Justice et Réconciliation : AMDH en atelier d’échanges : «Justice et réconciliation au Mali, quelles articulations pour un projet de société de paix construit de manière participative ?»

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La violence et les exactions ont augmenté de 40% en 2018 au Mali. Plus de 300 victimes avaient été recensées au premier trimestre de 2019. La situation se dégrade davantage avec pour corollaire de nombreuses pertes en vies humaines  et matérielles. Les récents massacres de civils dans la région de Mopti, notamment à Ogossagou, Sobane et Yoro, ont aggravé la situation déjà volatile et complexe. Ces différents massacres ont au moins fait 230 victimes civiles. C’est ainsi, que l’Association Malienne de Droit de l’Homme (AMDH)  en partenariat avec le Comité International pour le Développement des Peuples (CISP) et Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) ont envisagé depuis ce mardi 9 juillet 2019 à l’escale Gourmand de Bamako d’initier un atelier d’échanges de deux jours «Justice et réconciliation au Mali, quelles articulations pour un projet de société de paix construit de manière participative?».

Maliweb.net Cet atelier d’échanges de deux jours vise globalement à approfondir davantage les réflexions autour de la place de la justice dans la réconciliation nationale et de l’importance d’un processus de paix inclusif avec notamment la prise en compte du genre. Dans ce contexte, la réconciliation nationale au Mali est un élément structurant de la stratégie de sortie de crise et de création des conditions de paix et de prospérité durable, sans lesquelles aucun développement n’est possible. Dès lors, le discours du 31 décembre 2017 du Président de la République malienne, Ibrahim Boubacar Keita, annonçant sa volonté de promulguer une loi d’entente nationale souhaitait contribuer à l’effort de réconciliation et s’inscrire dans cette démarche. Mais la situation sécuritaire très prenante qui se déroule au centre du Mali depuis quelques mois crée un sentiment fort d’impunité, sentiment déjà vécu depuis la crise de 2012. La Réconciliation nationale est devenue une urgence au vu de cette situation, les OSC maliennes agissent en dénonçant les violations des droits de la personne et prennent en souci le sort des victimes de guerre. Ces victimes, parmi elles, les femmes et les enfants attendent que justice leur soit faite. La paix tant espérée tarde à venir. Un climat de vengeance se répand et l’insécurité est devenue permanente. La crise que connait le pays est plus profonde, car elle déstructure les identités sociales et appauvrit les
communautés matériellement, culturellement et symboliquement. Le droit pâtit et les consciences s’égarent. La crise malienne a occasionné ce qu’on appelle une perte d’identité sociale. Aussi, l’Etat doit s’impliquer davantage pour la matérialisation de cette justice qui tarde à venir malgré les efforts consentis par l’Etat malien et les organisations de la société civile malienne.

Quels sont les obstacles à la cohésion sociale, et notamment le rôle et la place de la femme pour faire face aux défis de la paix au Mali ?

Afin de rendre le processus de la paix plus inclusif, socle de la réconciliation nationale et d’une paix durable, nous pensons aujourd’hui que le Mali a besoin d’une justice saine et équitable qui va permettre aux victimes de participer pleinement au processus de réconciliation et développement du Mali en vue d’une paix durable.  « L’obligation d’oubli contribuait à fonder la mémoire, et donc la Cité. Un oubli neutralisé par son injonction même: étonnant paradoxe à mettre en culture… et questionner ce que nous risquerions de prendre pour des évidences… »Dans ce contexte, il serait alors judicieux d’essayer de penser ensemble – en partant, chaque fois, de situations très concrètes – comment construire des dispositifs d’accompagnement, dont l’échelle resterait à déterminer, dans un Mali émergeant d’un conflit interne d’une grande violence. Exercice difficile, qui pose la question de la cohabitation de gens impliqués à divers titres dans des relations destructrices. Exercice requérant une progression prudente, « de Proche en Proche », parce qu’il interroge le « vivre ensemble » jusqu’aux voisinages les plus problématiques.

Car selon le Président de l’AMDH Me Moctar Mariko, si sept ans après le début de l’occupation au Nord du pays, la poursuite et le jugement d’auteurs de graves violations des droits de l’Homme et du Droit International humanitaire est, hélas, restée exceptionnelle au Mali, des récents changements invitent à un espoir prudent. « Nous nous réjouissons de l’adoption de la loi visant à élargir la compétence du Pôle Judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Disposant de compétences, moyens d’enquête et d’instruction plus importants que les juridictions de droit commun, celui-ci pourra désormais enquêter sur les crimes de guerre, crime contre l’humanité et crime de génocide. Cette adoption par l’Assemblée Nationale est intervenue le 27 juin 2019 après l’adoption du projet de loi en conseil des Ministres le 29 mai 2019, sur le rapport du nouveau ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Cette mesure pourrait permettre de relancer des enquêtes sur les crimes commis au Nord Mali, dans l’impasse depuis des années, faute notamment de moyens, et d’apporter une réponse judiciaire aux crimes qui continuent à être perpétrés au centre du pays… » Explique t’il

Bokoum Abdoul Momini/Maliweb.net

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