Résolution 1325 de l’ONU sur Femmes, Paix et Sécurité : Le Plan d’actions du Mali 2015 – 2017 lancé

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Le Plan d’Actions National du Mali 2015 – 2017 pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur Femmes, Paix et Sécurité, a été officiellement lancé le 14 janvier 2016 à l’Azalai Hôtel Salam par Mme Sangaré Oumou Bah, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF), devant une assistance des grands jours.

Pour l’occasion, Mme Sangaré était entourée de son homologue de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne, Mahamane Baby, du Directeur Adjoint de la MINUSMA, Koen Davidse, du Représentant Résident d’ONUFEMMES dans notre pays, Maxime Houinato, et de Me Diakité Saran Kéita, du RESPFECO, qui représentait la société civile.

Le Secrétaire Général du MPFEF, Mohamed Attaher Maiga, a présenté les grandes lignes du Plan d’actions national (PAN) du Mali pour la mise en œuvre de la Résolution 1325, qui a pour objectif global de «Promouvoir la participation des femmes dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali».

Ses objectifs spécifiques sont «d’Assurer la prise en compte des droits et besoins spécifiques des femmes et des filles dans les programmes de consolidation de la paix» et «d’Accroitre la participation des femmes dans la prise de décisions pour la reconstruction nationale et le relèvement de leur pouvoir économique».

Le PAN du Mali s’articule autour de 5 axes prioritaires: la prévention des conflits et de violences basées sur le Genre (VBG) liées aux conflits armés; la protection et la réhabilitation des survivants(es); la participation et la représentation; la promotion du Genre et de l’autonomisation des femmes et la coordination et le suivi-évaluation des activités.

Intervenant ensuite, le Représentant Résident d’ONUFEMMES a expliqué en détails à l’auditoire le fonctionnement du mécanisme de gestion et de coordination de la mise en œuvre du PAN, pour lequel ce sont 9 milliards 386 millions de FCFA qui devront être mobilisés.

Maxime Houinato a insisté sur les aspects de transparence, d’équité et de redevabilité, soulignant que tout le processus ira «du local au global», pour une meilleure prise en compte des besoins réels.

SE Koen Davidse, quant à lui, a rappelé que «la Résolution 1325, adoptée le 31 octobre 2000, reste l’une des initiatives ayant marqué la contribution essentielle et constructive des femmes dans la prévention et la résolution des conflits. Elle met aussi en avant leur rôle stratégique et indispensable dans l’ensemble des processus de maintien de la paix et de la reconstruction nationale».

Il ajoutera que cette Résolution «et les résolutions successives consacrées aux Femmes, à la Paix et à la Sécurité, soulignent l’importance d’une pleine participation des femmes, dans des conditions d’égalité, à la prévention et au règlement des conflits», et que la MINUSMA a également pour mission d’y veiller pour une mise en œuvre optimale de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Après les mots de soutien et d’adhésion du ministre Mahamane Baby, grand promoteur de l’équité du Genre dans son département, Mme Sangaré Oumou Bah, visiblement enchantée, a souhaité donner la parole à une représentante des partenaires techniques et financiers, en l’occurrence SE Mme l’Ambassadeur de Suède au Mali, qui a réaffirmé, au nom de ses collègues, que leur accompagnement ne ferait pas défaut.

Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille présentera ensuite ses vœux de bonne année à ses invités, les assurant de «son respect et de sa reconnaissance pour leur forte mobilisation en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité».

Elle déplorera que «15 ans après l’adoption de la Résolution 1325 de l’ONU sur l’impact des conflits armés sur les femmes, leur exclusion des processus de prévention et de gestion de ceux-ci» soit encore souvent la règle.

Mme Sangaré Oumou Bah poursuivra en affirmant «le phénomène s’est transporté dans notre pays. Les actes d’extrémistes et de terroristes violents ont intensifié l’ampleur des violences faites aux femmes et aux filles».

Elle ajoutera que «la prise en compte de la notion d’égalité entre les sexes dans le maintien de la paix est la réparation d’un oubli considérable».

C’est pour toutes ces raisons, conclura Mme la Ministre, que «le PAN du Mali sera l’instrument fédérateur de toutes les actions opérationnelles, ce qui marque le début d’une étape importante», pour la réussite de laquelle elle sollicitera des partenaires de son département et du Gouvernement du Mali «une contribution significative».

Ramata Diaouré

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