Les ressortissants du centre manifestent contre l’insécurité

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A l’initiative du Mouvement « Baguinèso », des milliers de personnes ont marché, le vendredi 3 septembre 2021 à Bamako. Cette marche pacifique est partie de la Bourse du Travail au monument de l’indépendance. L’objectif était de dénoncer la montée inquiétante de l’insécurité dans le centre et le sud du pays. Présents à cette marche, les principaux groupes d’auto-défense du pays dogon, à travers leurs représentants, ont unanimement appelé les Forces armées maliennes (FAMAs) à une collaboration sur le terrain afin de lutter contre les terroristes.

C’est aux environs de 15heures et demi que la marche a débuté. Les marcheurs, sous la protection des forces de sécurité, se sont regroupés derrière les banderoles et leurs leaders de la Bourse du Travail pour le monument de l’indépendance. Au premier rang des marcheurs, se trouvaient les présidents du Mouvement « Baguinèso », Amidou Djimdé, et de Dana ambassagou, Mamadou Goundienklé.

La grande majorité de cette foule était des dogons accompagnés par des représentants des localités de la région de Ségou. Du début jusqu’à la fin de cette marche, une seule parole retentissait de la bouche des marcheurs « libérer le pays dogon ». « Sans les chasseurs pas de Mali » ; « Non aux accords locaux sans nos chasseurs » ; « libérer Dogofry- Farabougou, on veut la paix ». Ce sont là quelques messages qu’on pouvait lire sur les pancartes portées par des marcheurs.

Sur la tribune du monument de l’indépendance, plusieurs responsables de la communauté du pays dogon se sont succédé pour montrer leur mécontentement. Ils ont, tour à tour, dénoncé les tueries en masse à travers des villages entiers incendiés, le vol de bétail, la fermeture des écoles et d’autres formes de banditisme.

Le président de l’association des ressortissants de la commune rurale de Dogofry résident à Bamako, Sidiki N’gassa Coulibaly, a interpellé les autorités sur la nécessité d’une collaboration entre les chasseurs et les militaires. D’un ton triste, il a déclaré : « A Dogofry il y a plus de 6000 hectares qui ne sont pas cultivés et depuis le 03 juillet 2021, le village de Farabougou est revenu sous tutelle tout comme le village de Songo. C’est les chasseurs qui sécurisent nos zones».

La même demande de collaboration entre les militaires et les groupes d’auto-défense ainsi que les chasseurs a été appuyée par le président de la coordination du mouvement d’auto-défense Dana Ambassagou, Mamadou Goundienklé. « Nous sommes là pour montrer à l’opinion nationale et internationale ce qui se passe actuellement sur la route RN15 Sévaré-Bandiagara. Il s’agit du dynamitage des ponts, la destruction des biens publics. Ce n’est pas une guerre ethnique qui se passe entre les dogons et les peuls. C’est un problème terroriste et nous soutenons l’armée malienne. Mais ils ne peuvent pas faire seul cette guerre », a-t-il précisé.

Dans une déclaration lue par le président du Mouvement « Baguinèso », Amidou Djimdé, les groupes d’auto-défense ont formulé quelques recommandations. Il s’agit entre autres de la nécessité d’une synergie d’actions entre les Famas et les Danans et les chasseurs ; la réinstallation des Famas dans leurs check-points désertés par elles ; la libération effective et sans délais de tous les chasseurs arrêtés et détenus ; l’appel aux autorités de la transition de se prononcer clairement sur la question du pays dogon etc.

Par ailleurs, ils ont invité le président de la Transition à la réalisation des forages dans des villages dont les puits ont été souillés. Ils ont aussi fait savoir leur mécontentement sur le rapport de la note trimestrielle du mois d’avril à août 2021 de la MINUSMA. Ce rapport produit par la Division des droits de l’Homme et de la protection mentionne dans sa page 6, alinéas 22 que « l’une des attaques les plus violentes a été menée par un groupe d’auto-défense dogon qui, le 27 mai 2021, a conduit une offense contre plusieurs hameaux habités par la communauté peulh dans les communes de Doura et de Dougabougou (cercle de Ségou), tuant au moins 16 civils ».

Face à cette accusation, les responsables des groupes d’auto-défense ont dénoncé ce qu’ils appellent la volonté manifeste de la MINUSMA de vouloir mettre dos à dos les communautés Dogon et peulh.

Sidiki Dembélé

 

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