Le journaliste Adam Thiam tire sa révérence : Hommage national rendu à l’illustre disparu

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Décédé le jeudi 18 mars 2021 à Bamako à l’âge de 67 ans des suites d’une maladie, le journaliste Adam Thiam, Conseiller Technique en Charge de la Cellule de Communication et des relations publiques de la Présidence de la République du Mali, a été accompagné à sa dernière demeure, le dimanche 21 mars 2021, par les parents, frères, autorités, collègues et amis. Les obsèques ont eu lieu au Centre islamique d’Hamdallaye de Bamako. Le peuple malien tout entier lui a rendu un dernier hommage le week-end dernier. Il repose désormais au cimetière d’Hamdallaye de Bamako.

 « Les morts ne sont pas morts », cet adage sied parfaitement à la disparition de Adam Thiam. Car, Adam Thiam s’en va définitivement, mais ses « écrits » restent. Plusieurs personnalités ont pris part aux funérailles de feu Adam Thiam. Parmi ces personnalités, on peut citer le représentant du président de la Transition, Kalilou Doumbia, les membres du gouvernement, l’ancien président de la transition, Dioncounda Traoré, l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, les anciens ministres comme Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, ami inséparable de feu Adam Thiam, des journalistes et plusieurs autres personnalités. La cérémonie d’hommage a démarré par les bénédictions de Abdoulaye N’Diaye. Puis, Jafar Thiam, le fils de Adam Thiam a, au nom de la famille, rendu un hommage au défunt. « Adam Seydou Thiam, Quel HOMME! Ce Monsieur au cœur de Lion, un père aimant, un frère irréprochable, un fils exceptionnel, un vrai ami. Ta famille, tes amis, tes collègues, tous ceux qui t’ont connu et apprécié… Tout le monde est là. Nous sommes tous là pour te dire adieu et te rendre un dernier hommage. Tu pars avant nous, bien trop tôt, bien trop vite… Et ta disparition nous rappelle comme une évidence que nous sommes finalement bien peu de choses et qu’il faut profiter de chaque seconde, de chaque minute ici bas passée auprès des siens. Nous nous rappelons cette humilité sans fin que tu incarnais, ton humour, ton aisance à trouver les mots justes en toutes circonstances, ta bonté divine, ta générosité sans fin, cette éloquence démesurée, ta disponibilité, difficile d’énumérer toutes ces qualités tant appréciées de tous », a-t-il dit. Avant d’ajouter que Adam Thiam avait ce dont d’être l’ami de tous, toutes générations confondues, le Papa de tous tes enfants, et Dieu sait qu’ils étaient nombreux. «Adam fut pour nous et notre brave mère un exemple de père et un mari modèle. Il a toujours prioriser les problèmes d’autrui avant les siens, il faisait parti de ceux qui se sacrifieraient un bras pour venir en aide à son prochain. Ce qui nous réconforte, ce sont les témoignages sur l’homme qu’il était, c’est rassurant de voir qu’il fait l’unanimité. Adam se trouve en chacun de nous, faisons en sorte que cela perdure », a conclu Jafar Thiam.

«Adam Thiam était une école »

A sa suite, le journaliste Sékou Tangara de Africable Télévision a, au nom de la presse, indiqué que Adam Thiam était une école pour la jeune génération de journalistes. « La grande famille de la presse malienne et au delà reconnaît unanimement les valeurs de probité, de dignité et surtout d’humilité que tu as su incarner pendant les trente dernières années en tant que journaliste et récemment en tant que responsable de la Cellule de Communication de la Présidence de la République. Qui n’a pas un jour été touché par tes sorties, de quoi je me mêle ou la chronique de vendredi ? », a déclaré Sékou Tangara. Il a fait savoir que l’histoire retiendra que Adam Thiam fut des premiers à avoir alerté sur les risques de déplacement de la courbe de l’insécurité du Nord au Centre du pays. « Tu ne t’es pas contenté des éditos tu as même consacré des inquiétudes dans un ouvrage « Centre du Mali : Enjeux et dangers d’une crise négligée ». Qui n’a pas en mémoire Janjo ou ces hommages à titre posthume que tu étais prompt à rendre. Nous allons tant bien que mal surpasser ces moments d’émotion en nous rappelant les valeurs d’amitié, de fraternité et de confraternité que tu as su promouvoir, notamment à travers des rencontres deux, trois dimanches le mois autour du Tieb de Djenaba. A tes enfants, Raki, Jafar, Thierno et Aye nous pouvons témoigner au nom de la presse malienne que leur père fut un brillant journaliste qui a su créer et imposer son style », a témoigné Sékou Tangara.

