Vœux des Institutions et des autorités administratives indépendantes : Une année d’épreuves et d’espoirs

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Vœux des Institutions et des autorités administratives indépendantes : UNE ANNEE D’EPREUVES ET D’ESPOIRS

Si 2015 a été marquée par les attentats terroristes et le drame de Mina qui ont meurtri le pays, la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation a ouvert de bonnes perspectives pour l’avenir de la nation

Après les confessions religieuses et les familles fondatrices de Bamako, c’était au tour des Institutions de la République et des autorités administratives indépendantes de présenter leurs vœux de nouvel an au chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita. Le premier intervenu fut le président de l’Assemblée nationale. L’honorable Issaka Sidibé dira que l’année 2015 a été particulièrement douloureuse pour notre avec beaucoup de personnes tuées lors des attaques terroristes et de la bousculade de Mina en Arabie Saoudite. Comme point positif, il a rappelé la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation qui a été rendu possible grâce à la détermination du président de la République. L’application de cet accord, préconise-t-il, demande l’implication de tous les Maliens. Parlant des activités parlementaires en 2015, le président Sidibé a précisé que 74 projets et propositions de loi ont été examinés dont l’une des plus innovantes est la loi portant statut de l’opposition. Par ailleurs, il a annoncé que l’Assemblée nationale examinerait très prochainement le rapport d’enquête sur les évènements en mai 2014 à Kidal et celui portant sur l’accusation de l’ancien président Amadou Toumani Touré pour haute trahison devant la Haute cour de justice.


Le président de la Cour suprême, Nouhoum Tapily, a, lui, condamné les attentats terroristes qu’a connus le pays en 2015 avant de saluer les actions qui sont en cours pour débusquer les auteurs de ces crimes à travers des enquêtes judiciaires. « L’accord de paix signé est une ultime chance d’instaurer la paix et la stabilité dans le pays », a-t-il déclaré. En outre, le président de la Cour suprême a indiqué que l’année 2015 a été très dense en activités pour son institution avec 483 arrêts rendus par la Section judiciaire, 283 par la Section administrative. La section des comptes a vérifié 377 comptes et rendu 364 arrêts. Enfin, le parquet général de la Cour suprême a fait 367 conclusions, examiné 139 réquisitoires et émis 423 avis sur les comptes de gestion publique.


Quant à la présidente de la Cour constitutionnelle Manassa Danioko, elle a salué l’estime que le chef de l’Etat a pour son institution. Elle a tout de même déploré le fait que son autonomie soit remise en cause dans la pratique. Pour remédier à cet état de fait, Manassa Danioko préconise le renforcement des moyens d’action de l’institution, ce qui nécessite la révision de la Constitution. Un accent doit être aussi mis sur la communication pour donner plus de visibilité aux actions de cette Cour. A ce propos, elle a parlé de l’ouverture d’une salle informatique, d’une salle de gestion des archives et surtout de la confection d’une revue de droit dont le contenu sera consacré au rôle de la Cour constitutionnelle et les décisions rendues par elle.


Le président de la Haute cour de justice s’est réjoui de l’équipement du siège de son institution par l’Etat. Abdramane Niang a aussi salué l’assistance technique et financière fournie par certains partenaires étrangers qui ont permis aux membres de la cour de suivre plusieurs formations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Il a particulièrement salué les efforts du président Ibrahim Boubacar Kéita en faveur de la paix et de la réconciliation dans notre pays. « La paix est un bien précieux. Mais la justice aussi. Les Maliens ont soif de justice », a-t-il déclaré en souhaitant qu’un accent particulier soit davantage mis sur la lutte contre l’injustice et l’impunité dans le pays.


Le président du Haut conseil des collectivités territoriales, Mamadou Diakité, n’a pas non plus manqué de saluer le dévouement du chef de l’Etat à mettre fin définitivement à la crise sécuritaire dans notre pays. Tout comme les efforts diplomatiques qu’il est en train de mener pour faire rayonner le Mali sur la scène internationale. L’appétit venant en mangeant, le président du Haut conseil des collectivités territoriales a souhaité l’érection de son institution en Sénat.


