que la junte au pouvoir au Mali "clarifie les choses" et respecte ses engagements sur la transition politique et la lutte antiterroriste, a estimé mardi un conseiller du président Emmanuel Macron. Paris avait fermement rejeté lundi les accusations "inacceptables" et "indécentes" d'"abandon" du Mali portées par le Premier ministre de transition Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l'ONU. Celui-ci, s'exprimant devant des journalistes à son retour à Bamako mardi, s'est gardé de réitérer ces propos. Il a exprimé la reconnaissance de son pays envers la communauté internationale pour son soutien, ainsi que le respect des engagements pris en matière de lutte anti-jihadiste. Mais il a également affirmé "la volonté du peuple malien d’exercer sa liberté d’Etat souverain". "Il y a encore de l'espace pour clarifier les choses", a déclaré mardi un conseiller d'Emmanuel Macron. "Nous avons besoin que la junte respecte les engagements sur la transition politique, essentielle pour la stabilité du Mali, nous avons besoin d'engagements clairs dans la lutte antiterroriste et nous avons besoin que les Maliens s'abstiennent de recourir aux services d'une milice dont on a pu constater en Centrafrique ou en Libye tout le désordre qu'elle pouvait créer", a-t-il ajouté. Il faisait référence aux discussions engagées depuis quelques semaines par les militaires au pouvoir à Bamako avec le groupe paramilitaire privé Wagner, réputé proche du Kremlin. "Nous sommes informés d'un certain nombre de contacts" entre les deux parties mais "nous pensons que les Maliens peuvent encore faire le bon choix", a souligné l'Elysée. "L'alternative est très clairement posée pour nous, il y a une question de confiance qui est posée", a ajouté la présidence, en réaffirmant qu'un recours aux mercenaires ne serait "pas compatible" avec la poursuite de la mission des troupes internationales participant à la lutte antijihadiste. Comme la ministre des Armées Florence Parly l'avait fait lundi, l'Elysée a qualifié d'"inacceptables" les propos tenus samedi à l'ONU par Choguel Kokalla Maïga, qui a affirmé que l'annonce par Emmanuel Macron en juin de la réorganisation de la présence militaire française, avec la fin programmée de Barkhane, représentait "une espèce d'abandon en plein vol". Cette situation a conduit Bamako "à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome avec d'autres partenaires", a ajouté M. Maïga. M. Maïga a rendu compte mardi à Bamako de son déplacement au président de transition, le colonel Assimi Goïta. Aux Nations unies et dans ses discussions au cours de son déplacement, il a "réitéré la gratitude du gouvernement et du peuple malien aux Nations unies et à tous nos partenaires, bilatéraux comme multilatéraux", a-t-il dit à des journalistes après avoir été reçu par le colonel Goïta. "Nous avons rassuré nos partenaires traditionnels sur le respect de tous les engagements pris au nom du Mali en matière de lutte contre le terrorisme", a-t-il dit. "Mais nous avons aussi tenu à signifier à la communauté internationale, à laquelle le Mali est reconnaissant pour son accompagnement, la volonté du peuple malien d’exercer sa liberté d’Etat souverain dans ses prérogatives en matière de défense et de sécurité", a-t-il ajouté. Il s'est gardé de réagir au reproche "d'indécence" fait par la ministre française des Armées, indignée par ses propos à l'ONU au lendemain de la mort d'un soldat français au Sahel. "A ce stade, nous ne souhaitons pas faire de commentaires sur les déclarations de nos partenaires, nous leur avons dit ce que nous pensons de la situation entre nous, en tête-à-tête. Je crois que les discussions vont continuer au niveau le plus approprié", a-t-il dit. Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en prévoyant de réduire ses effectifs dans la région d'ici à 2023 à 2.500-3.000 hommes, contre plus de 5.000 aujourd'hui. La France avait aussi réitéré lundi à l'ONU son appel à l'organisation d'élections législatives et présidentielle le 27 février au Mali, conformément aux engagements pris devant la communauté internationale par la junte qui pris le pouvoir dans ce pays.

