L’Afrique et la France à Bamako : Fierté

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Le Sommet Afrique-France s’est finalement tenu les 13 et 14 janvier 2017 au Centre International de Conférences  de Bamako (CICB). Plus de trente cinq chefs d’Etat et de Gouvernement y ont pris part, soit un peu plus que la moitié des pays africains. Comme prévu, les délégations ont été hébergées dans les hôtels réservés à cet effet. Aucun incident n’a été déploré. Organisation impeccable, sécurité assurée.

Comme de nombreux citoyens maliens, j’ai assisté à la somptueuse cérémonie du samedi 14 janvier au CICB. J’ai écouté l’émouvante intervention du Président IBK, ainsi que les réponses des Présidents Hollande et Deby Itno. Rien qu’un langage de sincérité. Le langage clair et amical qu’on se tient entre amis partageant les mêmes préoccupations, les mêmes peurs parce qu’ayant un avenir commun après avoir partagé des siècles d’histoire commune.

Avec la tenue de cette importante rencontre, le Mali revient, définitivement et par la grande porte dans le concert des nations. Il faut reconnaître que ce n’était pas gagné : il y a seulement quatre ans, les trois quarts de notre territoire échappaient totalement au contrôle de l’Etat central. Au même moment, une  atmosphère de pouvoir multicéphal empestait les salons feutrés de Bamako, traçant chaque jour plus les pistes de chaos que celles de l’espoir.

Refusant de baisser les bras, les maliens ont décidé de relever le défi. Avec leurs moyens, avec leur engagement et surtout avec leurs cœurs et la détermination qui les caractérise, chaque fois qu’ils ont senti le danger à leurs portes. Aujourd’hui, c’est un pari gagné par un peuple  fier de son histoire et debout pour façonner son avenir, à son image. Comme l’a reconnu le Président Hollande, dans l’histoire récente des conflits, peu de pays ont réussi pareil exploit. Fierté est le mot magique qui me vient à l’esprit. C’est cette image que j’ai lue ce samedi sur les visages rayonnants des maliens venus au CICB accueillir leurs hôtes et surtout apporter leur soutien sincère à leur président.

L’Afrique entière est venue saluer cette renaissance en apportant sa caution et son soutien à un homme, IBK, qui peut s’enorgueillir d’avoir réussi son sommet, parce que c’est bien le sien. En effet, au-delà de ce qu’on appelle habituellement “le précarré français »,  beaucoup de chefs d’Etat, plus ou moins brouillés avec la France, sont venus à Bamako pour IBK, donc pour le Mali. Il en est ainsi de Sassou N’GUESSO,  de Paul KAGAME et de Theodore Obiang N’GUEMA dont les relations diplomatiques sont jugées tendues avec la France. Mais la palme de la reconnaissance et du soutien à IBK et au Mali revient incontestablement à BONGO qui a fait le déplacement éclair de Bamako malgré l’ouverture, le même jour à Libreville, de la fête du football africain et au doyen MUGABE qui, malade et usé par l’âge, a tenu à être de la partie. J’ai été ému aux larmes, comme de nombreux maliens présents ce jour au CICB, par ce grand combattant de la cause africaine, arrivé en retard à la cérémonie et titubant à la recherche de son siège, soutenu par ses gardes de corps. Je parie que peu de maliens oublieront cette scène, car cet homme était là pour nous et pour l’Afrique. Chapeau grand-père !

Le Sommet de Bamako a vécu. Il a été une réussite totale sur le plan diplomatique. Il a déjoué tous les pronostics sur le plan sécuritaire et il  a comblé nos espoirs sur le plan de l’organisation. Grâce au leadership de nos dirigeants, à l’engagement et à l’abnégation des organisateurs et, à la discipline du peuple malien qui a accepté les exigences de l’évènement.

Des qualités qui doivent être cultivées et entretenues  pour réussir d’autres combats et remporter d’autres victoires, parfois sur nous-mêmes. Cela est indispensable si nous voulons continuer à mériter le respect et la considération de nos amis, beaucoup plus nombreux que nous le croyons.

Bamako, le 15 janvier 2017

Sidi Mohamed    

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1 commentaire

  1. Quoi qu’on dise, le sommet a été un franc succès. Mais, c’est la suite qui sera donnée à l’entretien de toutes ces infrastructures qui préoccupe les Bamakois. Le laxisme étant la chose la mieux partagée dans ce pays, il ne sera une surprise pour personne, que la ville de bamako retrouve sa torpeur habituelle, faite d’accumulation de saleté et d’ordures à tous les coins de rues, les embouteillages aussi bien des piétons, que des motocyclettes et des charrettes et autres pousse-pousses. Les citadins veilleront à ce que les étals ne reviennent à leurs emplacements habituels pour récréer le bordel qu’ont combattu les services de voirie et la police avant l’événement. Les bamakois jugeront, pourvu que la Dame de fer ne lâche prise, en oubliant déjà toutes les adversités qu’elle a vaillamment surmontées. Elle doit continuer son oeuvre de destruction-construction pour mieux faire, au risque de donner raison à ses détracteurs, qui croient que le combat s’arrêtera après le sommet. Bamako a besoin de beaucoup de soins, même bien longtemps encore après le sommet. Ami, la lutte doit continuer. La Capitale du Mali doit ressembler à une ville digne des autres Capitales si enviées par les Maliens, qui voyagent dans tous les pays, mais qui de retour chez eux, ont le sentiment de se retrouver dans la banlieue des villes qu’ils ont quitté. La beauté d’une ville dépend de son entretien!

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