«Nous avons posé ensemble les fondations du Républicain…»

Le Président du Parti Pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, ami inséparable de feu Adam Thiam, a eu la lourde tâche de lire l’oraison funèbre. «Quand, en route pour Pasteur, dans la nuit du 5 au 6 mars, en compagnie de Zeynaba Dikko, tu m’as appelé pour me parler de ton état de santé, j’étais très loin de penser que tu avais quitté ton domicile pour un voyage sans retour. Je suis encore  loin d’être prêt pour cet exercice que le destin m’impose: faire ton éloge funèbre. D’autant que j’avais toujours pensé que c’est toi qui ferais mon oraison funèbre, toi aux grandes capacités d’écriture, toi dont la sensibilité et l’intelligence sont désormais légendaires! », a-t-il dit. Il a signalé que Adam était son ami. « Nous avons été dans la même classe au Lycée de Badala. Nous nous sommes retrouvés à Londres vers la fin des années 1980. Il travaillait chez Accor, une ONG internationale présidée par Simone Veil, j’étais chercheur chez Amnesty international dont le Secrétaire Général était Ian Martin! Notre proximité, celle de nos familles, notre complicité intellectuelle datent de ces années londoniennes. Revenus en Afrique, lui à  Dakar pour Oxfam, moi à Bamako après le succès de la révolution démocratique, nous avons posé ensemble les fondations du Républicain dont il est devenu après une formation à Boston, Massassuchette, l’Éditorialiste respecté. Peu à peu, l’analyste politique s’est imposé. Ses avis étaient sollicités au Mali et hors de nos frontières. Adam était d’abord un homme de terrain et un acteur majeur des ONG internationales, véritables écoles d’engagement et d’humilité », a souligné Tiébilé Dramé. Pour en arriver là, ajoute-t-il, Adam Thiam est passé par l’Université de Dakar, puis, il est allé très tôt à la meilleure université du monde: celle du terrain, auprès des communautés à la base. En outre, Tiébilé Dramé a indiqué qu’après les études supérieures, Adam Thiam est aussitôt  recruté par le CIPEA (Centre international pour la promotion de l’élevage en Afrique). Il a précisé que Adam Thiam connaissait son pays et ses habitants, immense privilège qui donne une autorité certaine et incontestée. Adam était aussi, dit-il, un amoureux des musiques du terroir et des belles lettres. « Adam, militant. Peu  de gens savent l’engagement politique de Adam Thiam en faveur la démocratie et des droits de l’homme au Mali. La petite communauté malienne vivant à Londres à la fin de 1990 début 1991, avait comme repères. Adam avait pris une part active  dans les manifestations de Maliens devant la BBC pour amplifier le combat des démocrates de l’intérieur pour le multipartisme. Ce jour de décembre 1990 quand Kadiatou Sow Salaama, Drissa Diakité et Oumar Mariko étaient à la tête de l’historique manifestation  « Demokarasi, I San bè, San bè », les Maliens de Londres ameutaient la presse britannique, la BBC en particulier pour donner de l’écho au combat des forces démocratiques de l’intérieur! Contre la répression au Mali, les manifestants londoniens allumaient des bougies devant les portes de la célèbre radio », a-t-il dit. Pour Tiébilé Dramé, Adam était dehors une passerelle humaine, regroupant, faisant se rencontrer et recevant chez lui les gens aux parcours les plus variés, souvent très contradictoires. « Il aimait les enfants. Pas seulement les siens. Pas seulement ceux de ses frères et sœurs. Il aimait les enfants des autres, ceux de ses amis, les miens en particulier! Le Mali était sa passion. Adam aimait son pays et son peuple. Des gens de toutes conditions étaient dans sa proximité. Il avait à cœur notre vieux pays tant ballotté, si malheureux. Il abhorrait l’injustice, l’incompétence et la médiocrité. Il a conseillé les présidents de la 3ème République et ceux des deux transitions, sans jamais perdre sa liberté de jugement,  sans jamais perdre sa capacité de donner un avis dissident. Vas tranquille, nous te faisons ce serment: Tant qu’il nous restera un souffle de vie, nous n’abandonnerons pas le combat pour le Mali et pour l’Afrique, nous ferons le Mali, nous ferons l’Afrique! Que la terre du Mali que tu as tant chérie te soit légère! », a conclu Tiébilé Dramé. Après la prière funéraire, feu Adam Thiam a été accompagné en sa dernière demeure par une foule nombreuse inconsolable au cimetière d’Hamdallaye de Bamako.

Repose en paix cher doyen !

Aguibou Sogodogo

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2 COMMENTAIRES

  1. @ Et si Dr Traore et Prof Akry avaient vaccine Thiam contre la COVID19 avec le vaccin AstraZeneca? Cet homme valeureux serait aujourd’hui parmi nous en train de servir sa Nation!

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