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Commentaires (15)

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BKaman
BKaman 5 ans
Les autorités maliennes doivent continuer à garder leur calme face aux provocations de la France qui veut les pousser à la faute pour se donner des prétextes de légitimer des actions de sape (ou même plus) à leur encontre. Elles doivent à tout prix continuer à agir avec détermination et sang-froid. Ce sont des dirigeants qui ont fait la preuve qu'ils peuvent contrôler leurs émotions tout en gardant leur dignité et en défendant celle des Maliens sans peur et sans agitations inutiles. Ce qui a toujours fait le plus grand tort à l'Afrique, ce sont des dirigeants émotionnellement instables, couards ou agités. Quand la France prenait prétexte de l'incursion des terroristes qu'elle a armés pour envahir le Mali et procéder à son occupation militaire, nous avions mis en garde, sur ce site même, le président Djoncounda Traore. Nous lui avions dit, redit, et re-redit qu'il allait commettre une grave erreur en autorisant l’armée française sur le territoire malien et tout ce qui se passe aujourd'hui, nous étions plusieurs sur ce même site a l'avoir prédit: à savoir que les Français ne venaient pas pour libérer le Mali mais qu'ils venaient pour faire exactement le contraire de ce qu'ils disent et qu'une fois qu'ils auraient mis pied ici, il serait extrêmement difficile de les faire partir. Et c'est ce qui s'est passé. Voila ce que la "panique" qui avait saisi les autorités maliennes de l’époque nous a coûté. Si ces autorités avaient gardé leur sang-froid et fait un meilleur choix de partenaire pour le Mali, nous n'en serions pas là. Mais elles ont cru que c’était la fin du monde et elles ont abdiqué et introduit le loup dans la bergerie. En effet, ce n'est pas en cédant à la peur qu'on échappe à ses ennemis. On peut tout au plus se livrer pieds et poings liés à eux en paniquant et ainsi déchainer toutes sortes de brimades contre soi. C'est comme autrefois dans les guerres en Afrique. Ceux qui se sont livrés à l'ennemi pour sauver leur vie ont fait le choix de devenir esclaves, mais n'ont pas livre qu’eux-mêmes. Ils ont livré toute leur descendance et toutes les générations futures qui sont devenues esclaves comme eux. S'ils avaient eu le courage de combattre, la victoire n'aurait peut-être pas été une certitude pour eux, mais il aurait existé une probabilité de sauver et leur vie et la liberté de leur future descendance. La couardise n'est jamais une bonne stratégie. Aussi, il n'y a pas lieu de céder au chantage et de faire marche arrière à ce stade. Cela ne fera qu'aggraver les problèmes au lieu de les résoudre parce que ce n'est pas cela qui fera changer l'attitude de Paris à l’égard des Africains que les Français méprisent royalement et auxquels ils ne reconnaitront jamais le droit d'avoir leur propre avis. Tous ces Français que vous voyez ont grandi, au sein de leur famille, avec l’idée que les Africains n'ont pas d'existence autonome et qu'ils ne peuvent qu’être sous tutelle. Vous pouvez me croire ou non, mais c'est la vérité derrière le sourire et les signes apparents de respect )d'ailleurs seulement chez ceux d'entre eux qui sont intelligents et instruits). Les autres le manifestent de manière brute et sans gants. Pour eux, les Africains ne pensent pas. Les Africains n'ont d'ailleurs pas à penser puisque les Français sont là pour penser pour eux et leur dire la façon dont ils doivent se comporter en toute circonstance. L'Afrique dite francophone est leur chasse-gardée. Personne n'a le droit d'y toucher sans leur consentement. Même pas les Africains eux-memes. C'est comme ça qu'ils voient les choses. L'avis des Africains eux-memes ne compte pas dans cette équation. Le reste, c'est du blabla. lIl ne faut pas croire qu'il y a un seul dirigeant Français qui pense autrement. Il n'y en a pas. Les temps ont change mais les Francais eux ne changeront jamais car cela serait incompatible avec l'existence meme de leur pays en tant que "super-puissance" comme ils le croient alors que les faits de tous les jours montrent qu'ils ne sont qu'une grenouille qui veut se faire aussi grosse qu'un bœuf comme le dit une leurs fameuse fables. Les autorités maliennes doivent donc s'assumer. Avec courage et intelligence. Reculer à ce stade, ce serait perdre définitivement l'estime et la confiance des nouveaux partenaires et même de tout futur partenaire et du coté de la France cela ne changerait rien par rapport à la façon dont ils voient les choses et les décisions qu'ils ont déjà prises concernant le Mali et les autorités maliennes. Le Mali ne sera pas sauvé en abdiquant. Ça au moins c'est sûr.
