ESCROQUERIE à DJIKORONI PARA : Un faux commandant de l'Armée détourne des marchandises d'une valeur de 1 200 000 F CFA

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    Siaka Ballo, ex-soldat de l’Armée, se faisait passer pour un commandant pour escroquer ses victimes. Il vient d’être arrêté par les éléments de la brigade de recherches du commissariat du 7e arrondissement. Il venait juste de détourner des marchandises d’une valeur de 1 200 000 F CFA appartenant à un commerçant du Grand marché. Une dizaine de plaintes ont été enregistrées contre le faux commandant pour d’autres cas d’escroquerie.

    était le jeudi 21 décembre dernier que Siaka Ballo, ex-soldat de l’Armée, a été pris par les éléments du commissariat du 7e arrondissement à la gare routière de la compagnie Binké Transports. Il s’apprêtait alors à emprunter un bus en partance pour Gao. Soldat de la 2e classe, il avait été enrayé de l’Armée pour indélicatesse en 2004. Et, dès lors, Siaka Ballo se présentait chez ses victimes le titre de "commandant" Ballo de la sécurité d’Etat et clamait qu’il habitait à l’état-major. C’est ainsi qu’il fit la connaissance d’Issa Bathily, un commerçant au Grand marché.

    A partir de ce jour, les deux amis se retrouvaient tous les soirs au terrain d’entraînement du Djoliba. Comme il s’y rendait en tant que "commandant", tout le respect dû à un haut gradé de l’Armée lui était accordé. C’est ainsi que le faux commandant Ballo s’était retrouvé, le 19 décembre dernier, au stade Ouézin Coulibaly avec son ami Bathily. A qui il demanda s’il était possible de livrer, à l’occasion de la fête de Tabaski, des marchandises à ses soldats. Le commerçant lui répondit que c’était possible à condition qu’il soit payé cash. Du coup, le fameux "commandant" le rassura: le paiement sera cash. Sans perdre le temps, Ballo passa sa commande: 11 pièces de basin riche, 22 pièces de pagnes Wax et des ensembles brodés de premier choix, de même que beaucoup d’autres articles. Au calcul, le coût total des fournitures s’élevait à 1 200 000 F CFA. Pour conclure le marché, ce rendez-vous fut pris pour le lendemain.

    Les deux amis se retrouvèrent alors, comme convenu, le 20 décembre vers 10 heures. Ils chargèrent les marchandises dans un taxi auquel le commerçant paya les frais de transport. "Commandant Ballo" les entraîna jusqu’à l’intérieur du camp des parachutistes de Djikoroni, descendit du véhicule, prit des échantillons et s’excusa auprès de son ami en prétextant qu’il allait les présenter au colonel. Il revint quelques temps après pour enlever le reste des marchandises et confia à Bathily que son chef lui remettrait un chèque mais qu’il était encore en entretien. Aussi, lui conseilla-t-il d’attendre sur place car les civils n’ont pas accès au bureau de commandement.

    C’est après de longues heures d’attente qu’Issa Bathily finit par découvrir qu’il venait de se faire rouler et que celui qu’il prenait pour un commandant de l’Armée avait déjà disparu – avec la totalité de ses marchandises – par la porte arrière du camp. Les recherches menées par les éléments de l’inspecteur de police de classe exceptionnelle, Mamadou Diakité dit Bedos, ont finalement été concluantes: le faux commandant Ballo a été appréhendé à la gare routière de la compagnie Binké Transports. Le malfrat s’apprêtait justement à se rendre à Gao pour y passer les fêtes.

    Les marchandises, quant à elles, demeurent introuvables car Ballo s’était permis de "promener" les policiers tantôt à Baguinéda tantôt à Moribabougou. Toutefois, l’enquête continue et, déjà, l’inspecteur Bedos a enregistré une dizaine de plaintes contre le faux commandant pour d’autres cas d’escroquerie.

    Pierre Fo’o MEDJO

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