Prise en charge dans les hôpitaux publics : Un véritable casse-tête pour les Maliens.

0
0

La fonction des soignants est d’abord curative, en réponse à une demande (plainte ou motif de consultation). Mais ils sont également nombreux, ces médecins et autres agents de santé formés aux frais de l’Etat et qui désertent les hôpitaux publics au profit des établissements privés dans notre cher Maliba.


Les Maliens ont salué à l’unanimité l’engagement du gouvernement en faveur de l’amélioration des services de santé. Mais de nos jours les maliens sont déçus par les pratiques déshonorantes qu’effectuent certains personnels sanitaires dans nos structures publiques. La négligence et l’insouciance de certains agents de la santé qui n’en font qu’à leur tête et pour leurs poches dégradent l’image du métier de médecin. Sans aucune gêne, nombre de ces adeptes du "Serment d’Hippocrate", quitte les hôpitaux publics bien avant la décente à la faveur des structures privées.  Ces cliniques privées, pour le seul district de Bamako, s’évaluent  aujourd’hui à plus de 15 dizaines. Une prolifération qui témoigne d’une course à l’enrichissement. Ce qui fait que les promoteurs, à la suite des autorités publiques, accordent peu d’importance à la déontologie et aux règles qui définissent la pratique de la médecine légale. C’est la grande anarchie avec pour finalité : n’importe qui peut ouvrir une clinique ou un cabinet. D’ailleurs, entre les prestations de ces deux types de services, on ne perçoit guère de différence, les cabinets offrant les mêmes services que les cliniques et vice-versa.


Si dans ces structures privées la prise en charge est vite et bien faite, la réalité est autre dans nos hôpitaux publics. La souffrance des maliens va crescendo. De la mauvaise prise en charge des patients aux négligences ; du vol des médicaments des patients à un manque de suivi correct…le décor pour promouvoir les structures privées est bien planté. Des nombreux témoignages dont celui d’un jeune qui s’est rendu a l’hôpital Gabriel Touré avec son papa pour une consultation nous attestent cela.


H.D nous confirme : « Plus de trois heures durant nous sommes restés à attendre l’interne de garde, sous prétexte qu’il était parti manger. Il n’y avait personne pour le suppléer, et à son arrivée environ une dizaine de personne l’attendait, c’est vraiment dommage il ne s’est même pas gêner ».
 Une autre dame nous confie que sa maman a rendue l’âme entre Bamako et Kati, car il n’y avait pas de place pour l’accueillir au sein de la plus grande structure sanitaire du pays (CHU du Point-G).


La baisse des salaires serait la cause principale de la mauvaise conduite des médecins dans nos structures publiques nous confie un jeune médecin. « On nous offre des salaires d’infirmiers, ce qui est inacceptable. Le médecin malien est le plus moins rémunéré de la sous région poursuit t-il, avant de nous rappeler que le Mali est à un médecin pour environ 10 000 habitants alors que le Mali reçoit l’aide de l’OMS pour atteindre un médecin pour 1000 habitants. Bizarrement il y a environ 1 500 médecins qui n’arrivent pas à être recrutés. Ils se débrouillent. Alors réfléchissons! Aux systèmes sanitaire au Mali.», alerte-t-il. Dans ce fiasco sanitaire dans lequel les pauvres sont de plus en plus défavorisés, compromettant ainsi un droit fondamental consacré par la constitution malienne à savoir la santé, des mesures urgentes et responsables doivent être prises.

IDRISSA KANTAO

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.