vincent
vincent 5 ans
Bonne analyse, BKaman. J'ajouterai seulement que le Mali appartient aux maliens. Il faut maintenant se demander pourquoi la France s'agite-t-elle du contenu d'un discours si elle n'avait pas d'intérêt à protéger au Mali ? La transition doit rester « droite dans ses bottes ». Plus question de recul. Le Mali est en marche et il avance, qu'on le veuille ou pas. J'avais aussi dit, en son temps, que je n'ai pas connaissance d'une seule mission onusienne de maintien de la paix ou de stabilisation ayant eu un succès dans un pays quelconque. Il ne faut pas se leurrer que toutes ces missions constituent des gouffres financiers et ne souhaiteront jamais que le robinet financier soit coupé. Et ça se comprend car elles vivent de millions de dollars au quotidien dans les salaires, perdiem, voyages, missions, R&R, etc. Qui est fou ?
BKaman
BKaman 5 ans
Tout à fait. Vous avez parfaitement raison et il n'y a pas que les pantouflards internationaux qui se sucrent sur notre dos et entretiennent de façon cynique et irresponsable des conflits dont ils tirent profit dans nos pays. Il y a aussi les militaires, les marchands d'armes, des officiers supérieurs français qui y gagnent des millions d'euros et voient là une occasion de gagner des galons à moindres frais ainsi que tout une foule de "consultants", "d'experts", etc. La guerre a toujours été l'un des business les plus lucratifs pour tous ces gens-là et c'est l'une des raisons pour lesquelles les guerres modernes sont sans fin. Elles s’étirent parfois sur des décennies sans aucune victoire décisive de l'une ou l'autre partie car une victoire signifierait la fin des affaires tout comme la France n'aurait plus de justification à sa présence militaire au Sahel si la guerre et les violences prenaient fin. Autrement, comment pourrez-vous croire que plus de 15.000 hommes dotés des moyens aériens, terrestres et de télécommunication les plus modernes et les plus sophistiqués seraient incapables de venir à bout de quelques de centaines de hurluberlus illettrés à moto? Comment pourrez-vous croire que ces milliards d'euros sont dépensés juste pour éradiquer des terroristes en sandales isolés des populations locales? Quelque part on se moque de nous et nous devons dire: "Ça suffit comme ça!". .
Kinguiranke
Kinguiranke 5 ans
Que la France comprenne que sa politique de division ne va plus gagner en Afrique et l'exploitation de nos richesses doit finir, nous n'alllons pas rester dans la grande pauvrete pour que vive la France parasite!
vincent
vincent 5 ans
De quelle clarification, la France a-t-elle encore besoin ? Elle a été faite de façon solennelle à la tribune de l'assemblée générale de l'ONU. "Le vin est tiré, il faut le boire". Il n’y aura plus d'autre clarification.
soulbia
soulbia 5 ans
les propos de Macron doivent être pesés contre le mali . C'est plutôt le mali qui doit leur demander d'éclaircir leur position dans cette lutte politique . Tout ce qui manque aujourd'hui à la France se trouve en Afrique particulièrement au mali. Raison pour laquelle elle sont obligée de négocier.
HAHAHA
HAHAHA 5 ans
UN MEC QUI SE FAIT GIFFLER ET LANCER DES OEUFS POURRIS, HOHOHO
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