Droukdel tué à Tessalit par l’armée française : Eclipse totale et définitive de «l’Emir caché» d’AQMI

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Du chimiste au terrorisme, il n’y a eu qu’un petit pas qu’Abdelmaleck Droukdel alias Abou Moussab Abdelwadoud a franchi allègrement.

Il avait à peine 20 ans qu’il adhère au FIS en Algérie, dans la clandestinité, puis naturellement au GIA, d’où sera issu le GSPC, à partir d’un shisme en 1998. Avec les disparitions des différents leaders de cet ex-GSPC, Droukdel en devint l’émir en juillet 2004. L’ex-mufti de la mosquée de Bordj Menaiel s’approche de son rêve, ou plutôt de son idole : Abou Moussab Al-Zarqaoui.

Camps d’entraînements à Taoudéni, multiples attentats dont celui du 11 avril 2007 à Alger, assassinat de l’otage britannique Edwin Oyer, embuscades contre les armées malienne, algérienne et mauritanienne, envois des volontaires en Irak, Droukdel arrime le salafisme algérien à Al-Quaïda dont il obtint l’adoubement par Ayman Al-Zawahiri, bras droit de Ben Laden et commence à faire ensanglanter le Maggreb par des attentats, tout en transformant le Sud de l’Algérie et le Sahara en une base aérienne, depuis lesquelles les frappes contre le «cafres» sont perpétrées.

L’équipée touarègue du MNLA de janvier 2012 contre le Mali, le coup d’Etat d’Amadou Sanogo du 22 mars 2012 furent encore pain béni pour Droukdel qui retranché dans sa Kabilye natale, tenta de ratisser large par un discours à la fois séduisante et martiale. Hélas, la division était déjà au cœur des hommes bleus, et certains leaders avaient aussi leur ambition tels Abou Zeid, Moctar Belmoktar et surtout Iyad Ag Ghali, le «fondamentaliste» avec son bébé d’alors Ansar Eddine.

Des mouvements qui ont eu pour effet de réduire l’influence de «l’émir» caché d’AQMI, qui ne restait plus à Kabiliye, et qui essayait de conquérir des contrées et des cœurs.

D’aucuns même disent qu’il a été complètement phagocyté par Iyad Ag Ghali, et le fait qu’il ait été tué à Tessalit loin de ses terres de prédilections, prouvent que l’émir de l’ex-GSPC n’avait qu’une autorité très limitée sur ses phalanges.

N’empêche que son éclipse totale et définitive annoncée par la ministre française des Armées, Florence Parly, cette neutralisation est une grande perte pour AQMI, car c’est un «vétéran» du terrorisme, depuis les années 90, qui est ainsi éliminé, et même s’il sera remplacé dans la foulée, la katiba se retrouve désarçonnée et diminuée d’un grand chef. «L’émir caché» a voulu faire du prosélytisme, mal lui en a pris et même chez les terroristes, la mise hors d’état de nuire d’un leader est toujours un échec.

On ne peut que saluer ce geste de salubrité sécuritaire de la part des forces spéciales françaises, qui signifient par-là que la lutte contre le terrorisme sera chronophage, car il existe toujours des caïds en la matière qui commande les katibas qui écument dans la bande sahélo-saharienne l.

Sam Chris – aujourd8.net (B. Faso) – 08.06.2020

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