Mauvaise gestion des déchets : Les conséquences sanitaires et environnementales

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La mauvaise gestion des déchets a des conséquences néfastes sur l’environnement et sur la santé humaine. Le déversement incontrôlé des déchets urbains dans les plans d’eau, sur les champs, la multiplication des dépôts anarchiques, le brûlage des déchets, la mauvaise conception et construction des ouvrages d’assainissement sont autant de causes de contamination des eaux de surface et des eaux souterraines.

Sur le plan sanitaire

 

L’insuffisance quasi générale des systèmes de collecte et de traitement des eaux usées accentuent l’importance des maladies liées au péril fécal. La présence des vecteurs infestés associés aux écosystèmes aquatiques entretiennent nombre de maladies endémiques. Les matières fécales contaminent par des apports massifs les eaux usées domestiques, urbaines, industrielles qui elles mêmes contamineront les sources, les rivières, les points d’approvisionnement en eau potable, les rizières ou les cultures maraîchères, etc. Cette pollution constitue à la fois un ensemencement du milieu qui permettra d’entamer les processus d’épuration et représente un risque sanitaire sérieux pour l’homme et les animaux.

Selon l’OMS, 80 à 85 % des maladies ont un lien étroit avec l’insuffisance d’assainissement en Afrique intertropicale. La plus part des personnes affectées ou décédées par maladies le sont suite à une maladie d’origine hydrique ou associé à un vecteur hydrique3.

Les principales maladies sont : la typhoïde, le paludisme, les hépatites, le typhus, le choléra, les dermatoses, maladies gastro-intestinales, etc.

 

Sur le plan environnemental

Le déversement des eaux usées sans traitement dans les milieux récepteurs constitue le facteur le plus important de pollution des eaux souterraines et des eaux de surface : destruction des frayères, colmatage du lit des cours d’eau, obstruction des branchies des poissons, diminution de la diversité de la faune et de la flore aquatiques. Il faut noter que les métaux lourds contenus dans les effluents urbains et industriels agissent de façon inhibitrice ou nuisible sur les micro-organismes épurateurs.

 

A cause de la mauvaise gestion des eaux usées, la pollution de la nappe phréatique à

Bamako commence à atteindre des seuils inquiétants. Les résultats d’une étude sur l’état de la pollution des eaux souterraines du District de Bamako, effectuée en 1995 par le Centre de

Recherches pour le Développement International en collaboration avec l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Bamako sur 30 puits est plus que révélateur : la teneur en nitrites dans les puits à Bozola est de 2,23 mg/litre alors que la norme admise est de 0,10 mg/litre, celle des nitrates à Niaréla est de 145,2 mg/litre pour une norme de 10 mg/litre. Ces exemples démontrent à suffisance que les eaux au niveau de ces 2 quartiers sont impropres à la consommation.

 

Moussa E Touré, juriste de l’environnement et de la santé, tél : 76383729, email : moussatoure26@yahoo.fr.

 

 

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