Gestion de l’ambassade du Mali à Addis-Abeba : Près de 16 millions FCFA d’irrégularités financières décelées

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Conformément aux Pouvoirs n°040/2019/BVG du 12 décembre 2019 et en vertu des dispositions de l’article 2 de la Loi n°2012-009 du 8 février 2012 abrogeant et remplaçant la Loi n°03-30 du 25 août 2003 l’instituant, le Vérificateur Général a initié une mission de vérification de la gestion de l’Ambassade du Mali à Addis-Abeba (AMAA) en Ethiopie au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1er Semestre). A l’issue de la vérification, la mission a révélé plusieurs irrégularités administratives et financières. Concernant les irrégularités financières, elles sont estimées à près de 16 millions de nos francs.

Selon le rapport, les gestionnaires se doivent d’observer rigoureusement les règles et principes d’administration et de gestion, surtout dans un contexte marqué par la rareté des ressources et les exigences de plus en plus grandes pour le renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence financière. Ainsi, la mission de vérification a examiné les recettes et les dépenses budgétaires effectuées par l’AMAA sur la période allant de 2016 à la fin premier semestre 2019. Et ces travaux de vérification ont permis de mettre en exergue, malgré les efforts consentis par l’Ambassade, des faiblesses et dysfonctionnements relevant des irrégularités à caractère administratif ou du contrôle interne, ainsi que des irrégularités à caractère financier. Les irrégularités d’ordre administratif se caractérisent principalement par l’absence de comptabilité-matières, la non-tenue ou la tenue irrégulière des registres et documents budgétaires et comptables, ainsi que le non-respect des procédures d’exécution des dépenses publiques.

Il convient de préciser que l’équipe de vérification n’a pas examiné les marchés de construction de la chancellerie et des appartements des diplomates dont les travaux viennent de commencer et qui ont fait l’objet de beaucoup de contrôles et des recommandations ont été formulées par des inspections sectorielles. Afin de corriger les irrégularités décelées, l’équipe de vérification a formulé des recommandations adressées aux responsables de l’AMAA. Toutefois, souligne le rapport, le Bureau du Vérificateur Général assurera en temps opportuns le suivi de la mise en œuvre de ces recommandations.

S’agissant des irrégularités financières, le rapport indique qu’elles découlent notamment du non-respect des procédures d’exécution des dépenses publiques, des avantages indus accordés au personnel et autres personnes et de la prise en charge de dépenses inéligibles. Enfin, l’équipe de vérification a constaté des difficultés d’application des textes sur les finances publiques, notamment la réglementation sur la comptabilité publique et le Code des Marchés publics.

Et de poursuivre que ces difficultés sont essentiellement liées à la spécificité de la gestion des Missions diplomatiques, assimilable aux régies d’avances, mais s’exécutant à l’extérieur du Mali sur la base de l’instruction sur la gestion comptable des ambassades et qui est en déphasage avec les activités des Ambassades. Afin d’y remédier, l’équipe de vérification recommande une relecture des textes sur la gestion budgétaire et comptable des Ambassades et Consulats du Mali à l’étranger pour les adapter à leur contexte et environnement.

En plus, cette relecture doit être couplée avec la mise en place de la digitalisation, à l’instar des autres ambassades, de la gestion des Ambassades par une plateforme de gestion. Cela permettra d’éviter certaines erreurs comptables par l’automatisation de la production des agrégats de gestion et l’Etat gagnera sur les coûts de transport des documents physiques avec une supervision intégrée des différents acteurs intervenant dans la gestion des Ambassades et des missions diplomatiques du Mali à travers le monde.

Le rapport révèle que les irrégularités financières décelées ont été transmises au président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako en charge du Pôle économique et financier. Celles-ci sont relatives notamment aux avantages indus accordés au personnel diplomatique pour un montant de 3 317 352 FCFA ; au paiement de dépenses non éligibles pour un montant de 2 943 000 Fcfa ; au non remboursement des frais d’hôtel pour un montant de 5 521 267 Fcfa ; au déficit de caisse pour un montant de 3 039 898 Fcfa ; à l’écart sur les valeurs inactives de timbres fiscaux pour un montant de 840 876 Fcfa.                                                                                   

Synthèse de Boubacar PAÏTAO

 

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