Réseaux sociaux : La dernière révolution

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Aujourd’hui le monde appartenant aux outils technologiques et dans lequel, les sources d’informations sont multiples. Sur les réseaux sociaux, tout le monde veut être le premier à balancer des informations d’où l’ascension des pages Facebook et partages sur WhatsApp. En conséquent les hommes de médias classiques en profitent pour accentuer leur visibilité.

 

Bien que ces outils de communication soient des moyens pour informer et promouvoir son activité, ils présentent aussi des règles et conditions qui s’imposent aux journalistes. Malheureusement les journalistes ne sont pas les seuls à diffuser des informations via ces canaux. Plusieurs personnes sans se conformer aux éthiques et déontologies de la diffusion d’information, partagent des informations, parfois diffamatoires.

Le journaliste peut bien diffuser les informations sur internet de 2 façons : le journaliste a son propre blog ou son compte Facebook, cela n’engage que sa personne et il est tenu de respecter les règles d’éthique et de déontologie. Ou alors le journaliste se sert du support officiel de médias sociaux pour promouvoir son journal. Là, autant sa responsabilité est engagée, autant celle de son journal. Dans les deux cas, les règles de la collecte et du traitement de l’information s’imposent avant toute publication, explique M. Keita Seybou, responsable du journal Delta news.

La technologie, notamment les réseaux sociaux, sont nouveaux en termes de diffusion d’information et de communication. Beaucoup maitrisent à peine l’exploitation de ces outils.

L’éthique et la déontologie établies pour régir le métier du journalisme existent bien avant les réseaux. Si on se réfère à cette éthique qui a été régie avant l’avènement des réseaux sociaux, je dirai que l’éthique et la déontologie ne parlent pas de réseaux sociaux. Je pense que dans ce contexte ce n’est pas loyal pour un journaliste de publier sur les réseaux sociaux car son travail consiste en la collecte, le traitement et la diffusion de l’information dans un média radiophonique, télévisuel ou presse écrite. Les journalistes utilisent les réseaux sociaux pour donner plus d’ampleur à leur travail. Mais les journalistes professionnels ne publient pas l’intégralité de leur information sur les réseaux sociaux. Ils publient juste les grands titres de la une de leur journal pour inciter les lecteurs et auditeurs, indique Guindo Abdoulaye, président de la communauté des bloggeurs du Mali.

Il ajoute qu’aujourd’hui ces réseaux sociaux sont les outils très faciles, rapides à utiliser et accessibles à beaucoup de personnes par rapport aux médias traditionnels.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes préfèrent utiliser les réseaux sociaux pour diffuser rapidement l’information même si malheureusement ça va dans tous les sens. Il y a beaucoup de fake news qui circulent, des informations non vérifiées et qui sont sorties de leur contexte, regrette-t-il.

Selon M. Keita Seybou, la multiplication des réseaux sociaux s’explique par la facilité d’accès à l’internet avec un téléphone androïde et surtout la rapidité de création d’un compte média social. Il souligne que les journalistes professionnels autant que les journalistes citoyens ou encore les activistes sont dans la logique de l’instantanéité. Ils sont aussi dans la course à être le premier à informer.

La liberté d’expression étant un droit reconnu donc personne ne s’en prive au risque de causer de gros dommages en termes de désinformation. Il y a beaucoup d’inconvénients liés à la diffusion d’informations sur les médias sociaux. Elle provoque la prolifération des fausses informations, fakes news ou infox, les publicités mensongères, les arnaques…etc.

Des journalistes veulent tellement aller vite qu’ils ne se donnent plus le temps de vérifier avant de publier. La désinformation avec la conséquence de créer ou d’exacerber des tensions, dit-il.

Publier une information à chaud sur internet est synonyme d’une course derrière le temps. Cela peut probablement jouer sur la crédibilité du journaliste ou de l’information publiée.

Par rapport à la diffusion des informations sur les réseaux par les journalistes, il peut y avoir des inconvénients dans la mesure où les journalistes basculent dans la même facilité des simples internautes en se permettant de diffuser des fausses informations qui peuvent décrédibiliser son média, affirme le président de la communauté des bloggeurs du Mali.

Beaucoup de sensibilisations ont été faites pour éclairer et guider les hommes de médias afin d’éviter les fakes news et informations dégradées.