Pour le président du Conseil économique, social et culturel, il a félicité le président de la République, le gouvernement et la communauté internationale pour les efforts conjugués ayant abouti à la signature d’un accord de paix et de réconciliation. Après avoir annoncé la finalisation d’un recueil annuel des attentes des populations par son institution, Boulkassoum Haidara a souhaité plus de moyens pour assurer le suivi-évalution du travail effectué sur le terrain. Il a également souhaité le transfert du siège du CESC dans un autre endroit autre que la colline de Koulouba.


« L’année 2015 nous laisse un sentiment de tristesse à cause de la mort de nos compatriotes à Mina. Aussi à cause des Maliens et des non Maliens qui ont perdu la vie au cours des attentats à Bamako et à l’intérieur du pays », a déclaré le Médiateur de la République, avant de saluer le sans froid du président IBK à gérer ces moments difficiles pour la nation. Il a aussi félicité le chef de l’Etat pour avoir porté plus haut l’image du pays au cours de ses nombreux déplacements à l’extérieur. La preuve, dit-il, est la visite historique que le président IBK a effectuée en France où il a été reçu avec tous les honneurs.


Après avoir salué les actions du président de la République pour la paix dans notre pays, le Vérificateur général, Amadou Ousmane Touré, a évoqué la difficile mission que son bureau est en train de mener contre les pilleurs des ressources publiques. Une mission très délicate qui fait que le Bureau du vérificateur général est souvent victime des propos malveillants. Malgré tout, le Vérificateur général a dit sa détermination de travailler dans le strict respect de la loi.


C’était la première fois pour le président de la Commission vérité, justice et réconciliation de présenter ses vœux au président de la République. Ousmane Oumarou Sidibé a ainsi saisi l’occasion pour remercier le chef de l’Etat d’avoir mis en place de cette commission, afin que la vérité éclate et que la justice soit faite sur les graves violations des droits de l’homme qui se sont passées dans le nord du pays lors des évènements de 2012 et d’après. Pour que sa structure puisse pleinement jouer son rôle, il a annoncé la mise en place très prochainement des antennes et des points focaux à l’intérieur du pays.


En réponse, le président de la République dira que la présentation des vœux de nouvel an est une tradition qu’il faut respecter, car elle est une occasion d’échanger sur les sujets de la nation en toute sincérité et en toute loyauté. Le chef de l’Etat a déclaré qu’avec la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en 2015, le pays s’est lancé dans un processus de paix global auquel tous les acteurs concernés doivent pleinement s’impliquer. A ce propos, il affirme de ne remettre en cause en aucun moment l’engagement des groupes armés. Pour le président IBK, l’Etat est en train d’y jouer correctement sa partition. La preuve est que le gouvernement a repoussé les élections municipales et régionales afin qu’elles soient inclusives. « Il faut qu’on avance », a-t-il demandé.


Par ailleurs, le président Kéita s’est dit favorable au déplacement du siège de l’Assemblée nationale. Selon lui, aujourd’hui il n’est pas normal que les élus de la nation cohabitent avec les vendeurs de têtes de crocodile et d’autres reptiles. Par ailleurs, le chef de l’Etat s’est réjoui de la construction du nouveau siège de la Cour suprême dont l’inauguration est prévue en juin prochain. Il a souhaité que l’autorité judiciaire soit installée à hauteur de souhait. Tel n’est pas le cas pour la plupart des palais de justice à l’intérieur du pays. « Vos conditions ne font pas honneur au premier magistrat que je suis », a-t-il. Concernant la Cour constitutionnelle, le président de la République souhaite qu’une solution soit trouvée à la manière dont les 9 sages portent leur écharpe. « Le port de l’écharpe de la Cour constitutionnelle n’est pas conforme. Il faut trouver une solution à cette singularité », dit-il. Il a aussi indiqué que l’idée de la transformation du Haut conseil des collectivités territoriales doit être examiné lors des reformes institutionnelle qui sont prévues.


Le chef de l’Etat a rendu l’ascenseur au Médiateur de la République tout en le remerciant d’avoir donné plus de visibilité à cette structure à travers la tenue de l’Espace d’interpellation démocratique. Par ailleurs, le président Kéita a invité le Vérificateur à faire son travail en toute quiétude. « Vous avez entière liberté à faire votre travail en toute quiétude même si c’est le président de la République qui est concerné. Nous allons en tirer les conséquences. C’est tout », dit-il. Enfin, le chef de l’Etat a souligné l’importance de la Commission vérité, justice et réconciliation et a promis de l’accompagner dans l’accomplissement sa mission.

M. KEITA

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