Les pourparlers d’Alger laissent place au «pour manger de Bamako»

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Ceux-là qui ont signé avec Bamako et la communauté internationale ont-ils réellement une influence sur leurs bases ? Qu’est-ce qui justifie ces manifestations ? Existe-t-il des dissidences au  sein des mouvements armés ? Quelle stratégie sera adoptée pour aboutir à une paix définitive et durable ? Ce sont là les interrogations d’un Malien vivant aux USA. Pour un autre compatriote, les actes et manifestations en cours ou à venir seront les bienvenus, «car nous sommes en démocratie». Il va de soi que les gens acceptent les contestations actuelles qui ne pourront, selon lui, rien changer au cours normal des choses. Et d’ajouter : «J’ai écouté un discours assez inquiétant en tamasheq tenu par le vice-président du Mnla en la personne de Mamadou Djéri Maïga à Nouakchott sur les accords. Bamako a-t-il écouté et compris le message de M. Maïga en Mauritanie ? À mon avis, ce qu’il disait à son audience était contraire aux termes de l’accord. Enfin, si le contrôle de Ménaka revient à la communauté internationale à travers la Minusma, et alors le contrôle de Kidal ? Le Mnla est-il supérieur ou différent du GATIA?».

Pour bon nombre de Maliens, les rebelles aussi sont fatigués, ils voulaient en finir et ne savent plus comment. «Donc, signons et on ne va pas appliquer. Ça va être comme les autres accords. C’est pourquoi les Maliens ne doivent plus dormir, préparons la guerre», entend-on souvent. D’autres Maliens ne sont pas d’accord. Pour ces derniers, la paix a été imposée et la levée des mandats des rebelles et l’impunité ne doivent pas prospérer. «Nous les voulons tous à la barre car ils ont tous trahi le Mali. Car ils ont tous favorisé la création de deux types de citoyens maliens face à la constitution du Mali : ceux qui savent prendre les armes et ceux qui acceptent d’être tués. Nous ne sommes pas le seul pays sahélien exposé au narco-terrorisme ou le seul pays dans le Sahara. Pourquoi  nous sommes comme ça.  Aujourd’hui avec la signature, IBK et son clan se moquent des Maliens, ils pensent que cette signature est une victoire. Oui parce que tous les régimes ont leurs accords, il lui fallait son accord quelle qu’en soit la suite. Mais pour IBK peu importe, comme pour dire que tous les dirigeants maliens ont fait des efforts pour avoir la paix au Mali. On constate que l’accord pour la paix a été imposée aux 15  millions de Maliens anti ou pro Azawad. Je suis contre en tant que azawadien et malien», a déclaré Abdoulaye Ag Attaye.

On se rend compte que les invités d’IBK sont venus uniquement pour manger à Bamako, de dîner aux invitations clandestines, sans oublier les plats commandés qui font le tour des hôtels qui accueillent les rebelles. Depuis leur arrivée à Bamako, ils sont en train de manger, de profiter de l’hospitalité, comme s’ils n’étaient jamais arrivés à Bamako. Seulement, ce sont les conditions qui ont changé avec plus de sécurité, plus de confort et surtout qu’ils ont accès à tout le monde à la minute. À part la signature, aucun autre acte concret ! Les rebelles n’ont même pas pu désigner leurs représentants pour le comité de suivi. Peu importe parce que ceux qui sont à Bamako ne savent pas réfléchir ; ils sont laissés à eux-mêmes et passent le temps à bien se reposer et voir le temps filer. Personne ne peut ne leur fait des remarques ; ils sont dans les bonnes grâces du président malien, pour qui, aussi l’essentiel est fait. C’est-à-dire la signature de son accord qui est le pire que le Mali n’ait jamais connu. Malheureusement, les attaques vont continuer.

Par ailleurs, avec la présence de la Cma, IBK a complètement oublié les efforts consentis par le Gatia. Il les méprise maintenant parce qu’il s’agit de récolter les fruits des efforts des derniers mois. Même autour de la table «pour manger», c’est Alghabass Ag Intalla qui était côté à côté avec IBK. Maintenant place à des valises d’argent qu’IBK va leur donner pour finir son mandat et faire un second mandat. C’est pourquoi sur le terrain à Kidal, certains combattants, qui sont restés, sont en train de rentrer au bercail, plus précisément en Libye. Parce qu’ils ne vont pas intégrer l’armée malienne puisqu’ils ne possèdent pas la nationalité malienne. Ces combattants gonflaient l’effectif du HCUA.

Fadimata Walet,  réfugiée camp de M’Bera Mauritanie

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