Massacres de populations civiles au Mali, Niger, Burkina et Tchad : Une épée de Damoclès au-dessus de la tête des autorités

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Le dimanche, 08 août dernier, la commune rurale de Ouatagouna, située à 180 km de Gao, a fait l’objet d’une attaque barbare menée par des lâches ennemis invisibles. L’effroyable attaque meurtrière a fait 51 victimes civiles tuées et 12 blessés. Les assaillants, disons simplement des voleurs ou des pilleurs des maigres ressources des populations civiles, ont emporté de nombreuses têtes de bétails et incendié plusieurs habitations. N’est-ce pas la fameuse théorie « après nous le chaos » ? Il est évident que l’objectif de ces énergumènes est de semer le désordre en obligeant les populations à abandonner leur lieu de résidence séculaire.

Cette énième attaque fait suite à une série d’expéditions meurtrières dans les zones frontalières des trois pays. Le 1er août dernier, le ministère nigérien de la Défense, Alkassoum Indattou, annonçait à la face du monde une embuscade contre l’armée nigérienne dans le département de Torodi, au sud-est du pays, proche de la frontière burkinabé. L’attaque a fait 15 militaires nigériens tués et 6 autres “portés disparus”. Déjà, toujours au Niger, une autre attaque avait visé des populations civiles dans la région de Tillabéri, faisant 19 morts, le jeudi 24 juin dernier, aux environs 14 h 30 GMT. A peine cette plaie se cicatrise, une nouvelle attaque meurtrière vise les populations de Danga Zaouni et Tolba Koira. Dans la première localité visée, 15 personnes, dont un leader religieux, et 4 à Tolba Koira.

De tous ces crimes odieux, l’expédition contre les populations de Solhan au Burkina Faso restera longtemps gravée dans les mémoires collectives dans les trois pays. Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 juin dernier, des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Elle a coûté la vie à 160 personnes, en majorité des femmes et des enfants. Le hic qui fait tilt, c’est qu’après chaque attaque, les assaillants emportent tous les troupeaux et brûlent les maisons et les greniers pour provoquer la famine dans les localités visitées. Comme s’ils veulent obliger les populations à partir ailleurs, pour leur permettre de s’y installer durablement.

Le Tchad aussi a du mal à se sortir du piège Boko Haram. La dernière attaque de Boko Haram contre l’armée tchadienne dans la région du lac Tchad, le 06 août dernier, a fait 24 militaires tchadiens tués et plusieurs blessés. Les éléments, qui revenaient d’une patrouille, se reposaient quand ils ont été attaqués par des éléments de Boko Haram, a expliqué Haki Djiddi, précisant que « 24 militaires ont été tués, plusieurs ont été blessés et d’autres militaires se sont éparpillés dans la nature ». L’attaque a eu lieu sur l’île de Tchoukou Telia, à 190 km au nord-ouest de N’Djamena.

N’est-ce pas que ces bilans macabres, qui vont crescendo, sonnent comme une alerte pour les populations des trois pays du champ pour qu’elles comprennent que cette guerre n’est pas que du simple djihadisme, mais une guerre économique qu’on nous impose ? Et cette guerre économique (d’usure) enveloppée dans une carapace islamo-djihadiste, ne peut être vaincue que par les Sahéliens eux-mêmes. Car, derrière le discours officiel de lutte contre le djihadisme et le terrorisme, tenu par les puissances occidentales de l’ONU, se cachent d’énormes intérêts économiques. Il n’est donc pas exclu de retrouver derrière ces incursions meurtrières des petits coups de main de Dieu, comme celle de «Maradona». On se rappelle que durant le quart de finale de la Coupe du Monde 1986, au Mexique, l’Argentine et sa star Diego Armando Maradona affrontaient l’Angleterre. La 51e minute de jeu de cette rencontre restera à jamais dans l’histoire du football: le numéro 10 argentin réussira à inscrire un but de la main qui sera validé par l’arbitre, propulsant son pays en demi-finale de la compétition mondiale.

Ces mains invisibles à l’œil nu ont probablement décidé de couper le sommeil aux populations du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad pour s’assurer de la direction de la route des matières premières tirées de nos sous-sols. Pour obtenir cet objectif, aucune hypothèse n’est à écarter à priori. Le massacre de la population civile désarmée est une méthode pour maintenir à flot en permanence la pression sur les autorités de nos trois pays militairement, économiquement donc politiquement faibles pour faire face à l’adversité. Se battre ou vaincre des ennemis invisibles relèvent du miracle. Car, un bouc émissaire introuvable est créé par les services de renseignement, afin de justifier des opérations militaires. Dans le cas du Mali, le bouc émissaire a un nom et un visage bien connu des Maliens. Il s’appelle Iyad Ag Ghali de la communauté Ifoghas des targuis de Kidal, précisément de la commune de Tinè Esako.

Il est connu de tous qu’Iyad Ag Ghali et ses hommes opèrent dans la zone frontalière entre le Mali et l’Algérie. Depuis 2013, le secteur est sous contrôle exclusif de la force française, Barkhane, et les troupes qu’elle a choisies de l’accompagner dans la zone. Ce sont seulement les armées tchadienne, sénégalaise et guinéenne qui ont été autorisées par Barkhane et les officiers de la Minusma à se positionner dans le secteur. Les Sénégalais et les Guinéens à Kidal, les Tchadiens à Aguelhok. Le jeu trouble est bouclé. Avec les moyens techniques que possèdent Barkhane et ses alliées (des armées les plus perfectionnées et les plus aguerries au combat au monde), pourquoi et comment se fait-il qu’elles ne parviennent pas à mettre la main sur Iyad et le mettre hors d’état de nuire ?

Le hic qui donne de la migraine est qu’aucun assisté, notamment le gouvernement du Mali, n’a été associé à l’élaboration des objectifs : militaire, économique et géostratégique des puissances sauveuses. Tout a été fait par-dessus la tête du gouvernement. Or, depuis 2013, le Mali est sous perfusion de la communauté dite internationale. Les voisins, nigériens et burkinabés, qui avaient très tôt mesuré la profondeur des risques de contagion dans la sous-région ont été les premiers à envoyer des troupes pour secourir le Mali. Nonobstant le soutien des autres amis, la question sécuritaire va de mal en pis. Le Burkina qui ne se doutait de rien en 2013 est devenu un épicentre de la crise. Où la vie humaine n’est plus sacrée. Le Tchad qui, par solidarité en faveur des frères et sœurs du Sahel dans le cadre du G5 Sahel, a perdu son président, maréchal Idriss Déby Itno, dans une autre guerre impérialiste sous le manteau de crise politique interne. Certains pays de la sous-région, tels le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Bénin, en ont aussi pris pour leurs grades dans cette affaire.

Rappelons que les attaques contre les citoyens ivoiriens à Grand Bassam a fait des victimes aussi. Le Sénégal est sur le qui-vive depuis l’arrestation d’un prétendu islamiste à Dakar. Le Bénin aussi a été sérieusement secoué un moment. La Guinée et le Togo, qui n’ont subi d’attaque sur leurs territoires, ont payé de lourds tributs au Mali. Plusieurs attaques aux engins explosifs, suivies de violents échanges de tirs, ont endeuillée beaucoup de familles dans ce pays. N’est-il pas temps de réfléchir par nous-mêmes pour nous affranchir des discours élaborés ?

M. A. Diallo

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