Expansion du tabagisme juvénile à Bamako : La Chicha, ce stupéfiant qui est entrain de faire tabac

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La chicha est devenue le nouveau phénomène en vogue des jeunes Bamakois, on les voit à chaque coin de rue massés autour d’une chicha  entrain de faire passer à tour de rôle l’embout et d’inhaler et de régurgiter la fumée. Interdite dans certaines communes, la chicha continue sa fulgurante ascension malgré ses énormes conséquences sur la santé des jeunes qui s’y adonnent à cœur joie. Lors du lancement du Réseau des journalistes d’investigation pour la lutte contre la drogue et le crime organisé, Dr Souleymane dit Papa Coulibaly psychiatre au CHU point G a animé une conférence débat lors de laquelle il a fait ressortir les dangers de la pratique.

La chicha (appelée aussi narguilé selon les endroits) est une pipe à eau permettant de fumer du tabac. Une seule bouffée de chicha contient autant de fumée qu’une cigarette entière. Une séance de chicha revient ainsi à fumer entre 20 et 30 cigarettes ! Et les risques pour la santé sont les mêmes que pour la cigarette, a développé le Dr Coulibaly. Selon lui, la chicha est même pire que la cigarette tout en dissuadant les jeunes Maliens à ne pas se fier à l’odeur de fruits que dégage la chicha mais qu’ils sont en train de fumer de la cigarette. Selon l’organisation mondiale de la Santé, une séance de chicha (ou narguilé) d’une heure correspondrait à l’inhalation de la fumée de 100 à 200 cigarettes, a-t-il informé, avant d’annoncer que la fumée moins âcre de la chicha et associée à des parfums sucrés incite les fumeurs à inhaler plus profondément, provoquant des dégâts importants. La teneur de la fumée de chicha, notamment en béryllium, en chrome, en cobalt, en plomb et en nickel, est plus élevée que celle de la fumée de cigarette,  révèle le Dr Coulibaly. Selon le psychiatre du CHU point G, une étude récente a démontré qu’un gramme de tabac à chicha libère entre 24 et 80 mg de goudrons, tandis qu’une cigarette standard (1 g) ne peut libérer au maximum que 10 mg de goudrons.  Il a expliqué que la composition du goudron d’une cigarette est différente de celle de la chicha à cause des différences de température de combustion (900 °C pour la cigarette et 450 °C pour la chicha). Il ne faut pas oublier que la fumée de chicha, en plus des métaux du tabac contient également du charbon, du revêtement du fourneau et de la colonne, du tuyau ou de la feuille d’aluminium« Il faut partir du principe que l’utilisation régulière de la chicha peut conduire aux mêmes maladies que celles auxquelles s’exposent les fumeurs de cigarette : cancer de l’œsophage, cancer de l’estomac, cancer du poumon, cancer de la gorge, infarctus, accident vasculaire cérébral (AVC), broncho-pneumopathies etc. », a-t-il dit. Avant de noter que l’utilisation répétée du même narguilé par plusieurs fumeurs consécutifs ou en même temps sans prendre en compte de changer le tube après chaque utilisation peut engendrer plusieurs infections pulmonaires. Dr Coulibaly a invité les autorités maliennes à prendre des mesures draconiennes contre la propagation de la chicha dans notre pays afin de réduire ses énormes conséquences sur la couche juvénile. Il a montré qu’en plus du tabac que certains jeunes de Bamako utilisent le tube de la chicha pour inhaler d’autres stupéfiants qui ont des conséquences douloureuses sur leur santé psychique et qui peuvent conduire aux troubles mentaux.

Moussa Samba Diallo

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