La Minusma construit des camps pour 100 milliards de Fcfa

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Il y a un mois, nous faisions état d’un meeting où, à la grande mosquée de Bamako, l’imam Mahmoud Dicko se plaignait de la “recolonisation” en cours du Mali. Il prévenait: “Les forces étrangères sont venues; mais elles ne nous ont pas dit quand elles repartieraient du pays!”. En réalité, la MINUSMA ne quittera pas le Mali de sitôt.

En effet, elle a engagé des travaux gigantesques pour se construire des bases au nord. Un document en notre possession a trait à la construction du camp de Ber, dans la région de Tombouctou. La facture est fort salée: 55 millions de dollars, soit environ 27,5 milliards de FCFA ! Le chantier est confié à l’entreprise américaine CADG qui, à l’occasion, travaille main dans la main avec Ecolog International, une entreprise américano-arabe spécialisée dans les fournitures alimentaires et le ramassage d’ordures.

Un camp similaire est en cours de lancement à Tessalit. Mais le plus grand et le plus coûteux de tous sort de terre à Gao. Il engloutira quelque 52 milliards. “Au total, les 3 garnisons coûteront au moins 100 milliards”, affirme un proche du dossier. Qui se demande si les fonds ainsi dépensés ne seront pas déduits des prétendues “aides” promises au Mali par les bailleurs de fonds. Une autre source croit savoir qu’au camp de Ber seront affectés tous le contingent anglophone de la MINUSMA alors que les francophones occuperont les deux autres.

Une chose est sûre: 1000 camps supplémentaires ne ramèneront pas la paix au Mali tant que la MINUSMA n’aura pas reçu un mandat plus offensif contre les groupes séparato-jihadistes qui, en complicité avec Iyad Ag Ghaly, font la pluie et le temps au nord. Au nez et à la barbe de la MINUSMA, Iyad nargue, depuis 3 ans, le processus de paix. Ces derniers mois, il a absorbé une des trois katibas d’AQMI et parraine 2 nouveaux groupes terroristes au sud du Mali: le Front de Libération du Macina, dans la région de Mopti, et la katiba Khalid Ibn Walid, à la frontière ivoirienne. Au point qu’un diplomate s’interroge: “Peut-on faire la paix sans lui ?”.

Tiékorobani

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