Bombe foncière à Samaya : Chaudes empoignades entre la population et la police

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    Le samedi 5 décembre 2015 à Samaya, commune rurale de Mandé,  des chaudes empoignades ont eu lieu entre la population et les forces de l’ordre. La population proteste contre une décision du tribunal de Kati qui a émis un mandat d’amener contre 7 habitants de Samaya à la suite d’un litige foncier.

    Après l’arrestation de sept habitants de leur village, la population de Samaya a voulu marcher sur la Brigade d’Investigation Judiciaire(BIJ). En effet, le samedi 5 décembre, des habitants de Samaya ont décidé de se rendre à la BIJ afin de se constituer prisonnier suite à l’arrestation de 7 personnes du village.

    Selon le conseiller du chef de village, M. Diakité, tout à commencer avec les contestations des villageois suite à une décision de justice leur signifiant d’abandonner leurs parcelles.  Il ajoutera qu’à chaque fois que des géomètres viennent pour tracer les parcelles, la population conteste en disant que le tribunal a suspendu les travaux.  Le samedi 5 décembre, des personnes, accompagnées de deux véhicules de police, sont arrivées au village  afin de travailler dans leurs parcelles. Ainsi, les lieux furent interdits d’accès à tout le monde. Une interdiction que des villageois ont voulu braver en allant travailler dans leurs champs qui se trouvent au niveau des parcelles. « Elles ont été brutalisées, menottées et jetées dans le véhicule  par la police. Après ces incidents, la population notamment  les femmes et les jeunes du village sont sortis pour manifester leurs mécontentements », selon M. Diakité. Suite à ces altercations, la police a lancé des grenades lacrymogènes et fait des tirs de sommation. Les policiers ont tabassé les manifestants de façon violente, blessant plus d’une douzaine de personnes qui ont été hospitalisées. Très mecontents, les habitants ont pris la direction de la BIJ pour se constituer prisonnier. En cours de route, ils vont se « battre » avec les limiers au niveau de la résidence d’IBK, passage obligé pour eux afin d’accéder à la BIJ. « Il n’est pas dit qu’on allait se rendre à la résidence du Président, mais c’était convenu qu’on marche sur la BIJ pour que nous soyons tous arrêter du fait que c’est une cause commune », précise le conseiller du chef de village.  « Ce n’était pas notre intention. Si le Président doit être informé de cette situation, ce n’est pas la manière. Nous voulons juste un dénouement heureux de cette situation », a-t-il insisté. Très amer, le conseiller du maire explique que c’est le maire et ces acolytes qui ont morcelé les parcelles sans le consentement des villageois. « Nous n’étions pas au courant. Il a été dit qu’après les réhabilitions du village, les déguerpis seront recaser  sur ces parcelles. Après, il y a eu la suspension. Entre temps, le maire et les techniciens ont manigancé cette situation sans l’avis de la population », a-t-il conclu.

    Aux dires du Maire de la commune de Mandé, Mamourou Keita, cette situation est dû au fait que les propriétaires des parcelles sont en conflit avec les habitants du village. Selon ses explications, il y a un plan de réhabilitation qui a été  approuvé par le gouverneur. Mais dira –t-il,  les populations de Samaya ont utilisé ses lotissements comme des champs en empêchant les propriétaires d’accéder à leurs parcelles. Selon lui, tout est parti du fait d’une brouille entre le propriétaire d’une parcelle et des villageois qui l’empêchaient d’accéder à sa parcelle. « Il a porté plainte au niveau du tribunal de Kati et le tribunal les a convoqués, ils n’ont pas voulu répondre », a-t-il souligné. Et c’est suite à ce refus d’obtempérer, dit-t-il, qu’un mandat d’amener a été délivrer à la BIJ à l’encontre de ces personnes. Et c’est en appliquant cette décision de justice, fera-t-il savoir, que les policiers ont eu des empoignades avec les villageois.

    Ousmane Baba Dramé

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