Aux internautes, je suggère surtout la prudence, la vigilance et la retenue avant toute publication ou partage d’infos. Qu’ils ne se référent qu’au site web officiel des structures pour authentifier une information. Aux journalistes, je conseille le respect strict des règles de base du journalisme à savoir collecter et traiter l’information avant la publication, respecter nécessairement l’éthique et la déontologie. Que les journalistes aillent également au-delà de ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux pour authentifier, suggère Seybou Keita.

L’internet est le centre de la vie de tous. Les gens ont à peine le temps de lire un journal ou de visionner la télé. Les clichés d’informations sur les pages Facebook ou twister sont ceux qui leurs renvoient désormais vers les médias classiques.

Qu’on le veuille ou pas aujourd’hui l’internet est devenu un élément incontournable dans le quotidien de tout le monde notamment les réseaux sociaux. Chacun s’informe à travers les réseaux sociaux tels que Facebook, WhatsApp, twister. Chaque média doit intégrer ces réseaux sociaux pour leur travail quotidien sans remplacer leur média. Les réseaux sociaux doivent être un support pour faire la promotion de leur média, propose M. Guindo Abdoulaye.

Fatoumata Kané

 

 

IMPACTS DES RESEAUX SOCIAUX

Maîtres ou esclaves ?

 

Avec l’avènement de l’internet et l’évolution des réseaux sociaux, nous assistons à une ascension fulgurante du nombre d’utilisateurs à travers le monde plus précisément au Mali ou n’importe quel propriétaire de Smartphone en devient utilisateur ou esclave.

 

Selon les chiffres de “Internetlivestats” en 2016, donnés par Mohamed Dagnoko journaliste, il y’avait au Mali 2 212 450 personnes qui étaient connectées, ce qui représentaient 12,2 % de la population.

Cette même étude a montré que les chiffres ont sensiblement augmenté avec la facilité d’acquérir un Smartphone et les efforts pour améliorer la qualité de la connexion et la couverture d’une bonne partie du territoire. “Et que si nous étions quelques 2 millions de Maliens connectés en 2016, il faut reconnaitre que l’on a atteint les 4 millions à l’heure actuelle, affirme notre interlocuteur.

L’évolution de la pénétration d’internet s’accompagne de celle des réseaux sociaux. Toutes les personnes connectées disposent d’un compte sur l’un des réseaux sociaux les plus utilisés (Facebook, twister, WhatsApp, Instagram). “Ce chiffre ira crescendo dans les années à venir”, ajoute-t-il.

De nos jours, toutes les questions sont débattues sur la toile, notamment celles politique, économique, religieuse, sanitaire, sécuritaire, etc. De plus, avec les réseaux sociaux, chacun peut se prononcer sur le sujet de son choix, il n’y a plus ce monopole comme avant l’avènement des médias sociaux, détenu par les médias traditionnels (presse papier, radio, télévision) qui décidaient à qui donner la parole, affirme Mohamed Dagnogo.

 

Rôle premier

Pour le journaliste, en plus d’avoir brisé le monopole de l’information, les réseaux sociaux jouent un rôle premier, qui est la socialisation, permettre aux gens de discuter et tisser des liens.

De son côté, Tidiane Togola, CEO de la fondation Tuwindi, une structure qui agit à travers le digital, pense que “l’internet et les réseaux sociaux sont très positifs pour leurs utilisateurs. Sous l’angle positif, en terme économique, beaucoup de personnes parviennent à faire des ventes ou commerce en ligne. Ils font des bénéfices et parviennent à s’améliorer économiquement. Ces commerces se font via les réseaux notamment Facebook, les sites, le business se fait en ligne. Il permet à pas mal d’organisations de faire une bonne communication à des tarifs très bas, ce qui représente des économies d’échelles. L’internet et les réseaux sociaux apportent pleinement à leurs utilisateurs sur le plan économique”.

Pour M. Togola, “en matière de liberté d’expression, tout le monde peut s’exprimer pour se faire entendre donc cela montre clairement que c’est un outil qui favorise la liberté d’expression, c’est aussi un outil qui favorise les contacts et les interactions sociales”.

Selon Togola, les réseaux sociaux peuvent avoir des impacts négatifs sur la population ou sur les utilisateurs, qui peuvent se traduire par des fausses informations, qui peuvent rapidement faire place et même occuper l’espace, donc entrainer la population dans une position de désinformation. Cela a énormément de conséquences : des crises et d’autres choses. Les réseaux sociaux peuvent également nuire aux enfants qui souvent peuvent tomber sur des contenus, qui ne sont pas de leurs âges ou exposer à des harcèlements.

 

Des règlementations, mais

Mohamed Dagnogo et Tidiane Togola se rejoignent sur le revers des réseaux sociaux : la propagation de fakes news à laquelle on assiste aujourd’hui. Pour eux, le monopole de l’information n’est plus détenu par des Etats ou par des grands groupes de médias. “Non seulement les médias sociaux ont brisé le monopole et ils contraignent les médias traditionnels à se donner plus de visibilité sur la toile”, ajoute Dagnoko.

Pour Tidiane, “il est nécessaire de réfléchir à la mise en place d’une régulation, qui soit bénéfique aux utilisateurs et aussi aux Etats. Les réseaux sociaux ne doivent pas servir d’espace de harcèlement ou de violations de droits humains. C’est pour cela qu’il est nécessaire de mettre en place des règlementations mais, qui ne sont pas liberticides, qui soient bénéfiques à tout le monde. Pour ce qui concerne au Mali, il y a une loi sur la cybercriminalité”. Pour lui, il existe également une loi sur la protection des données à caractère personnelles.

Le plus important c’est que ces impacts positifs ou négatifs peuvent être amplifiés si la population se trouve éduquée aux médias car cela leur permettra de mieux se comporter ou se positionner pour faire face à ces informations qu’ils reçoivent, conclut Togola.

 

Aminata Agaly Yattara

 

 

 

RESEAUX SOCIAUX ET CYBERCRIMINALITE

Les menaces, les actes racistes, xénophobes, pornographiques, … désormais punissables

 

Les réseaux sociaux ont pris plus de place dans nos vies, que les personnes qui nous entourent. Sa mauvaise utilisation, voire abusive a des effets néfastes qui peuvent aller jusqu’à la cybercriminalité. Délits désormais punissables par la loi.

 

L’avènement des plateformes comme Facebook, twister WhatsApp, Instagram, Imo a favorisé les réseaux sociaux qui sont des endroits sur lesquels les jeunes et les moins jeunes peuvent se retrouver entre amis et aussi pour se faire les amis. Le revers de la médaille est que certains n’utilisent pas ces moteurs de recherche dans le bon sens.

La cybercriminalité est punie par la loi n°2019-056 du 05 décembre 2019 qui est une transposition de la directive C/DIR/1/08/11 du 19 août 2011 portant lutte contre la cybercriminalité dans l’espace Cédéao. La cybercriminalité au sens de l’article 3.-4 de la loi n°2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité “est l’ensemble des infractions pénales, commises à l’aide des réseaux de communication électronique et de système d’information ou contre les dits réseaux et système”.

Il ressort deux éléments formant la quintessence de cette définition. Il s’agit des infractions commises au moyen de réseaux de communication électronique et des systèmes d’information et contre ses mêmes réseaux.

 

De l’ordre dans le désordre

La loi sur la cybercriminalité pose un principe, celui de la détermination du comportement que la loi permet. Selon un juriste, “cette loi met de l’ordre dans le désordre, devenu maître depuis un certain temps sur les réseaux sociaux, les réseaux de communication et autres systèmes d’information”.

Les menaces, les actes racistes, xénophobes, pornographiques, les infanticides, l’obtention d’avantage frauduleux, l’accès frauduleux à un système informatique, le maintien frauduleux dans un système informatique, l’atteinte à l’intégrité et à la disponibilité des systèmes informatiques… tous ces actes sont désormais punissables.

Cependant un citoyen lambda, ou un journaliste peuvent tous les deux être incriminés pour cybercriminalité, s’ils s’avèrent que l’un des délits cités ont été commis par l’un d’entre eux et non pour utilisation abusive des réseaux précise notre interlocuteur. Selon lui, les poursuites diffèrent. “L’utilisation abusive lors qu’elle entre dans l’une des incriminations posées par la loi sur la cybercriminalité, l’intéressé peut être poursuivi. Le principe est celui de la légalité des crimes et délits. La question des infractions de presse est réglée à la section II de la loi intitulée : infractions de presse commises au moyen de technologies de l’information et de la communication. Aux termes des dispositions de l’article 54 de la loi sur la cybercriminalité, les infractions de presse prévue par la loi n°00-046 du 07 Juillet 2000 portant régime et délit de presse commise par le biais de technologies de l’information et de la communication à l’exception de celles commises sur internet, sont punies des peines de droit”, explique l’avocat.

Oumou Fofana

 

 

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